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Bruno Podalydès

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Biographie

Indissociable de son petit frère Denis, alter ego extraverti, Bruno Podalydès, le perfectionniste anxieux, a apporté un vent de fantaisie dans la comédie française dès le début des années 90. Se disant fortement marqué par Alain Resnais et Howard Hawks, leurs films, écrits à quatre mains, associent comédie humaine un brin décalée, fondée sur des seconds rôles insolites et surtout la présence de Denis, boule de nerfs farfelu, et univers à l'esthétique précise, très marquée par la « ligne claire » belge et la vigueur de héros malicieux et universel (Tintin, Spirou et Fantasio, Mandrake le Magicien, etc...).

 

Bruno Podalydès fait ses premières armes avec des films d'entreprises pour Air France, y faisant jouer Denis, ce qui lui permet de rencontrer des acteurs constituant la base de leur future famille de cinéma : Jean-Noël Brouté, Isabelle Candelier et Patrick Ligardes. Après avoir réalisé deux courts-métrages sans Denis ( Le Dernier Mouvement de l'été en 1989 et Vertiges en 1992), Bruno se révèle avec Versailles Rive-Gauche débutant une future trilogie sur leur ville de prédilection. Ce moyen-métrage met en scène la tentative d'un jeune homme (Denis), vivant près du métro Versailles rive-gauche, pour passer une soirée tranquille avec une future conquête. Malgré un Prix du public au prestigieux festival du court-métrage de Clermont-Ferrand et un César du meilleur court-métrage, la consécration publique se fait attendre. Après un autre court-métrage en 1994, Voilà, Bruno réalise Dieu seul me voit en 1998, premier long-métrage, et deuxième volet de sa trilogie, au pitch woodyallenien : un ingénieur du son, indécis de nature, n'arrive pas à faire le choix entre trois femmes très entreprenantes. Là encore, il met en scène Denis, qui signe les dialogues, affirmant bien cette alchimie fraternelle entre rigueur et précision technique de l'aîné, et liberté et souplesse du cadet. Mais c'est en 2001 que la fratrie explose réellement, dans Liberté-Oléron. Enorme succès critique, ce film chronique les vacances d'un famille à l'île d'Oléron, où le père, lassé des jeux de plage, décide d'acheter un voilier sans rien connaître de la navigation. On peut même y noter la présence de Giorgos Arvanitis, le directeur de la photographie de Theo Angelopoulos.

 

Les deux films qui suivent semblent concrétiser la digestion des influences de Bruno et Denis, en adaptant deux aventures d'un héros de leur enfance, le journaliste-enquêteur Rouletabille (de Gaston Leroux) dans Le Mystère de la chambre jaune (2003) et Le Parfum de la dame en noir (2005). Dans ce diptyque, il y est possible d'y voir une adaptation non officielle de Tintin ou même de Spirou et Fantasio : l'asexualité ainsi que la pugnacité des héros, le charme désué des répliques, un visuel proche des cadrages de la bande-dessinée avec des couleurs très fortes et des lignes de force très claires. En plus des figures devenues récurrentes dans ses films, Bruno Podalydès emprunte à Alain Resnais ses acteurs eux aussi récurrents: Pierre Arditi, Sabine Azéma et Claude Rich. Cette fois-ci, les deux films connaissent un succès critique et public.

 

Après ces trois films, les deux frères ramènent tous leurs nouveaux amis à Versailles pour conclure la trilogie « versaillaise » dans Bancs publics (Versailles Rive-Droite) en 2009, un film chorale au casting monstre, assemblant la « famille » des anciennes figures avec les plus récentes, et enfin des présences inédites ( Catherine Deneuve ou bien Benoît Poelvoorde). Entre-temps, Bruno Podalydès seconde Alain Resnais sur le tournage de Coeurs, sa présence rassurant les producteurs sur la bonne fin du film, à cause du grand âge de Resnais (83 ans à l'époque). Ce dernier lui a donc confié la réalisation de la fausse émission de TV « Ces chansons qui nous ont marqués », apparaissant tout au long. De plus, il participe au film à sketches Paris, je t'aime (Montmartre).