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Jeanne Moreau

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Biographie

Jeanne Moreau est née d'une mère, d’origine anglaise, danseuse, et d'un père, hôtelier. Après avoir passé une partie de son enfance à Vichy, elle achève ses études secondaires à Paris et commence à suivre les cours de Denis d’Inès. Elle entre six mois plus tard au Conservatoire, et débute au premier Festival d’Avignon dans « La Terrasse du midi » de Maurice Clavel. Engagée par Jean Meyer à la Comédie française, elle y tient son premier emploi à vingt ans, dans « Un mois à la campagne » de Tourgueniev, et y interprétera une vingtaine de personnages du répertoire classique ainsi que « Les Caves du Vatican » d’ André Gide, en création mondiale.

 

En 1953, Jeanne Moreau quitte le Français pour le TNP, où elle donne la réplique à Gérard Philipe dans « Le Cid » et « Le Prince de Hombourg ». Elle triomphe au Boulevard dans la comédie d’ Anna Bonacci « L’Heure éblouissante », que suivront, entre autres succès, « La Machine infernale » de Cocteau, « Pygmalion » de George Bernard Shaw, « La Chatte sur un toit brûlant » de Tennessee Williams et « La bonne soupe » de Félicien Marceau. Après avoir délaissé la scène pendant une quinzaine d’années, elle y fait un retour en force dans « La Chevauchée sur le Lac de Constance » de Peter Handke, triomphe dans « L’Intox » de Françoise Dorin et livre deux de ses plus belles compositions dramatiques dans « Le Récit de la Servante Zerline » (dont elle donnera plus de trois cents représentations dans onze pays) et « La Célestine ».

 

A l’écran, Jeanne Moreau fait ses armes dans Dernier Amour (1949) de Jean Stelli puis tourne sous la direction de metteurs en scènes prestigieux, d' Henri Decoin, Jacques Becker, en passant par Gilles Grangier et Marc Allégret. Elle donne la réplique aux plus grands noms des années cinquante : Pierre Fresnay ( Il est minuit, docteur Schweitzer), Jean Gabin ( Touchez pas au Grisbi, Gas-oil) et Jean Marais ( Dortoir des grandes, Julietta), s’essaie avec bonheur au film historique (rôle-titre de La Reine Margot) et au thriller ( Les Louves, Echec au porteur). Mais la comédienne reste cantonnée aux petits rôles jusqu'à s'imposer en amante errante dans les rues de Paris dans Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. Pour la première fois, le public peu découvrir son visage en gros plan. Un an plus tard, Les Amants la consacre pleinement et amorce une carrière riche et brillante: elle fut l'inoubliable Catherine, personnage féminin du trio amoureux de Jules et Jim (1962) et la veuve vengeresse de La Mariée était en noir (1968) de François Truffaut, elle a été la femme de chambre Célestine révélatrice des mœurs peu glorieuses de la bourgeoisie rurale dans Journal d'une femme de chambre (1964) de Luis Bunuel, a interprétée Juliette de Merteuil dans l'adaptation des Liaisons dangereuses (1959) par Roger Vadim, fait une apparition dans Une femme est une femme (1961) de Jean-Luc Godard, a tournée pour Jacques Demy ( La Baie des Anges), et retrouve Louis Malle pour Feu Follet (1963)...

 

Son activité ne s'arrête pas uniquement à la comédie, depuis 1961 et le «Tourbillon de la Vie» de Jules et Jim, Jeanne Moreau a gravé plusieurs albums (elle a écrit elle-même, et enregistré, dix-huit chansons), ni aux seules frontières de la France puisque dès les années 60, elle s'exporte, offrant son talent à des réalisateurs internationaux prestigieux: elle tourne sous la direction de Michelangelo Antonioni ( La nuit), d' Orson Welles ( Le Procès, Falstaff), Joseph Losey ( Eva, Monsieur Klein), Tony Richardson ( Mademoiselle, Le Marin de Gibraltar), John Frankenheimer ( Le train), Wim Wenders ( Par-delà les nuages) et Rainer Werner Fassbinder ( Querelle)... mais également pour de jeunes cinéastes débutants ou issus de la nouvelle génération, auxquels elle apportera un prestigieux parrainage: des réalisateurs comme Bertrand Blier ( Les Valseuses), André Téchiné ( Souvenirs d'en France), Jacques Doillon (L'arbre), Luc Besson (Nikita) ou encore François Ozon ( Le Temps qui reste).

 

A partir des années 80, la comédienne se fait plus rare au cinéma privilégiant la télévision et la musique, puis le théâtre dans la décennie suivante. Grande amie de l'écrivain renommée Marguerite Duras, l'actrice a souvent été liée professionnellement avec cette dernière: elle a joué dans deux adaptations de la romancière (Moderato cantabile, The Sailor from Gibraltar), a narrée L'Amant (1992) de Jean-Jacques Annaud, tournée sous sa direction dans Nathalie Granger (1972) et l'a interprétée dans le film Cet amour-là (2001) de Josée Dayan avec qui, au cours du début du XXIème siècle, elle entame une fertile collaboration.

 

En 2008, elle est à l'affiche du Désengagement d' Amos Gitaï.

 

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