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Léa Drucker

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La coqueluche Léa Drucker

Etre actrice n'est pas inné.

Petite déjà, Léa Drucker arpentait les salles de cinéma parisiennes. « Quand j'étais enfant, mes parents me déposaient au Mac-Mahon, cette petite salle de quartier, avant d'aller faire leurs courses et passaient me rechercher à la fin du film », confie-t-elle. Depuis, l'enchantement est resté intact. Face à Greta Garbo et Rita Hayworth, la toute jeune Léa s'éloigne de l'image papier glacé des grandes égéries d'Hollywood et décide de se tourner vers le théâtre. « Le métier d'actrice me paraissait magique. » A 15 ans, Léa savait que sa place était du côté des planches, pour retrouver cette émotion, toujours vive, de recommencer quelque chose. « Car au théâtre, on est toujours débutant. » Isabelle Carré, qui partagea l'affiche avec elle dans « Blanc » d'Emmanuelle Marie, reconnaît cette pointe de modestie chez l'actrice. «J 'apprécie sa sincérité, sa simplicité, sa droiture. La seule chose qui m'énerve parfois, c'est qu'elle pourrait avoir plus d'estime pour elle-même. » Mais voilà, pour Léa Drucker, être actrice n'est pas inné. « Le métier d'actrice s'apprend, et on s'améliore grâce au travail. Avoir du talent, c'est avoir envie d'être sur scène et d'avoir la chance de posséder un imaginaire qui touche les autres. »

 

Une carrière « bordélique et destructurée », et alors ?

Sa carrière, Léa Drucker la qualifie volontiers de « bordélique et destructurée ». Des débuts remarqués avec Papillons de nuit, l'adaptation de la pièce de théâtre « Danny et la grande bleue ». Un rôle tombé du ciel pour cette jeune actrice qui avait du mal à trouver sa place au cinéma. « C'est la première fois que l'on me confiait un premier rôle et un personnage aussi intense et torturé. Je me suis lancée à corps perdu dans cette aventure sans me protéger et cela m'a fait prendre conscience de mes propres limites. » Des rôles torturés, Léa va en endosser : de Roberta, cette fille sans repères, dansant seule au fond d'un bar de Papillons de nuit, à la paraplégique défaite de Filles perdues, cheveux gras, Léa Drucker offre sa fragilité sur un plateau. Elle atteint une épaisseur supplémentaire avec Virgil de Mabrouk El Mechri. Parfaite dans le rôle de Margot, une rebelle particulièrement combattive, sa sensibilité et son humour servent à merveille quelques scènes d'une grande pudeur, comme les échanges muets qu'elle peut avoir avec son père. Zabou Breitman, qui la dirigea à la fois au cinéma et au théâtre, marque un pas considérable dans sa carrière d'actrice. Dans L'Homme de sa vie, elle resplendit avec ce rôle d'épouse de Bernard Campan, dépassée par l'intrusion de Charles Berling. Une collaboration que Léa Drucker a su apprécier : « Quant à Zabou, elle-même excellente actrice, elle est le meilleur directeur d'acteurs avec qui j'ai travaillé. Parce qu'elle est très frontale, travailler avec elle est très motivant. » Dernièrement, on l'a aperçue en mère paumée dans Tel père, telle fille. Un rôle qu'elle a dû créer de toutes pièces, car il était impossible pour elle de prendre pour modèle sa mère, tant elle est généreuse et drôle. « On me parle toujours de ma famille paternelle et jamais de ma famille maternelle. C'est injuste. Ma mère vient d'un milieu bohème, dont elle m'a transmis la fantaisie. »

 

La folie douce

De la fantaisie, Léa Drucker n'en manque pas. Assurément. Il suffit de l'avoir vue dans la pièce de théâtre La Folle et véritable vie de Luigi Prizzoti pour comprendre son côté borderline. Son sketch intitulé «C'est maman» est tout simplement irrésistible. Sa folie douce se trouve également dans Pourquoi... paskeu, un court signé Tristan Aurouet et Gilles Lellouche, dans lequel Léa réussit à briser un amour naissant avec Gilles Lellouche en imitant une guenon. « Je n'ai jamais eu peur du ridicule. » Aux cours Florent, qu'elle a suivis en classe libre, elle choisissait souvent des scènes comiques. « Me connaissant bien, Gilles a toujours pris en compte mon potentiel comique et il est toujours prêt à me proposer des rôles à l'humour décalé. Il sait que j'éprouve une certaine jubilation à faire rire les gens. » Dans Narco, elle n'hésite pas à trucider un père un peu trop autoritaire, François Levantal ayant eu le malheur de passer par là... Il faut dire que Léa Drucker était à bonne école. En 1996, elle était chroniqueuse dans l'émission La Grosse Boule sur Radio Nova avec un certain Edouard Baer. « J'aime beaucoup les acteurs comiques : Edouard Baer est un de ceux qui m'inspirent le plus. Je peux citer aussi Karin Viard et Marina Foïs, je les aime beaucoup comme personnes et comme actrices, elles sont capables d'être à la fois drôles et poignantes. » Son rêve ? Tourner un jour avec Valérie Lemercier.

 

Cette semaine, Léa Drucker offre une composition remarquable dans le film choral Le bruit des gens autour, où elle incarne une égérie de la danse contemporaine en plein festival d'Avignon. « Pour construire le personnage de Kate, je n'ai pas travaillé autre chose que la danse, et ce que cela implique : exigence vis-à-vis de son corps, de son hygiène de vie, discipline. J'ai donc trouvé le personnage en m'appuyant sur ces repères. » D'une grande femme à une autre, c'est sous les traits de Véronique Colucci que Léa Drucker apparaîtra dans Coluche, le film d' Antoine de Caunes. Une affaire à suivre...

 
 

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