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Jean-Pierre Melville

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Biographie

Maître du film noir français, source d'inspiration pour de nombreux réalisateurs, une renommée internationale en à peine treize films, Jean-Pierre Melville aura marqué le cinéma malgré une trop courte carrière.

 

Né dans une famille juive sous le vrai nom de Jean-Pierre Grumbach, le cinéaste se passionne dès son plus jeune âge pour le septième art par le biais des films américains de Flaherty et Lloyd. Il rejoint Londres à 20 ans pour y faire son service militaire. C'est à ce moment qu'il prend le pseudonyme de Melville, en hommage à l'écrivain Herman Melville père de Moby-Dick.

 

De retour en France, après la guerre, Melville fait tout pour obtenir une carte d'assistant réalisateur qui lui est refusée. Il ne baisse pas les bras et commence à tourner par ses propres moyens en s'inspirant de ses idoles américaines. Ainsi en 1946, le cinéaste réalise son premier court métrage 24 heures de la vie d'un clown mais c'est Le silence de la mer qui le fait connaître et lance sa carrière. Remarqué par Jean Cocteau en 1950 il réalise pour lui Les enfants terribles ce qui lui permet de racheter un vieil entrepôt à Paris et d'y créer les studios Jenner suite à une promesse qu'il s'était faite durant la guerre. C'est ici qu'il réalise la plupart des décors d'intérieur de ses prochains films dont Quand tu liras cette lettre où il met en scène Juliette Gréco face à Philippe Lemaire.

 

Melville se tourne alors vers le genre policier où meurtres et ambiance noire se mêlent pour donner le cinéma si particulier qu'on lui connaît. Bob le flambeur marque le début de ce nouveau départ. Suivent Deux hommes à Manhattan où il tient le rôle d'un flic assoiffé de vengeance puis Léon Morin, prêtre qui marque les débuts de la collaboration du cinéaste avec son acteur fétiche Jean Paul Belmondo. Ils se retrouvent en 1962 pour Le Doulos, où Bebel règle ses comptes avec ceux qui l'ont poussé en prison, puis l'année suivante pour L'Aîné des Ferchaux.

 

Connu pour sa mauvaise humeur, sa maniaquerie obsessionnelle et son grand souci du détail, Melville n'est pas très apprécié des acteurs qu'il engage. Ainsi Lino Ventura tourne L'armée des ombres sans lui adresser un mot. De plus sous ses airs de mégalomane tout droit sorti d'un film américain des années 30, Melville est très puritain, militant contre la pornographie à l'écran grâce à sa place au comité de censure.

 

Cela ne l'empêche pas de devenir l'idole de la nouvelle vague et d'obtenir un rôle dans A bout de Souffle. En parallèle il fait de Alain Delon sa nouvelle coqueluche et le fait tourner dans Le Samouraï en tueur à gages défiguré puis dans Le cercle rouge face à Bourvil dans son ultime rôle.

 

Melville s'éteint en 1973 après avoir réalisé Un flic où il retrouve une dernière fois Delon dans l'un de ses plus grands rôles. En 2001, Alain Corneau lui rend hommage en réalisant un remake de l'un des meilleurs films du cinéaste Le deuxième souffle.

 

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