Marion Cotillard |
Le 2 juillet Marion Cotillard a illuminé les Champs-Elysées de sa présence. L'espace d'une avant-première, celle du Public Enemies de Michael Mann avec Johnny Depp, le temps s'est arrêté. Après une année bénite des dieux du cinéma au cours de laquelle la jeune femme a reçu le Golden Globe, le César et l'oscar de la meilleure actrice, du jamais vu pour une Française, elle poursuit sa carrière en tournant avec Leonardo DiCaprio dans le prochain Christopher Nolan, s'affiche dans le nouveau Guillaume Canet cinéaste. Marion était à Cannes lors du dernier Festival, nous lui avons parlé. La preuve.
A Los Angeles, avant les oscars, mon agent m'a informée qu'il voulait me rencontrer.
Je ne suis pas d'accord avec vous.
Non, mais les femmes sont toujours présentes et même si ce sont de petits rôles, elles ont toujours quelque chose à défendre, elles ont une place particulière dans ses films. Gong Li dans Miami Vice …
Quand on voit l'importance des femmes dans la vie de Michael Mann, cela explique leur importance dans ce film. J'ai toujours eu le sentiment, même dans Heat, que les femmes ne sont pas juste là pour faire joli. Il a ce talent, même si les rôles principaux ont toujours été des hommes, d’offrir aux femmes de beaux personnages. La femme, chez lui, est complexe, ce n'est pas juste l'amoureuse silencieuse...
Pas du tout. Je l'ai découvert en lisant le script. Je me suis ensuite documentée.
Oui, mais Michael Mann donne beaucoup d'importance à la préparation, il communique énormément d'informations aux acteurs. J'ai ainsi découvert l'histoire des Etats-Unis, des Indiens, mon personnage l'étant à moitié, les années 30, à quoi cela ressemblait après la crise de 29, à quoi ressemblait le FBI qui s'est créé à cette époque, les gangsters tel Capone. J'ai appris sur Chicago qui culturellement vivait avec la mafia, c’est un peu dans les gènes de la ville.
On peut le dire. Je ne sais pas si j'étais prédestinée à faire ce métier, mais il est vrai que j'ai toujours eu envie de le faire.
Complètement... Après chacun peut avoir une vision différente. Il a été emprisonné très jeune pendant dix ans pour avoir essayé de cambrioler l'épicerie de son village, ce qui, il est vrai était une chose complètement stupide à faire... Mais de là à mériter autant d'années derrière les barreaux... L'intérêt du film est de faire ressentir ce qui se passait à cette époque, tout était régi par la crise et ses conséquences. La misère était partout et certains n’avaient pas franchement d’autres alternatives que d’être hors la loi pour survivre. Dillinger n'était pas un meurtrier, il a fait son premier braquage pour sortir ses amis de prison. Cet endroit fut son unique école. Alors comment faire quand l'on en sort sans savoir rien faire d'autre ? On se débrouille.
Il ne dérobait pas pour donner aux pauvres mais à sa famille. Il était très attaché à son image, les gens l'adoraient.
Il n'y avait plus aucune confiance dans le gouvernement, la pauvreté est visible sur les photos d'époque, les condition de vie étaient très difficile. Alors quelqu'un qui arrive avec cette image de gentleman tout en étant hors la loi, quelqu'un qui n'a jamais tué, qui se refusait à enlever qui que ce soit, avait quelque chose de classe. Les gens l'admiraient. Nombre d'entre eux auraient rêvé d'agir comme lui mais ne l'ont pas fait par manque de courage.
Je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans un film de gangsters américains des années trente. C'est une chance que de pouvoir jouer quelqu'un avec une culture totalement différente de celle qui se trouve dans mes gènes et qui, quelque part, est aussi une culture cinématographique, car je suis un peu une enfant du cinéma américain.
Oui, car je me suis vraiment plongée dedans, dans celles des Indiens d'Amérique. C'est un pays très riche, plein d'extrêmes... Ils peuvent faire des choses exceptionnelles comme l'inverse. C'est ce qui fait toute sa richesse.
S'il n'était pas mort, pourquoi pas. Ils allaient au cinéma, aimaient se divertir. Etant confrontés à des lendemains sans avenir radieux, sans grandes possibilités de s'en sortir, tout se passait au jour le jour, alors pourquoi pas aller voir Piaf sur scène à la fin des années 40...
Effectivement. Cela correspond à cette notion de vivre vite qu'il avait.
La situation est différente, difficile de comparer. Il faut en général ne pas brûler la vie par les deux bouts, il faut également prendre le temps de profiter des choses, mais vivre l'instant présent est important.
Je suis toujours heureuse d'y revenir. J'adore cette ville, ce bouillon de culture dans lequel elle baigne.
Bien sûr. J'arrive à sortir sans problèmes, il suffit d'être discret et on peut vivre n'importe où. Je ne suis pas Johnny Depp, à l'inverse de ce qu'il peut connaître, si je sors dans la rue personne ne va crier et tomber dans les pommes.
J'ai effectivement une chance incroyable de travailler avec des acteurs formidables et j'en suis plus que heureuse.
Un film de femmes avec un homme au milieu très présent, tirant les ficelles. J'ai été très impressionné par Sophia Loren, Judi Dench et les autres. Ce sont des femmes dont j'admire le travail, comme ces grandes dames de cinéma qui ont un côté très terrien, simple et accessible.
Ah bon ! Je ne sais pas trop parler de moi en ces termes.
Je ne savais pas.
Oui. Il n'est guère facile de sortir de l'adolescence, de trouver sa place. J'ai eu du mal à trouver la mienne. L'avant fut assez compliqué à gérer.
Aucune, non pas que j'en ai plus aujourd'hui, mais j'ai plus de respect à mon égard qu'à 20 ans.
Je suis effectivement très, très heureuse.
Si je sais me reconnaître quelque chose, c'est ma capacité à travailler. En même temps j'adore ça. On peut faire beaucoup de choses avec du travail.
Non évidemment. Il y a ce que l'on est, les choix que l'on fait, une part de coïncidences, de chance, mais sans la travail tout cela ne sert à rien.
Il n'y a pas de secret, tous les atouts sont vains sans le travail. Les acquis c'est comme tout, ils vieillissent et si on ne fait pas attention, ils peuvent mourir prématurément. Alors que si on les respecte, si on les renforce, cela peut conduire à des choses. Se reposer sur ses lauriers n'avance à rien, cela ne dure pas très longtemps. Nous sommes en constant mouvement, le monde est en perpétuel mouvement, l'humain est en mouvement, et franchement arrivé là en se croisant les bras, même moi j'aurais honte.
Je fonctionne à l'envie. Ne pas faire un film signifie que l'histoire ne m'a pas touchée. Elle est primordiale à mes yeux, en conséquence les choix sont assez vite faits.
Complètement, c'est le cas dans le Christopher Nolan. J'aime ce qu'il raconte et j'adore mon personnage. Cela n'a jamais été un critère.
Vue l'époque, étant donné le parcours de sa propre vie, il ne peut qu'y avoir une certaine compréhension. Dillinger est un produit de la société du moment et étant donné le contexte de l'époque, sans automatiquement les excuser, on peut comprendre certains de ses agissements. Tuer quelqu'un est incompréhensible, mais voler de l'argent quand cela est une nécessité pour vivre, survivre se comprendre. Dillinger a été créé par la prison, la justice, l'Etat.
C'est un épicurien, un gentleman et un très, très bon camarade. Il a une énergie, un humour, est très disponible, accessible. Il était parfait sur le plateau avec tous les gens de l'équipe.
Je ne crois pas au hasard. Dicarpio a toujours une cohérence par rapport à ce sujet. Il appartient à cette catégorie de gens qui font du bien, sont préoccupés par les autres. Il fait du bien à la crédibilité du sujet. J'emploie ce mot car lorsque j'en parlais il y a dix ans, on me prenait pour une hippie, un peu folle dingue. Ce qui n'est plus le cas. Je passe aujourd'hui pour quelqu'un de logique, de sérieux. Je me souviens de conversations lointaines au cours desquelles on me prenait pour une farfelue, faisant des choses qui ne serviraient à rien. Or j'ai toujours eu la conviction qu'elles étaient importantes. Etant renseignée sur la façon dont on traitait cette terre, je savais qu'à un moment donné cela allait péter fort, de manière à obliger les gens à se retourner, à se dire que ceux qui parlent d'écologie ne tricotent pas automatiquement de la laine de mouton. DiCaprio, comme Angelina Jolie lorsqu'elle parle de la manière dont l'on traite les enfants, sont importants. C'est incroyable ce qu'elle a fait avec Brad Pitt pour La Nouvelle-Orléans. Ils ont été plus forts que le gouvernement. C'est extraordinaire mais pas normal. Que se serait-il passé sans eux, sans d'autres ? Alors que tout a été détruit par l'homme, car l'ouragan n'est pas une catastrophe naturelle. Et merci Al Gore car il fait comprendre le pourquoi du nombre croissant des inondations, des tornades avec Une vérité qui dérange. L'homme est responsable, La Nouvelle-Orléans ce sont des marais asséchés et la nature reprend ses droits. Nous sommes responsables de l'illogisme de nos actes.
Il ne faut pas dire n'importe quoi quand les propos peuvent être manipulés, déformés. Concernant l'écologie j'ai toujours dit le fond de ma pensée. Et les gens qui, à l'époque, me regardaient comme une farfelue me demandent aujourd'hui des conseils. Quand je sais que j'ai raison, l'avis des gens m'était égal. Aujourd’hui, j'ai juste un peu plus confiance en moi.
Je la vois... en même temps je ne sais pas. Je ne me pose pas ce genre de question et suis en conséquence incapable de répondre. Ma connaissance de moi n'a rien à voir avec celle que les autres ont. Forcément et heureusement, si ce n'est qu'il est très rare d'être racontée comme l'on est vraiment à travers les médias. Tout passe par des filtres, des gens qui écrivent plus ou moins bien ayant une vision de la personne totalement à côté de la plaque.
Piaf non... En même temps si les gens que l'on aime sont toujours en nous, elle l'est.
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Supprimer son compte | regseb |
| Dossier Simpson | KygO |
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| Notation des films | aoctw |
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |