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Oscar Wilde

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Biographie

  • Oscar Wilde Né le 16 octobre 1854 à Dublin (Irlande).
    De son vrai nom Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, aussi connu sous les noms Oscar Wilde, Sebastian Melmoth
  • Décédé le 30 novembre 1900 à Paris (France).
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  • Auteur, Scénariste (Adaptation), Parolier

Oscar Wilde fut l'un des esprits les plus brillants de son temps. Fin lettré, grand amateur d'aphorismes provocants, esthète décadent et narcissique, figure de honte et de scandale, sa légende sulfureuse cache une personnalité tragique, hantée par la peur de la déchéance et un goût profond et persistant de l'échec, qui en font le tardif héritier des romantiques.

Né à Dublin le 16 octobre 1854, Oscar (Fingal O'Flahertie Wills) Wilde est le fils d'un chirurgien éminent et cultivé : Sir William Wilde, auteur d'une quarantaine de livres sur le folklore, l'archéologie, Jonathan Swift, etc. Sa mère, Jane Francisca Elgee est une poétesse révolutionnaire, spécialiste de mythologie celte, qui collabore sous le nom de «Speranza» au journal «The Nation».

Lady Wilde, qui désirait ardemment une fille, prendra l'habitude de travestir Oscar et l'étouffera toute sa vie sous un amour excessif. Fantasque et dominatrice, elle exercera sur lui une influence marquante, et déterminera selon toute vraisemblance ses orientations sexuelles, son dandysme flamboyant, son goût du masque et du déguisement («Un masque est plus révélateur qu'un visage», dira plus tard Wilde, ou encore «L'homme cesse d'être lui-même dès qu'il parle pour lui-même, mais donnez-lui un masque et il vous dira la vérité.»)

La naissance d'une sœur, Isola, n'altérera en rien cette dépendance, car la fillette mourra à neuf ans. («Toute ma vie est enterrée là», commentera le poète et, pour souligner encore le poids de cette hérédité : «Ce n'est pas notre propre vie que nous vivons, mais la vie des morts.»)

Après avoir fait ses études à la Portora Royal School d'Enniskillen (1864-71), Wilde obtient une bourse pour le Trinity College de Dublin (1871-74), puis pour le Magdalen College d'Oxford (1874-1878). Il se distingue dès cette époque par sa solide culture classique, son esprit et ses dons poétiques, consacrés par le prestigieux Newdigate Prize.

Sous l'influence de John Ruskin et Walter Pater, Oscar Wilde devient un fervent défenseur de la théorie de l'Art pour l'Art, qui agite alors l'intelligentsia de son temps. Son humour et ses manières extravagantes en font la coqueluche des cercles littéraires londoniens et le rendent vite célèbre dans toute la capitale. Le magazine satirique «Punch» le prend pour cible, ainsi que Gilbert et Sullivan, qui le tournent en dérision dans leur opéra comique «Patience».

Wilde publie, à compte d'auteur, «Poems» (1881), où il revendique sa filiation avec Algernon Swinburne et le poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti. Avide d'étendre sa gloire, il accepte en 1883 une tournée de conférences aux États-Unis. A son arrivée à New York, il lance aux douaniers éberlués qu'il n'a «rien à déclarer, sauf son génie». La presse américaine se déchaîne contre lui, raillant ses poses languides et ses tenues voyantes : vestes de velours, pantalons de golf et bas de soie noirs. Wilde exhorte l'Amérique à aimer l'art et la beauté, mais ne tarde pas à regagner l'Angleterre.

En 1884, il épouse Constance Lloyd, fille d'un éminent avocat irlandais qui lui donnera deux fils : Cyril, en 1885, et Vyvyan en 1886.

Durant la phase finale de son apprentissage littéraire, Wilde travaille comme critique à la «Pall Mall Gazette», devient rédacteur de «Woman's World» (1887-89) et publie un recueil de contes merveilleux d'inspiration romantique : «The Happy Prince and Other Tales» (1888).

La dernière décennie de sa courte vie est aussi la plus féconde, la plus intense et la plus dramatique. C'est là que Wilde signe ses œuvres majeures : son unique et légendaire roman, «Le Portrait de Dorian Gray» (1891), où l'on retrouve la double influence des récits surnaturels («gothiques») anglais et de la littérature française «décadente» ; le recueil de nouvelles «Le Crime de Lord Savile» (1891) ; un volume d'essais, «Intentions», où il réitère ses positions esthétiques en se réclamant notamment de Baudelaire et Théophile Gautier.

Mais c'est dans le domaine de la comédie de mœurs qu'Oscar Wilde connaît ses plus grands succès, avec «L'Éventail de Lady Windermere» (1892), «Une femme sans importance» (1893) et «L'Importance d'être Constant» (1895). Durant cette période particulièrement riche, il écrit aussi, en français, la pièce en un acte «Salomé», dont Aubrey Beardsley illustrera la traduction anglaise (1894). La pièce, interdite en Angleterre, sera montée à Paris en 1896 et inspirera en 1905 à Richard Strauss son premier grand opéra.

La vie d'Oscar Wilde baigne dans le scandale qui, en retour, inspire et sous-tend son œuvre. L'opprobre fait d'ailleurs partie intégrante de son «roman familial» : Speranza dut cesser ses activités littéraires à la suite d'un retentissant procès en plagiat, et William Wilde, séducteur notoire, vit sa réputation ternie par les accusations d'une maîtresse délaissée, qui le traîna devant la justice. L'écrivain fut le témoin de la lente déchéance de cet homme brillant, qui se solda par sa mort précoce.

Assumant cet héritage parental, Wilde prit fréquemment pour ressort de ses fictions la révélation d'une faute ou d'un péché entraînant la disgrâce du coupable. En mettant, selon une formule célèbre «son talent dans son œuvre et son génie dans sa vie», il s'exposait à subir le même sort que ses personnages damnés par leur «différence» et leur secret. Homosexuel dans une société répressive qui punissait sévèrement toute «déviance», il ne pouvait manquer d'attirer tôt ou tard sur lui les foudres de la justice. Avant même de se lier à Lord Alfred Douglas («Bosie»), Wilde semble d'ailleurs avoir anticipé sa propre tragédie dans celle de Dorian Gray.

Le scandale éclate lorsque marquis de Queensberry, père de Douglas, accuse l'écrivain de corrompre son fils et dépose à son club une missive incendiaire. Wilde relève le défi et porte plainte pour diffamation. L'accusé produit des témoins qui accablent Wilde. Celui-ci perd son procès et se voit poursuivi par la Couronne pour actes indécents. En mai 1895, il est condamné à deux ans de travaux forcés.

Il purge l'essentiel de sa peine à la sinistre Prison de Reading, d'où il écrit une longue lettre d'adieu à Bosie (une version abrégée paraîtra en 1905 sous le titre «De Profundis»). Sa dernière œuvre : «The Ballad of Reading Gaol» (1898) dénonce les conditions inhumaines de son incarcération.

En dépit d'une situation financière et d'un état de santé préoccupants, Wilde continuera d'afficher «une inaltérable gaîté d'âme» (dixit George Bernard Shaw). Oubliant la promesse faite à Constance de ne plus jamais revoir Bosie, il ne résistera pas à la tentation, mais leurs retrouvailles seront de courte durée…

Oscar Wilde est mort à Paris le 30 novembre 1900, d'une méningite aiguë consécutive à une infection de l'oreille. Son corps repose au cimetière du Père-Lachaise.