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Michael Moore

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Biographie

Toujours affublé de lunettes et coiffé d'une casquette à l'effigie d'une équipe de Baseball, Michael Moore est le provocateur américain le plus en vue de la décennie. Descendant d'une famille de Wasp et originaire du fief de la mythique compagnie General Motors, il choisit la voie du journalisme dès son plus jeune âge, animant le journal de l'université du Michigan tout en y apprenant sa future profession.

 

Critique patenté du système, fustigeant politiciens et corporations financières, Michael Moore atterrit, après avoir dirigé le journal Flint Voice pendant 10 ans, dans la réalisation de films, avec un premier documentaire en 1990, Roger et moi, une enquête sur la fermeture de l'usine General Motors de Flint. Ayant pour marque de fabrique de se mettre en scène lui-même dans ses documentaires, il tente d'interviewer Roger Smith, le PDG de la marque de voitures venant de licencier 30 000 employés. Donnant systématiquement son opinion, Michael Moore a acquis une certaine réputation mais en agace plus d'un. Le succès critique et public du film permet au cinéaste de monter une émission de télévision, « TV Nation » et de réaliser ce qui sera son unique film de fiction, Canadian Bacon, la rumeur d'une guerre contre le Canada pour redresser l'économie américaine.

 

Michael Moore enchaîne avec The Big One , brocardant les multinationales américaines, dont Nike. Mais la dérision n'est pas le seul hobby de Michael Moore, qui affectionne aussi le tir et possède sa carte à la NRA, la National Rifle Association. Ce qui peut paraître un paradoxe au regard du thème de son deuxième film, Bowling for Columbine, en 2002, revenant sur la tuerie du lycée du même nom, et remettant en question la liberté de possession d'armes à feu dans son pays. Mais c'est en homme du terroir, connaissant de l'intérieur les traditions et non en intello bourgeois, que le cinéaste souhaite aborder ses sujets. Confronté à des difficultés pour financer son documentaire à cause des pressions de la NRA, il finit par produire le film au Canada. Bowling for Columbine marque le début d'une renommée internationale, et Michael Moore remporte pour le film un Oscar, ainsi que le prix du 55e anniversaire du festival de Cannes.

 

Honni de la classe financière, puis du lobby des armes, il devient en troisième lieu la bête noire de la classe politique en place avec son documentaire suivant : Fahrenheit 9/11. Mettant en lumière de supposées collusions d'intérets entre la famille Bush et la famille royale saoudienne de Ben Laden, l'auteur présumé des attentats du 11 septembre, il s'emploie à démontrer que l'attaque des Twin Towers n'est qu'un prétexte à deux guerres qui servent les intérêts économiques de l'Amérique, et tire à boulets rouges sur la crédulité de ses compatriotes. Comme pour le film précédent, le réalisateur est confronté au refus des entreprises américaines de distribuer son documentaire, et particulièrement celui de la Walt Disney Company, propriétaire du distributeur Miramax. Mais Michael Moore emporte la polémique faisant rage dans les médias américains, en recevant un succès jamais atteint pour un documentaire au box office et la Palme d'or du festival de Cannes 2004.

 

Puis c'est sur le système de santé américain que se penche le réalisateur, qui confirme sa réputation de provocateur invétéré, avec un documentaire dénonçant de façon humoristique et noire à la fois, les inégalités sociales intrinsèques à ce système, et la confrontation des laboratoires pharmaceutiques avec le pouvoir, dans Sicko, en 2007.

 

Comme un point d'orgue à vingt ans de travail sur les maux de la société américaine, Michael Moore se penche sur l'état du capitalisme dans Capitalism : a love story, suite à la crise financière de 2008.