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Jon Landau

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Avatar par Jon Landau

  • Avatar par Jon LandauProducteur fidèle de James Cameron, Jon Landau était à Paris lundi 7 septembre pour présenter plusieurs extraits d' Avatar. Après une projection de 25 minutes, il s'est livré au jeu des questions-réponses lors d'une conférence de presse. Compte-rendu.

     

     

  • Par Florent Rodier (07/09/2009 à 13h35)
Y a-t-il deux versions du film, l'un en 2D, l'autre en 3D ?

Il n'y a qu'un seul montage. Mais Avatar a d'abord été monté en 2D, afin de vérifier si d'un point de vue dramatique et narratif l'ensemble fonctionnait. Et après seulement, nous avons regardé le film en 3D. Même chose pour les effets spéciaux : nous les avons visionnés en 2D pour les évaluer et nous les avons ensuite regardés en 3D.

 

Pour des raisons techniques, James Cameron a attendu quinze ans avant de faire ce film. Quelle avancée technologique l'a décidé à se lancer ? Est-ce le Gollum du Seigneur des anneaux ? Quelles avancées ont eu lieu depuis ?

C'est un ensemble de raisons, et Gollum en est une. Des essais que nous avons réalisés pour un autre film ont aussi servi de tests et nous ont montré ce dont on était capables. Notre travail est différent de celui effectué pour Gollum. Généralement, les gens désignent cela sous le nom de motion-capture mais nous appelons ce que nous faisons de la performance-capture. Nos acteurs portaient une sorte de caméra virtuelle qui photographiait leur visage, leurs mouvements. Weta Digital (la société chargé des effets spéciaux, ndlr) interprétait ensuite leur jeu image par image, à un niveau quasi microscopique, afin d'obtenir un rendu encore plus fidèle. Nous disions aux acteurs que ce qu'ils verraient sur les écrans serait bien leur performance et pas une retranscription réalisée par un animateur. En un sens, les personnages que nous avons conçus sont comme les prothèses du XXIè siècle. Mais maquiller un acteur pendant quatre heures n'est plus nécessaire. Les prothèses ne sont que des rajouts tandis que nous pouvons réduire la taille d'une bouche ou élargir les yeux à notre guise. Nous disposons d'une plus grande liberté artistique.

 

Comment s'est déroulé techniquement le tournage ? Y avait-il un fond vert, des éléments de décor ?

Pour le monde de Pandora, il n'y a pas eu de fond vert. Nous avons capturé la performance des acteurs sur ordinateur. Quant au monde, nous l'avions déjà construit et inséré dans un ordinateur. On n'a pas eu recours à des fonds verts. Pour capturer la performance des acteurs, Jim avait une caméra virtuelle qui lui permettait de voir, non pas les comédiens, mais les personnages avec un rendu proche de ce qu'on pouvait voir dans les jeux vidéo des années 1990. De même, lorsqu'il déplaçait la caméra sur le plateau, il voyait le monde de Pandora. Concernant les acteurs, ils disposaient de tous les objets dont ils avaient besoin pour une scène : une chaise ou des feuilles d'arbres dans la forêt par exemple. Lors du premier jour de tournage, nous avons demandé à Sigourney Weaver ce qu'elle pensait de ce procédé. Elle nous a répondu que, grâce aux moniteurs qui lui permettaient de voir ce qu'elle faisait et dans quel univers elle évoluait, c'était plus facile que de jouer au théâtre.

 

 

Avatar marque-t-il le début d'une saga ? Le film a-t-il été conçu dans cette optique ?

Le public en décidera. Le monde d'Avatar est si riche qu'il y a beaucoup d'autres histoires que James Cameron peut développer.

 

Quelle a été votre première réaction lorsque James Cameron vous a présenté le projet ? Quelles recherches avez-vous menées s'agissant de la végétation et de la langue parlée par les Na'vi ?

La première fois que James m'a parlé d'Avatar, c'était bien avant la production de Titanic. Jim avait écrit un scénario incomplet, une nouvelle avec certaines scènes entrecoupées de dialogues. C'était très écrit et très descriptif. Toute l'histoire était là. A l'époque, Jim faisait partie de Digital Domain, une société d'effets spéciaux à laquelle nous avons dit que c'était ce que Jim voulait faire après Titanic. On nous a rétorqué que nous allions ruiner la société. Nous avons donc attendu. Concernant la création du monde de Pandora, nous avons voulu y transposer ce que la nature a créé sur Terre. Si vous avez fait de la plongée sous-marine la nuit, vous savez par exemple que certains éléments sont luminescents. Ces éléments, nous les avons sortis de l'eau et mis à la surface. Nous avons aussi observé des grenouilles à flèche qui vivent dans la jungle amazonienne et qui sont très colorées. Nous avons mis ces couleurs sur des créatures beaucoup plus grandes telles que des éléphants ou des rhinocéros qui eux sont gris.

 

Et s'agissant du langage ?

Nous avons engagé un linguiste de l'université de South California. Je pensais qu'il suffisait de lui donner par exemple le mot « eau » pour qu'il le traduise en « Cucucu » (sic). Mais ce n'était pas aussi simple. Il a mis six mois pour en établir la structure, les fondations. Jim voulait que cette langue ne ressemble à aucune autre. Ni au maui, ni au hindi et surtout pas au klingon... Les Na'vi devaient être une tribu crédible. Si certains parlent anglais c'est parce que que Grace, le personnage interprété par Sigourney Weaver, a ouvert une école où ils ont appris l'anglais. C'est ce que les hommes ont fait dans les contrées qu'ils ont colonisées. Les Na'vi ne pratiquent pas l'écrit, leur culture est orale et leur histoire se transmet en chansons.

 

Quelles raisons ont motivé le choix des acteurs ?

Trouver l'interprète de Jake fut difficile. Il fallait un acteur polyvalent capable d'être vulnérable au début et de devenir ensuite un vrai leader qui galvanise un peuple et l'entraîne sur la voie de la guerre. Sam Worthington a cette capacité. Pour Zoe Saldana, qui joue Neytiri, nous voulions une actrice qui puisse capturer l'âme du personnage. Ce n'était pas qu'une question de voix ou de physique : il fallait quelqu'un qui puisse rentrer dans le personnage et devenir cette héroïne, belle, digne et noble. Zoë s'est entraînée avec un artiste du Cirque du soleil, a pris des leçons de tir à l'arc et d'équitation. Tous les acteurs sont également allés dans la forêt humide d'Hawaï pour répéter. Ils ont pu emmagasiner de l'expérience. Ces répétitions ont été filmées. Cela nous a permis d'en savoir plus sur la façon dont les comédiens devaient se comporter.

 
 

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