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Pascal Thomas

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Biographie

Fils d'un employé d'une compagnie d'assurances décédé alors qu'il n'avait que 6 ans, Pascal Thomas passe son enfance en pension, où il développe une cinéphilie dévorante (notamment pour les films des années 30 et 40). Encore très jeune, il fait la connaissance d'un certain Roland Duval, alors animateur de la revue de ciné-club local. Ce dernier l'aide à aiguiser sa plume et, de fil en aiguille, le jeune cinéphile devient journaliste et monte à Paris, où il écrit notamment pour le magazine Lui. A la fin des années 60, dévoré par le désir de mettre en scène, il attrape une caméra et sous l'injonction de Claude Berri, naît le court métrage Le Poème de l'élève Mikovsky, adapté de son roman inachevé Odile s'en va. Ce film sera vu par des millions de spectateurs, faisant la première partie du scandaleux Dernier Tango à Paris.

 

Les Zozos, son premier long en 1972, brosse avec une sensibilité à fleur de peau, dans une veine ultra-réaliste mais toujours tendre, les portraits d'adolescents qui sèchent le lycée pour aller courir de belles Suédoises. C'est un joli succès. Ses films suivants, toujours affublés de titre faussement rigolos ( Pleure pas la bouche pleine et Le Chaud Lapin lui ont été imposés) creusent le même sillon : celui d'un cinéma axé sur les petits bonheurs de personnages ordinaires, dont la maladresse (du grand Bernard Menez) contraste avec les personnages de héros dont se repaît généralement le 7e Art. Pascal Thomas aime donner libre cours à l'improvisation, s'entoure d'une petite famille de fidèles (les scénaristes Jacques Lourcelles et Roland Duval, l'indéboulonnable Bernard Menez, mais aussi Daniel Ceccaldi, et sa propre tribu, ses deux épouses Brigitte Gruel puis Nathalie Lafaurie et ses enfants Emilie et Clément. D'où l'inspiration autobiographique qui souffle sur une grande partie de son oeuvre, généralement tournée hors de Paris, faisant une place de choix aux campagnes françaises.

 

Suivent deux films plus modestes qui ne fonctionnent pas auprès du public : La Surprise du chef, raconté sur le mode épistolaire, et Un Oursin dans la poche, hommage aux comédies musicales américaines. C'est une petite traversée du désert pour le réalisateur, amplifiée par l'interruption du tournage de la série « Nono Nenesse », qui mettait en scène Bernard Menez et Jacques Villeret dans les rôles de deux insupportables bébés.

 

Malgré le joli succès du film suivant, Celles qu'on n'a pas eues, qui chronique les déceptions amoureuses de plusieurs hommes partageant le même compartiment de train, Pascal Thomas, pendant la majorité des années 80, se tourne, un peu par défaut, vers la réalisation de spots publicitaires, et voit avorter un projet de film sur la vie de Paul Léautaud. Il n'en sortira qu'en 1989 avec le choral Les Maris, les femmes, les amants (1989), chronique lumineuse d'un été à l'île de Ré. La sortie dans l'indifférence générale de La Pagaille, durant l'été 1991, compromet cependant une fois de plus le retour en force de Pascal Thomas, qui réapparaît, tel un beau diable, avec l'époustouflant La Dilettante, succès-surprise de l'été 1999, porté à bout de bras par une Catherine Frot survoltée. Mercredi folle journée !, dont les héros sont des enfants, finit presque par donner le tournis à force de mouvements et de démultiplication des personnages, un peu à l'image d'un autre film, Le Grand Appartement, ballet affolant de mille personnages qui vivent, aiment et se séparent dans cet appartement labyrinthique.

 

Lecteur assidu, Pascal Thomas a réalisé entre-temps Mon Petit Doigt m'a dit, une adaptation culottée d' Agatha Christie brillant de mille feux entre mystère, crime et comédie. Rebelote avec L'Heure zéro, à nouveau adapté d'un roman du même auteur. Jamais deux sans trois ! En 2008, il réalise la suite de Mon Petit Doigt m'a dit, Le Crime est notre affaire. Il met à nouveau en scène le couple crée par Agatha Christie, les Beresford, incarnés avec brio par Catherine Frot et André Dussollier.

 

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