Clive Owen |
Avec le jeu rivé au corps, sa seule gueule est un appel à succomber. Séducteur né, parfumé aux effluves de Lancôme – il a représenté un parfum - Clive Owen a du nez pour sentir les bons rôles, pour flairer les scripts qui embaument le suspense. Il aurait pu être James Bond et fut le roi Arthur. Doté d’une classe folle, fou de foot, il mène L’Enquête - The International pour Tom Tykwer avec pour complice Naomi Watts. Et dans quelques jours, il ne sera pas complètement dupe face au petit jeu tout en Duplicity mené par Julia Roberts devant la caméra de Tony Gilroy. Enquête téléphonique.
J’ai le nez pour dénicher un bon réalisateur et Tom est de cette race.
Je suis fan de ses films, il est génial, toujours ouvert, agréable sur un plateau, brillant... Ce fut réellement l’une de mes meilleures expériences.
Cela tombe effectivement incroyablement à point nommé. Nous avons terminé le tournage il y a un an et les scénaristes ont travaillé deux ans sur l’histoire. C’est dire s'ils ont eu du nez. Le véritable message du film laisse entendre que nous devrions avoir un autre regard sur le comportement des banques, la manière dont elles utilisent notre argent, dont elles s’en servent à des fins peu avouables. Toutes ces histoires de profits sont scandaleuses. Oui, il tombe vraiment à pic.
Je ne le crois pas, cela tient plus d’une collaboration. Je n’ai pas l’impression de devoir quelque choses à qui que ce soit, tout du moins dans un film.
Non, en l’occurrence, le travail était très bien préparé. On m’a confié des tas d’articles, de la documentation sur l’univers des banques, le monde des secrets, la globalisation, assez pour me faire une idée.
Il y a toujours eu cette ambition. Nous voulions faire un film semblable à ceux des années 70, enrobé dans une paranoïa, intelligent, qui incite à réfléchir, sans pour autant renier le côté thriller international. C’est justement la combinaison des deux qui, à mon sens, a permis d’obtenir un bon film. Il y a une crise économique sans précédent qu’il va falloir essayer de gérer.
Dans ce film, les habits étaient très importants. Il fallait qu’ils soient un peu classiques car mon personnage n’a aucune vanité, il n’a pas le temps de penser à son aspect extérieur, opère dans l’urgence et peu importe si il a une tache et s'il est mal rasé… Il faut se sentir bien dans les vêtements, qu’ils soient justes. Par exemple, porter la bonne paire de chaussure au bon moment, aussi bizarre que cela puisse paraître, cela aide énormément...
Nous nous étions éclatés sur le film de Mike Nichols et l’avons refait avec Tony Gilroy. L’auteur a mis dans ma bouche certains de mes meilleurs dialogues. Outre le fait que l’histoire est incroyable, ce fut un réel plaisir que de retravailler avec elle.
Non. Tout petit déjà, je voulais jouer. J’ai fait une première expérience à l’école. J’ai adoré et je me suis inscrit à un cours d’art dramatique. Je suis monté sur scène et je me voyais mal faire autre chose. Puis j’ai passé deux ans à tourner en rond, sans travail sérieux.
J’ai eu la chance d’être croupier pour Mike. Tout est parti de là. Inconnu avant, dès que j’arrivais aux Etats-Unis, il me fallait demander à l’assistante de l’assistante de l’assistante si je pouvais espérer un rendez-vous. Le film a eu un impact, Mike a pris une page de pub citant tous les acteurs avec lesquels j’ai été alors comparé. Mais j’essaie d’être moi-même.
Formé au théâtre, je déteste que l’on me donne un scénario à la dernière minute, ou un dialogue réécrit la veille. Même si c’est une petite scène. Comme j'estime qu’une petite réflexion peut changer l’approche, apporter un plus, j’ai besoin de temps. J’aime me préparer, travailler en amont. Même si j’ai commencé sur les planches, je préfère le cinéma.
J’aime la collaboration, le travail en équipe, être face à un brillant réalisateur, un directeur de la photo, des électriciens, et tout le monde travaille dans le même sens. J’aime cette idée de faire partie d’une équipe, de m’y fondre et l’idée de création qui en découle. Sur scène vous êtes votre seul maître, tout est possible, y compris tout arrêter.
J’approuve pleinement. C’est plus ou moins conscient dans ma carrière. Loin de moi l’idée d’être prévisible. Il y a du bon à ne pas tout donner, à garder un certain mystère. Je pense avoir fait mon boulot si je réussis à semer le doute, le trouble dans la tête des gens en jouant un personnage d’apparence antipathique avec lequel vous pouvez tout de même être en empathie. Si je suis dans cette zone d’ombre, au milieu, je suis le plus heureux des hommes.
Oui. Etre dans l’indécision.
C’est la base de mon travail. Sérieusement. Je n’ai pas peur de mon versant féminin. Au contraire. C’est intéressant de camper des hommes vulnérables. Regardez Le Fils de l'homme et d’autres, mes personnages ne sont en rien des machos. Ils ont des failles.
Non, ce n’est pas une thérapie. Rien à voir avec la recherche de qui je suis. Je me connais. Il s’agit d’exécuter un travail, le mieux possible en fonction de ce que l’on vous donne. Ce n’est en rien une introspection, je dois creuser en mon fort intérieur. Ce sont toutes des facettes de ma personnalité, je dessine à partir de mon propre matériau. Ce n’est en rien un auto-examen. C’est souvent instinctif à partir d’une situation donnée.
Jamais. Je les aime tous. Je plonge à la lecture du scénario en fonction des désirs de l’auteur. Je suis le genre facile pour un réalisateur, je me plie à ses requêtes, ce qui ne m’empêche pas de discuter avant. Il s’agit avant tout de confiance. L’acteur est au service de, sinon vous n’avez qu’à réaliser.
C’est au programme. Il suffit de trouver le temps.
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