Jean-Louis Trintignant |
Né le 11 décembre 1930 à Piolenc (France).
Personnage discret, presque secret, Jean-Louis Trintignant est l’un des acteurs phares de sa génération. Une carrière extraordinairement féconde, qui compte pas moins de 110 films. De la comédie au drame ou au thriller politique, il tourne avec les plus grands : Ettore Scola, Dino Risi, Bernardo Bertolucci, Claude Lelouch, Eric Rohmer ou François Truffaut...
Neveu du coureur automobile Maurice Trintignant, qui lui a transmis sa passion, le jeune Jean-Louis suit ses études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence. Le jour de ses 19 ans, il assiste à la représentation théâtrale de l'Avare qui va être pour lui une véritable révélation. La pièce est mise en scène par Charles Dullin, dont il décide de suivre les cours à Paris. En 1953, il fait un bref passage par l'IDHEC, avec pour ambition de devenir réalisateur - un désir qui ne se concrétisera que 20 ans plus tard.
En 1956, il est révélé par Et Dieu... créa la femme, de Roger Vadim. Dans ce film parfumé au scandale, il participe au lancement du mythe Bardot. Très marqué par son service militaire en Algérie, il trouve son premier rôle d’anthologie, en 1962, dans Le Combat dans l’Ile, d’ Alain Cavalier, aux côtés de Romy Schneider et Henri Serre. Mais il quitte le tournage avec un goût prononcé pour les films politiques. En 1969, il partage l'affiche avec Yves Montand et Irène Papas dans Z de Costa-Gavras, puis en 1970, Bernardo Bertolucci lui offre le premier rôle dans Le Conformiste - un des sommets de sa carrière italienne, qui compte aussi Le Fanfaron de Dino Risi ou La Terrasse d' Ettore Scola.
Avec Un homme et une femme de Claude Lelouch, il accède en 1966 au rang de star. Il partage cette passion amoureuse sur fond de plage deauvillaise, avec Anouk Aimé. On y suit l’histoire d’amour de deux quadras à qui la vie donne une deuxième chance de se la jouer chabadabada. Accoutumé aux rôles tourmentés et sarcastiques, il se met dans la peau d’un séducteur manipulé dans Le Mouton enragé de Michel Deville ou d’un agent immobilier soupçonné de meurtre dans Vivement Dimanche! de François Truffaut.
En 1968, il obtient le Prix d'interprétation à Berlin pour L'Homme qui ment d' Alain Robbe-Grillet, puis l'acteur prend part au polar de Jacques Deray dans Flic Story et dans Le Bon Plaisir de Francis Girod, dans lequel il incarne un Président de la République inspiré par François Mitterrand. Avec son jeu tout en nuances, à la profondeur teintée d'ironie, Jean-Louis Trintignant, dont la voix de velours constitue un précieux atout, s'impose comme l'un des plus grands comédiens de sa génération.
Depuis la fin des années 80, le comédien s’est retiré dans sa maison d’Uzés, lassé par les « professionnels de la profession ». Il continue néanmoins à faire quelques apparitions d’autant plus remarquées. On a pu le voir en 1994 dans Trois couleurs: Rouge de Krzysztof Kieslowski, ou encore en 1998 dans Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau.
Marié à Stéphane Audran puis à Nadine Trintignant, il était très proche de sa fille Marie, qu’il avait eu avec cette dernière. Nadine était l’une de ses partenaires de scène privilégiée. La mort de celle-ci, tuée par son compagnon Bertrand Cantat, en 2003, a eu raison de l’homme public qu’il était.
Loin des studios et de l'agitation parisienne, il préfère goûter dans la solitude du Midi la matière des rêves, la musique et plus encore la poésie. Il aime à revenir sur scène pour partager sa gourmandise des mots.
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