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Claude Miller

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Biographie

Dès son enfance, Claude Miller ne rêve que de cinéma et son parcours montre clairement sa détermination. A 20 ans, il intègre l'Idhec (l'ancienne Femis) et choisit l'option réalisation. Le jeune homme prend le passage obligatoire de l'armée, effectuant son service militaire au département cinéma, maniant ainsi la caméra en bon patriote. Cette expérience lui permet de consolider ses acquis et, en 1965, le soldat Miller abandonne le képi pour l'échanger contre une place bien méritée d'assistant réalisateur.

 

Il se plie alors aux exigences de réalisateurs confirmés comme Jean-Luc Godard qui l'emmène surfer sur la Nouvelle Vague le temps d'un Week-end. Celui-ci partage ensuite ses fonctions avec Gérard Pirès sur Martin Soldat, de Michel Deville ; Pirès lui demandera d'ailleurs par la suite de l'assister sur ses propres films ( Fantasia chez les Ploucs).

 

Encore une amitié qui se profile à l'horizon, avec François Truffaut qui l'engage comme directeur de production sur plusieurs de ses films dont L'Enfant sauvage, et même producteur sur, L'Histoire d'Adèle H.. Son expérience dans la production ne s'arrête pas là puisque son épouse, Annie Miller, dirige sa propre maison depuis 1992 (Les films de la Boissière), et lui-même soutient activement la diffusion et l'exportation d'oeuvres européennes, à travers ses fonctions de président d'Europa Cinema. L'apprenti cinéaste se décide enfin à passer derrière la caméra, son objectif initial. Grâce à des artistes de renom, le jeune homme se construit un entourage solide et peut enfin récolter les fruits de ces années d'anonymat.

 

Souvent auteur de ses oeuvres, Claude Miller dirige enfin seul ses premiers comédiens, et pas les moindres, le cinéaste ayant un véritable instinct pour choisir ceux qui incarnent ses personnages. Pour son premier long métrage, La Meilleure Façon de marcher, celui-ci n'hésite pas à opposer un Patrick Bouchitey, alors débutant, à un Patrick Dewaere viril et assuré ; les deux hommes se livrent une lutte psychologique centrée sur l'homosexualité, sur fond de colonie de vacances. Miller affiche la couleur : thèmes tabous et controversés (la pédophilie dans La Classe de neige), violence et personnages crus, bruts et brusques. Le cinéaste choque avec des oeuvres longtemps censurées ou étiquetées politiquement incorrectes ; une image sans compromis assumée.

 

Ce dernier s'essaye ensuite au polar, avec Dites-lui que je l'aime, dans lequel il fait sombrer Gérard Depardieu dans la démence et la folie meurtrière. En 1981, il fait subir à Michel Serrault une Garde à vue interminable le soir du Nouvel An, une séquestration orchestrée par Lino Ventura : huit nominations aux Césars, le film en remporte quatre, dont celui de meilleur scénario. On ne change pas une équipe qui gagne, telle est la devise de Claude Miller, fidèle collaborateur de Serrault qu'il rebaptise « L'Oeil », un détective privée sur les traces d'une jeune meurtrière, Isabelle Adjani, avec laquelle il s'engouffre dans une Mortelle Randonnée.

 

Changement d'itinéraire en 1985 : le réalisateur préfère suivre cette fois la carrière de Charlotte Gainsbourg, sa muse sur L'Effrontée et La Petite Voleuse, dans lesquels la jeune fille découvre son potentiel d'actrice à travers sa quête d'identité, perdue dans les méandres de la crise d'adolescence. Il filme les femmes, dévoilant tous leurs mystères, leurs contradictions, leurs excès, leurs faiblesses, leur force et leur naïveté dans des films parfois noirs comme Betty Fisher et autres Histoires.

 

Dans La Petite Lili, une adaptation de La Mouette de Tchékhov, le réalisateur plonge Ludivine Sagnier dans l'univers du cinéma, semé de faux-semblants et d'égoïstes ( Jean-Pierre Marielle, Nicole Garcia, Bernard Giraudeau), où Miller sonde avec justesse les croisements et décroisements amoureux d'une génération à l'autre.

 

Cinéaste réputé et reconnu (il est très souvent cité aux Césars et à Cannes), Claude Miller mise en 2007 sur un duo charismatique entre Cécile de France et Patrick Bruel avec lesquels il partage Un Secret. En 2008, le réalisateur tourne le documentaire Marching Band. En suivant ces orchestres étudiants, dans le contexte des élections présidentielles aux Etats-Unis, Miller s'intéresse à la jeunesse américaine.

Après cette petite aparté documentaire, il revient à la fiction et au drame familiale avec Je suis heureux que ma mère soit vivante, écrit et réalisé à quatre mains avec son fils Nathan.

 

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