Carlos Saura |
Né le 4 janvier 1932 à Huesca (Espagne).
Carlos Saura est, au même titre que Luis Garcia Berlanga ou Juan Antonio Bardem, un des illustres représentants du renouveau du cinéma espagnol après-guerre. Ce cinéaste aujourd'hui reconnu par ses pairs comme un maître de son art est éduqué dans une famille où l'art a toute sa place. En effet, sa mère est pianiste, son frère aîné est peintre. De la première, Carlos tire son amour pour la musique; au contact du second, il s'initie aux arts plastiques. Saura va d'abord se destiner à la photographie et devient même un temps un professionnel, vendant et exposant ses clichés.
Au début des années 50, il commence des études de cinéma à Madrid. Là, avec ses camarades, il découvre le néoréalisme italien. C'est pour lui une vraie révélation. L'influence de Rossellini se fait particulièrement sentir dans les courts et moyens métrages qu'il réalise à la fin des années 50, en particulier dans Cuenca, documentaire en couleurs de 1958. C'est également sous le signe du néoréalisme qu'est placé le premier long-métrage de Saura, Les Voyous, tournés en décors naturels et avec des acteurs non-professionnels. Le film, à travers le destin de gamins qui n'ont d'autre issue que la tauromachie ou le vol pour survivre, décrit dans les bas-fonds miséreux de Madrid.
Les Voyous, achevé en 1959, déplaît aux franquistes qui en interdisent la diffusion jusqu'en 1962. Professeur de cinéma, Saura, également critiqué par les autorités, doit quitter ses fonctions en 1963. Un an plus tard sort son deuxième film, La Charge des brigands, une co-production ibéro-italo-française située dans l'Andalousie du XIXème siècle. Saura a des velléités de réalisme mais les producteurs veulent faire du film une fresque historique en faveur du régime de Franco. Ils l'emportent et le film est un échec commercial.
Carlos Saura cherche donc de nouvelles possibilités d'expressions et trouve sa voie avec son troisième long métrage, La Chasse. Par le biais d'une métaphore (une partie de chasse entre trois amis dégénère en massacre), Carlos Saura signe une oeuvre forte qui parvient à dénoncer les hypocrisies de la bourgeoisie franquiste et à mettre en évidence l'héritage violent d'une guerre d'Espagne jamais nommée. La Chasse marque aussi la formation d'une équipe qui va soutenir de façon décisive Carlos Saura dans les années à venir, en particulier le producteur Elias Querejeta qui, reconnaissant le talent de Saura, le laisse maître absolu de ses créations.
En 1967, avec Peppermint frappé, dans lequel il dirige pour la première fois sa compagne Géraldine Chaplin (8 autres films suivront), s'ouvre donc un cycle de films allégoriques, à la lisière du fantastique et du surréalisme, qui explorent la répression sexuelle et psychologique dans la société franquiste. Parmi ceux-ci, citons La Madriguera, Le Jardin des délices, La Cousine Angélique, Ana et les loups, Cria Cuervos, Elisa, mon amour, Les Yeux bandés et Maman a cent ans.
L'Eglise, l'armée et la cellule familiale sont alors les cibles de prédilection de Saura. Dans les années 70, le prestige international de Saura est la garantie de sa survie cinématographique en Espagne et ses films, présentés dans les festivals, remportent de nombreux prix. La mort de Franco en 1975 change sensiblement la donne. Au tournant des années 80, une fois la transition démocratique achevée, Saura se sent libéré du devoir de faire des films politiques. S'amorce alors une nouvelle période de sa carrière, placée sous le signe de la musique ibérique. Noces de sang, Carmen et L'Amour sorcier forment une trilogie sur le flamenco qui voit Saura collaborer avec le danseur et chorégraphe Antonio Gades.
Après El Dorado, sur la conquête de l'Amérique latine par les Espagnols, et Ay Carmela, sur fond de guerre d'Espagne, Carlos Saura revient à la danse et au chant avec des films comme la fresque Tango ou le documentaire Fados. Il réalise également deux ballets filmés, Salomé et Ibéria. Par ailleurs, Carlos Saura rend hommage à deux de ses artistes préférés: le peintre Goya dans le film éponyme et le cinéaste Luis Bunuel dans Bunuel et la table du roi Salomon. Chantre de la culture espagnole, Carlos Saura est aujourd'hui un des artistes européens les plus respectés.
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Supprimer son compte | regseb |
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| Dossier Simpson | KygO |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Notation des films | aoctw |
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |