Glenn Ficarra |
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Avec John Requa, son partenaire d'écriture, Glenn Ficarra s'inscrit dans le renouveau de la comédie américaine menée par Judd Apatow et sa bande depuis le début des années 2000. Contrairement à ses derniers, évoluant dans un comique plus graveleux et frontalement subversif, le tandem parvient à alterner des scénarii sur divers registres, de l'humour noir proche des frères Coen à la comédie familiale.
C'est avec ce dernier genre qu'ils s'illustrent avec Comme chiens et chats, réalisé par Lawrence Guterman en 2001. Ce récit reprend le cliché de l'antagonisme « chiens et chats », en l'inscrivant dans une histoire délirante où les deux races s'affrontent dans une guerre secrète ancestrale pour la domination du monde, avec moult gadgets à destruction massive. Le tout est arbitré par Jeff Goldblum, en savant-fou qui met au point un serum anti-allergie de chien chez l'être humain, objet de toutes les convoitises chez les chats.
Leur deuxième scénario, Bad Santa, les révèle au monde entier. On retrouve la verve satirique des Coen, producteurs à cette occasion, appuyé par la réalisation de Terry Zwigoff, déjà responsable du non-moins sarcastique Ghost World. Bad Santa met en scène Billy Bob Thornton en escroc qui se déguise tous les ans en Père Noël afin de voler les centres commerciaux dans lequel il s'installe à chaque fin d'année, avec l'aide de son acolyte nain, Marcus ( Tony Cox). Finalement, sa rencontre avec un petit garçon rondouillard de 8 ans va lui faire comprendre le vrai sens de Noël. Par ailleurs, l'acteur se retrouve dans leur histoire suivante, Bad New Bears, retour au genre grand public (surtout américain) de la comédie de sport. Il s'agit d'un récit sur la rédemption d'un entraîneur de baseball déchu, alcoolique et irascible ( Thornton), amené à s'occuper d'une équipe de bras cassés de 12 ans, et lui permettant d'effectuer un beau come-back.
Glenn Ficarra, tout comme John Requa, n'avait pas prévu de devenir réalisateur. Cependant, l'occasion se présente lorsque Gus Van Sant refuse de réaliser le scénario de I Love You Phillip Morris, pourtant en phase avec la cause pro-gay chère au réalisateur de Harvey Milk. Passant pour la première fois derrière la caméra, le duo décide de raconter l'histoire abracadabrantesque, et pourtant vraie, de Steven Russell ( Jim Carrey), un escroc homosexuel qui tombe éperdument amoureux de son compagnon de cellule, le dénommé Phillip Morris ( Ewan McGregor). Ne supportant d'être séparé par la libération de ce dernier, Russell va s'évader et tout faire pour le retrouver. S'en suit alors une folle course où Steven Russell se fait constamment rattraper par la police mais parvient à chaque fois à s'évader de prison (on compte 14 évasions au total). Co-produit par Luc Besson, I Love You Phillip Morris doit attendre sa sélection à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes avant de pouvoir trouver un distributeur américain, frileux face à l'obtention de la mention « P-G », équivalent des interdictions en France, à cause des scènes « chaudes » entre les deux stars.
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