Pascal Laugier |
Né en France.
Apparu en 2004, avec un premier long-métrage, Saint Ange, Pascal Laugier s'inscrit comme l'un des disciples de Christophe Gans, aidant au renouveau du cinéma de «genre» français des années 2000. Plus que par leurs qualités (ou défauts), c'est leur présence même qui met en exergue ce retour, commencé avec Promenons-nous dans les bois (2000) de Lionel Delplanque, puis l'année suivante avec Le Pacte des Loups de Christophe Gans, un succès commercial, et Haute Tension en 2003, d' Alexandre Aja.
Saint-Ange, manifestant une violence psychologique, à l'encontre des délires extrêmes des autres films, marque alors un grand nombre d'amateurs de Poe et d' Henry James. C'est avec ce film qu'on peut qualifier Pascal Laugier de disciple de Gans, aboutissement d'une longue collaboration entre les deux hommes. En effet, le réalisateur de Crying Freeman le découvre grâce à son premier court-métrage, Tête de citrouille (1993), et le bombarde assistant. En 2000, il lui propose de réaliser le making-of de son nouveau film, Le Pacte des Loups, devant réhabiliter, pour la première fois en France, le Genre, dans un melting-pot à grande échelle, de styles, à la manière des Tarantino et consort. En résulte un travail gargantuesque qui le fait sortir de l'ombre, aidé par le succès du film. La même année, en 2001, il réalise son deuxième court-métrage 4ème sous-sol, puis, avec l'aide de Christophe Gans comme producteur, il met en chantier Saint-Ange. Adapté d'un fait divers des années 1950, le film sort en 2004, avec, en tête d'affiche, Virginie Ledoyen, en servante devant nettoyer, seule, un orphelinat, et Lou Doillon, en pensionnaire dérangée mentalement. Le film connaît un certain succès d'estime et critique.
L'après Saint-Ange est plus difficile à négocier. Un script, The Tall Men, sur les bras, sous la houlette de son producteur Richard Grandpierre, Gans étant parti aux États-Unis, Pascal Laugier se retrouve désœuvré. Studio Canal lui propose d'écrire un scénario pour son label, «French Frayeurs», devant regrouper plusieurs films français, plus ou moins d'horreur, ou fantastique . Le projet n'aboutit pas, marquant l'arrêt de mode de ces films par le refroidissement des investisseurs. Là encore, Laugier a un scénario sur les bras, Martyrs. Ses camarades changent de route (Delplanque fait Président, un autre type de film d'horreur) ou fuient vers des lendemains ensoleillés (Aja, et le rêve américain de La Colline à des yeux). Même tenté par les sirènes d'Hollywood, à qui son scénario fait encore plus peur qu'en France, Laugier résiste et reste, parvenant à monter Martyrs en 2007. Tourné au Canada, ce film marque un virage dans sa courte filmographie, décidant d'y aller franchement, glauque et malsain, le qualifiant lui-même de «désespéré».
Martyrs sort en salle en 2008, ce qui apparaît comme un exploit en France, dans une période de resserrement des fonds, et d'accroissement de la censure. Alors que les derniers loups français, du «genre» donc, Xavier Palud, David Moreau ( Ils, 2006) et Xavier Gens ( Frontières) s'enfuient à leur tour pour paraître plus «acceptable» ( The Eye, pour les uns, Hitman pour l'autre), Pascal Laugier suit le chemin inverse.
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