Eric Rohmer |
Né le 4 avril 1920 à Tulle (France).
Frère du philosophe René Shérer, Eric Rohmer est entouré d'intellectuels et ne tarde pas à devenir lui-même un féru de littérature. Professeur de lettres, germaniste, l'homme est avant tout écrivain et publie un roman, Elisabeth, à l'âge de 26 ans. Pigiste à La Revue du cinéma et Les Temps modernes, il devient rapidement rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et de La Gazette du cinéma, qu'il fonde en 1950, après avoir été présentateur de films au Ciné Club du quartier Latin. Celui-ci fait naturellement la connaissance d'artistes de la Nouvelle Vague, comme Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, François Truffaut ou encore Claude Chabrol.
En parallèle, le jeune homme se lance dans la réalisation de courts métrages, dès 1950, avec Journal d'un scélérat ou encore Présentation ou Charlotte et son steak, une histoire d'amour manquée. En 1962, il sort son premier long métrage, Le Signe du lion (réalisé trois ans plus tôt), une oeuvre confidentielle peu remarquée.
Il faut attendre 1967 pour voir s'ouvrir son cycle des Contes Moraux, composé essentiellement d'intrigues sentimentales reposant sur des thèmes chers au cinéaste (l'amour, le hasard, le destin), adoptant souvent le fil directeur de l'infidélité, comme c'est le cas dans La Collectionneuse. Suivent des films où il dirige aussi bien des acteurs confirmés comme Jean-Louis Trintignant ( Ma Nuit chez Maud), ou André Dussolier ( Le Beau Mariage), que de jeunes acteurs qu'il dévoile, notamment Fabrice Luchini, qui revient souvent sans ses films ( Le Genou de Claire, La Femme de l'aviateur) ou même Pascal Greggory ( Pauline à la plage) et enfin Melvil Poupaud ( Conte d'été).
Après avoir fondé sa propre maison de production en 1962, Les Films du Losange, il construit plus facilement la suite de sa filmographie de façon cohérente et exigeante, au sein de différents cycles : Comédies et proverbes ( Le Rayon vert, Les Nuits de la pleine lune), et Contes des quatre saisons, de l'hiver à l'été, dans lesquels le cinéaste replonge dans les jeux et hasards de l'amour. Rohmer s'intéresse par ailleurs aux drames historiques, sur fond de Révolution française ( L'Anglaise et le Duc), et de montée du totalitarisme ( Triple Agent). Réalisateur emblématique de la Nouvelle Vague, le discret Eric Rohmer se distingue par sa verve littéraire, friand de dialogues sophistiqués et de rythmes d'élocution lents et mesurés, dont il use et abuse dans des adaptations de romans comme Perceval le Gallois, d'après une oeuvre de Chrétien de Troyes, mais aussi La Marquise d'O..., d'après le roman éponyme allemand d'Heinrich von Kleist.
En 2007, le réalisateur s'inspire cette fois de L'Astrée, un texte du premier quart du XVIIe siècle, dans lequel Honoré d'Urfé décrit une Gaule imaginaire. Il met en scène de façon simple et efficace l'actrice débutante Stéphanie Crayencour et le jeune premier Andy Gillet, dans Les Amours d'Astrée et Céladon, une folle romance baroque en costumes d'époque, qui inscrit définitivement Eric Rohmer dans le cinéma d'auteurs.
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