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Chow Yun-fat

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Chow Yun-Fat : wushu master

  • Chow Yun-Fat : wushu masterEntré dans la légende avec les polars de John Woo ( The Killer, les Syndicat du crime, A toute épreuve…), Chow Yun-Fat mène depuis une dizaine d’années une double carrière. L’une en Asie où il compte parmi les plus grandes stars de cinéma. L’autre à Hollywood où il alterne rôles principaux et secondaires. Dragonball jette un pont entre les deux.

  • Par Marc Toullec (01/04/2009 à 12h56)

 

Comment avez-vous réagi lorsqu’on vous a demandé d’interpréter Roshi dans Dragonball ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, jamais on ne m’avait demandé d’interpréter un personnage pareil, aussi fou. Pourtant, à Hong Kong, dans les années 70 et 80, j’ai en tourné, des films d’action déjantés, des comédies délirantes, mais rien qui ne ressemble à Dragonball. Je crois bien que même Jackie Chan ne s’est pas mesuré à quelque chose d’aussi dingue ! Il aura fallu que je franchisse le cap des 50 ans pour que l’on me propose un rôle pareil. Bizarre, non ? Evidemment, j’ai sauté sur l’opportunité même si, au niveau du physique, ça nécessitait une remise en forme et de sérieux efforts !

 

Comment définissez-vous Roshi ? Un pitre ou un sage des arts martiaux ?

Roshy est un maître du kung-fu, mais on ne peut le résumer à des bagarres. En fait, il vit en autarcie, ne quittant pratiquement jamais sa vieille bicoque. Coupé du monde, il a en lui beaucoup de peine et de souffrance. Quand Goku et Bulma le sortent de sa retraite, il y est depuis une quarantaine d’années ! Voilà aussi pourquoi j’ai trouvé beaucoup de satisfaction à incarner Roshi : ce n’est pas seulement le clown que beaucoup voit en lui.

 

Beaucoup se souviennent de Roshi non pas comme un clown seulement, mais comme surtout un obsédé sexuel !

S’il l'est encore un peu dans le film, il s’est beaucoup calmé en comparaison du manga et de la série animée, où il saute sur tout ce qui bouge. J’imagine qu’au cinéma, un Roshi pareil aurait davantage choqué les parents qui accompagnent les enfants plutôt que les enfants eux-mêmes.

 

Dragonball vous ramène à une époque où vous pratiquiez fréquemment les arts martiaux à l’écran ?

Toujours à tous ces films d’action que je tournais à Hong Kong dans les années 80. Saviez-vous que, à la base, je n’avais rien d’un artiste martial ? Le peu que je connais des arts martiaux, je l’ai appris sur le tas, film après film. Parfois, toujours à Hong Kong, j’en tournais trois en même temps. Un le matin, un l’après-midi et un le soir !

 

A l’écran, vous donnez le change…

Peut-être, mais, croyez-moi, je suis loin d’être un Bruce Lee, un Jackie Chan ou un Jet Li. Si je fais illusion, c’est surtout grâce aux cascadeurs, à mes doublures et aux gens qui m’entraînent. Sur Dragonball, ils ont créé pour moi des dizaines de superbes mouvements acrobatiques. Un travail admirable. A moi de le reproduire au mieux et, lorsque ça dépasse mes possibilités, de faire place nette ! Et puis, je dois avouer que, grâce aux effets spéciaux et aux images de synthèse, j’ai pu économiser mes forces. Plus besoin de sauter dans tous les sens comme ça se fait encore à Hong Kong ! Grâce aux ordinateurs, j’ai vraiment l’air d’un super-héros !

 

Comme vous, James Wong, le réalisateur de Dragonball, vient de Hong Kong…

C'est vraiment quelqu’un de bien, de très chaleureux, plein d’humour et qui a su garder une âme d’enfant. Comme il a fait ses études aux Etats-Unis et qu’il a néanmoins grandi dans une famille chinoise, il mêle spontanément les cultures américaine et asiatique. Il peut appréhender les choses selon les deux points de vue, très différents parfois. Je pense que c’est la raison pour laquelle le studio lui a offert de tourner Dragonball. Aujourd’hui, le film fonctionne parfaitement auprès d’un public occidental, alors que l’histoire trouve son origine dans un manga japonais, lui-même inspiré par une vieille légende chinoise.

 

N’empêche que pour faire ce que vous faites, il faut préserver un minimum de forme physique !

J’ai 53 ans et je continue à m’entraîner trois fois par semaine, tout en faisant attention à ce que je mange. Après 50 ans, c’est plus difficile d’assurer de ce côté-là. Connaissant mes limites, j’ai donc demandé à ma femme, qui est également mon manager, de me trouver des rôles qui ne s’agitent pas trop. Ma femme, c’est mon manager, mais aussi mon ange gardien, ma meilleure amie, celle qui me guide dans toutes mes décisions professionnelles. J'ignore ce que je ferais sans elle, comme j'ignore ce que je ferais si je n'étais pas devenu comédien !

 

Comment vous êtes-vous intégré au groupe des comédiens qui forment le groupe des bons ? Tous ont la moitié de votre âge…

Ce n’est pas un problème pour moi ! Au contraire même ! J’apprécie de côtoyer des acteurs plus jeunes et, surtout, des acteurs avec une culture qui diffère de la mienne. Emmy Rossum vient de New York, Justin Chatwin de Vancouver… Toute d’origine chinoise qu’elle soit, Jamie Chung a grandi à San Francisco tandis que Joon Park, qui joue Yamcha, vient de Corée où il est une pop star. Quel mélange ! Mais j’apprécie. Comme j’ai particulièrement aimé, sur Pirates des Caraïbes 3, donner la réplique à Geoffrey Rush et Johnny Depp, des comédiens au parcours radicalement différent du mien. Le brassage, voilà ce que j’apprécie sur un plateau de cinéma !

 

Vous n’avez pas l’impression que les choses se déroulent un peu lentement sur un plateau américain ?

C’est vrai qu’à Hong Kong, les tournages se déroulent vite, très vite. Une question d’argent. Les plans s’enchaînent sans que les comédiens aient le temps de souffler. A Hollywood, les comédiens peuvent parfois même dormir entre les prises. Tout y est plus lourd, les équipes plus nombreuses… Deux systèmes radicalement différents.

 

Et la préparation des effets spéciaux de Dragonball ne vous a-t-il pas, justement, plongé dans une profonde torpeur ?

Non, pas du tout. Curieusement, alors que je m’attendais à quelque chose de très technique, je n’ai eu qu’à prendre plusieurs poses, effectuer tel et tel mouvement de Wushu face à une caméra spéciale 3D. Vraiment très facile. En quatre heures, j’avais fourni toute la matière aux gens des effets spéciaux pour qu’ils puissent disposer à loisir de mon double numérique et en faire ce qu’ils voulaient.

 

Etes-vous disposé à reprendre du service dans un nouveau Dragonball ?

Oh bien sûr ! Autant que je le suis à faire un autre Pirates des Caraïbes. Pourquoi refuser des propositions pareilles ? Le salaire est bon, les conditions de travail nettement plus agréables qu’à Hong Kong, les gens gentils avec vous, les rôles intéressants même si je ne suis pas en première position au générique. Alors oui, j’attends de renouer avec Maître Roshi dans Dragonball 2. Je crois qu’il y a encore beaucoup à dire sur le personnage.

 
 

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