Sam Mendes |
Né le 1er août 1965 à Reading (Angleterre).
Il déboule en 1999 avec un OVNI, sorti de nulle part: American Beauty. Chronique acerbe, ironique et sans complaisance d'une banlieue bourgeoise et « cozy » américaine, ce premier film impose un cinéaste raffiné, aux propositions visuelles poétiques et précieuses. Il y offre à Kevin Spacey son premier (dernier?) vrai grand premier rôle, qui lui valut l'Oscar du meilleur acteur. Et pourtant, on oublie souvent que Sam Mendes a, derrière lui, une longue et prolifique carrière théâtrale des 2 côtés de l'Atlantique.
D'origine portugaise, Sam Mendes fait ses premières armes, à la fin de ses études, en proposant d'innovant stages théâtrales, avant de se retrouver, en 1992, à la Royal Shakespeare Company. A 25 ans, il a comme tuteur de futurs grands cinéastes anglais, comme Danny Boyle et Nicholas Hytner, et dirige deux de plus grands acteurs des Royaume-Uni: Judi Dench et Ralph Fiennes. De fil en aiguille, il devient directeur artistique du Donmar Warehouse Theater, à Londres, programmant autant d'auteurs divers que Shakespeare, Stephen Sondheim ou Tennessee Williams. Sa marque de fabrique est de réussir à attirer des grandes stars dans son théâtre, du genre à vouloir absolument montrer de quel bois elles se chauffaient. L'un des épisodes les plus marquant est celui de Nicole Kidman. Dans une performance aux multi-rôles dans The Blue Room met tout le monde à genoux.
C'est son Tony (récompense théâtrale), pour Cabaret, qui convainc Steven Spielberg de proposer à Mendes le scénario d'American Beauty. A ce moment, Dreamworks est le seul studio à avoir fait suite au scénario de l'auteur de sitcom, Alan Ball. Le budget est mini, le succès est maxi, resté longtemps à l'affiche, récoltant au passage 5 Oscars, dont celui du meilleur film. Cette réussite cinématographique ne freine en rien l'activité théâtrale de Mendes, laissant de côté bon nombre de propositions scénaristiques, non dénués d'intérêts (ex: il laisse passer Confessions d'un homme dangereux, de Charlie Kaufmann, qui deviendra la 1ère réalisation de George Clooney).
Il passe à un stade supérieur, en 2002, avec les Sentiers de la Perdition, s'attaquant au film de gangsters, inspiré du roman graphique de Max Allan Collins. Le budget est plus conséquent, avec de grosses stars, Tom Hanks, Paul Newman et Jude Law. Sam Mendes devient ici une valeur sûr du box-office, proposant des films pas toujours avenant. On le voit avec le suivant, Jarhead: la fin de l'innocence (2005), premier film à traiter de la deuxième guerre en Irak, au travers du parcours de GI durant la première. A travers une direction d'acteurs toujours plus exigeante, la charte esthétique de Mendes s'affirme de plus en plus: cadres austères et rigoureux, lumière glaçante et cotonneuse, filmant des personnages blafards, démotivés, évoluant dans un rythme aérien, presque languissant. Si la totalité du film permet de poser quelques réserves sur l'efficacité de ce procédé de l'attente, Jarhead est un film plutôt courageux, le premier à crever, très tôt, le tabou des erreurs américains post-11 septembre. Le plus ironique est que s'est l'anglais Mendes qui propose cette lecture de l'histoire présente américaine, au sein d'un studio américain.
En 2008, Sam Mendes revient avec Les Noces rebelles, dirigeant pour la première fois au cinéma, son épouse Kate Winslet et Leonardo DiCaprio.
Avec Away we go, Mendes propose un road-movie sentimental sur un couple attendant leur premier enfant et qui part à la recherche du meilleur endroit pour l'élever. Si le réalisateur revient sur les relations de couples, déjà abordées dans American beauty et Les Noces rebelles, il en offre une vision totalement différente, notamment grâce aux deux acteurs John Krasinski et Maya Rudolph.
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