Michel Piccoli |
Né le 27 décembre 1925 à Paris (France).
Cela fait maintenant plus de cinquante ans que Michel Piccoli promène sa silhouette de dandy décontracté et cultivé dans les salles et sur les planches, jouant à la perfection le bourgeois élitiste et séducteur. On le retrouve dès l'après-guerre déjà très productif, jouant les seconds rôles dans les films de Christian-Jaque, René Clair, Jean Delannoy ou Renoir, et les premiers au théâtre de Babylone, et au sein des compagnies Renaud-Barrault et Grenier-Hussenot. C'est donc déjà un comédien éclectique et confirmé que va découvrir le public dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville et surtout dans Le Mépris, ou il forme avec Brigitte Bardot un des couples les plus célèbres du cinéma français. Ce rôle d'artiste intellectuel va alors devenir récurrent dans sa filmographie et on en retrouvera des réminiscences jusque dans ses derniers films, comme Je rentre à la maison de son compagnon de cinéma Manuel de Oliveira.
Si les spectateurs le remarquent notamment pour son interprétation du séducteur Don Juan à la télévision, en 1965, les cinéphiles retiennent surtout la série de films qu'il tourne pour Luis Bunuel de La Mort en ce jardin en 1956 jusqu'aux derniers sursauts surréalistes du cinéaste avec Le Fantôme de la liberté en 1974. Il ira même reprendre pour d'autres des compositions et des rôles qu'il effectua pour Bunuel, rejouant quarante ans plus tard pour Oliveira l'observateur malicieux des perversions de Deneuve dans Belle de jour.
Acteur extrêmement fidèle à ses réalisateurs, Piccoli tourne aussi volontiers pour Sautet, qui se reconnaît dans les compositions de l'acteur ( Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs, Vincent, François, Paul et les autres) ou Ferreri, pour lequel il incarne les différentes formes d'excès installés dans notre société ( Dillinger est mort, La Grande Bouffe, La Dernière Femme). Plus récemment, Piccoli apparaît fréquemment dans les films de Rivette, Iosseliani ou Oliveira.
C'est naturellement mais tardivement que l'acteur s'est tourné vers la mise en scène, réalisant deux courts métrages au début des années 90, avant de se lancer dans le long en 1997, avec Alors voilà. Suivront deux autres films, La Plage noire et C'est pas tout à fait la Vie dont j'avais rêvé, au surréalisme inquiétant, poétique mais comportant toujours une touche d'humour.
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