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Simone Signoret

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Biographie

Née dans la France d'entre deux guerres, Henriette Charlotte Simone Kaminker grandit à Neuilly Sur Scène et obtient un double baccalauréat après des études de lettres classiques. Elle enchaîne les petits boulots (professeur d'anglais, traductrice, sténo) pour faire vivre sa famille. Des amis la poussent à faire de la figuration pour différents longs métrages avant de jouer pour Jean Boyer en 1942 dans Le Prince charmant. Expérience qu'elle qualifiera plus tard de désastreuse ne connaissant encore rien au métier d'actrice. Elle obtient son premier vrai rôle dans Les démons de l'aube sous la direction d' Yves Allégret, qui devient son mari en 1944 et enchaîne avec Impasse de deux anges puis Manèges.

 

Parfaitement bilingue, la star montante grâce à son rôle inoubliable de prostituée pour Jacques Becker dans Casque d'Or, s'expatrie en Angleterre et aux États-Unis. A l'étranger, la belle joue pour Les chemins de la haute ville (qui lui rapporte l'Oscar de la meilleure actrice), La mouette ou Le jour et l'heure pour Sidney Lumet. Entre temps elle se sépare de son réalisateur de mari et épouse le chanteur/acteur Yves Montand qui l'a fait monter sur les planches et révèle ses talents d'actrice de théâtre. Les deux vedettes partagent une relation des plus passionnées malgré les écarts de conduite de l'artiste avec Marilyn Monroe (à qui Signoret n'en-aura jamais voulu).

 

Ayant obtenu le rang de star incontournable du paysage cinématographique français des années 50, Signoret s'octroie le luxe de ne tourner que pour les plus grands. Ainsi on la retrouve devant la caméra de Marcel Carné ( Thérèse Raquin), Luis Buñuel ( La mort en ce jardin) ou Chris Marker ( Le joli mois de mai) pour ne citer qu'eux. Elle ne boycotte par pour autant les nouveaux réalisateurs et donne sa chance au jeune Costa Gavras pour Compartiment tueurs en 1965 puis plus tard aux côtés de son époux dans L'aveu.

 

En parallèle de sa carrière professionnelle, l'actrice est une femme au grand cœur et aux idées militantes largement assumées. Impliquée dans de nombreuses œuvres caritatives elle s'engage également avec d'autres grands noms (André Breton, Jean-Paul Sartre, Alain Resnais...) contre la guerre d'Algérie et signe le fameux manifeste 121. Mise de côté malgré son talent pour ses opinions politiques (communistes) Signoret se fait plus rare au cinéma dans le courant des années 70. Elle en profite pour écrire son autobiographie puis un roman «Adieu Vodolia» qui confirme ses talents de femme de lettres. Atteinte d'un cancer elle se bat contre la maladie tout en continuant à jouer les femmes d'un âge plus mûr. Ainsi elle donne la réplique en campagnarde vieillissante à Alain Delon dans La veuve Couderc ou joue les grands-mères pour Jeanne Moreau dans L'adolescente.

 

Récompensée d'un César des mains de Orson Welles pour La vie devant soi qui la désigne comme « l'une des plus grands comédiennes du monde », sa santé va en se détériorant. Elle apparaît une dernière fois à la télévision cette fois, pour Music-Hall en 1986 et décède des suites de son cancer. L'année suivante Marker lui dédie un film durant le festival de Cannes, qui permet à l'ensemble de la profession d 'acclamer la carrière de « La Reine » du cinéma français comme la nomme Marguerite Duras lors de la cérémonie.