Gary Cooper |
Né le 7 mai 1901 à Helena, Montana (Etats-Unis).
Gary Cooper, icône du cinéma classique hollywoodien et un des rois du western, est né dans le Montana de parents anglais. Son père, juge, y possède un ranch dans lequel Cooper, adolescent, fait l'expérience des grands espaces, chevauchant en solitaire pendant des heures. Le jeune homme rêve de devenir peintre, sans succès. Il s'essaie donc à divers métiers avant de devenir figurant et cascadeur à Hollywood. Il est alors le plus souvent employé dans des petits westerns. En 1925, il change son prénom: Frank James Cooper devient Gary Cooper.
En 1926, il est crédité pour la première fois pour son rôle dans Barbara, fille du désert d' Henry King, une production de Samuel Goldwyn (à qui il accordera sa confiance à de nombreuses reprises). La Paramount prend le jeune Cooper sous contrat et, l'année suivante, il se fait de nouveau remarquer pour son bref rôle d'aviateur dans l'épopée aérienne Les Ailes du vétéran William Wellman . En 1929, The Virginian, son premier film entièrement parlant, est un gros succès. Gary Cooper devient alors une des plus grandes stars masculines des années 30.
La carrière de Cooper est lancée, il est le nouveau héros de l'Amérique. En 1930, en beau légionnaire, il fait face à Marlene Dietrich dans son premier film américain, le mélodrame orientaliste Coeurs brûlés, réalisé par Josef von Sternberg. Il est aussi la vedette du film de gangsters Les Carrefours de la ville, une des premières vraies grandes réussites artistiques de l'âge parlant ( Mamoulian tente d'y libérer la caméra du statisme imposé par le tournage sonore).
Et puis, Cooper est l'un des trois héroïques Lanciers du Bengale dans le film d' Henry Hathaway, il est le trafiquant d'armes du Général est mort à l'aube de Lewis Milestone, il est Marco Polo dans le film d' Archie Mayo. Il retrouve le sable chaud du Sahara dans Beau Geste. Cecil B. DeMille fait appel à lui pour quatre de ses superproductions épiques: Une Aventure de Buffalo Bill, Les Tuniques écarlates (son premier film en couleurs), L'Odyssée du docteur Wassell et Les Conquérants du nouveau monde.
Ami intime d' Hemingway, il triomphe dans deux adaptations du romancier: en 1932, il est l'ambulancier Frederick dans le douloureux L'Adieu au drapeau réalisé par Frank Borzage et, dix ans plus tard, le révolutionnaire Robert Jordan dans le flamboyant Pour qui sonne le glas, réalisé par Sam Wood en pleine seconde guerre mondiale. En 1935, il tient le rôle-titre de Peter Ibbetson, drame passionnel acclamé en France par les surréalistes qui y virent un des plus beaux poèmes d'amour fou jamais écrits. En 1936, il retrouve Frank Borzage et Marlene Dietrich au générique de Désir.
Vedette dont le nom est synonyme d'aventures exotiques et de drames passionnés, Cooper se montre aussi à l'aise dans le domaine de la comédie. Il est par exemple l'un des huit héritiers de Si j'avais un million et Ernst Lubitsch, le roi du genre, fait de lui le peintre George dans le triangle amoureux de Sérénade à trois et le milliardaire Michael Brandon dans La huitième femme de Barbe-bleue. Sous la direction de Frank Capra, il personnifie L'extravagant Mr Deeds et L'Homme de la rue. Howard Hawks le met en scène dans sa comédie Boule de feu.
En 1942, alors que la seconde guerre mondiale fait rage, Gary Cooper remporte l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation de l'authentique héros de 1918 Alvin York dans Sergent York d'Hawks. Après ce film, il enchaine avec un de ses rôles les plus populaires: celui du joueur de baseball Lou Gehrig dans Vainqueur du destin. En 1947, à la fin du tournage des Conquérants du nouveau monde, Gary Cooper quitte la Paramount après vingt ans passés au sein de la compagnie. Au tournant des années 50, pour la Warner, il est l'architecte Howard Roark (inspiré de Frank Lloyd Wright) dans Le Rebelle de King Vidor et Brant Royle le Roi du tabac dans le film de Michael Curtiz.
En 1952, Cooper est le sheriff Will Kane, errant à travers la ville déserte, abandonné de tous, dans le célèbre Train sifflera trois fois de Fred Zinnemann. Dans cette parabole engagée dénonçant le maccarthysme et la solitude des blacklistés, Cooper n'hésite pas à se montrer tel qu'il est, vieilli et fatigué, et n'en est que plus bouleversant. La séquence finale, après le règlement de comptes, où il jette dans la poussière son insigne de sheriff avant de s'éloigner est restée dans la mémoire de tous les cinéphiles. Gary Cooper obtient pour ce film une seconde fois la statuette du meilleur acteur.
Dans les années 50, Cooper affirme une prédilection pour le western, genre dans lequel il a débuté et auquel il a été fidèle, même quand il n'était pas populaire ( Une Aventure de Buffalo Bill en 1936, Le Cavalier du désert en 1940). Aux côtés de bandes routinières mais solides comme Dallas, ville frontière ou La Mission du commandant Lex, il est à l'affiche de films qui sont autant de jalons dans l'histoire du western. Parmi ceux-ci, mentionnons Les Aventures du capitaine Wyatt, remake situé dans les Everglades en 1850 que Raoul Walsh donne à son film de guerre Aventures en Birmanie et la fable épurée qu'est Le Jardin du diable d'Henry Hathaway.
Il est aussi la vedette de Vera Cruz, le western picaresque très cynique et très insolite de Robert Aldrich et il se distingue en père de famille quaker plongé dans la tourmente de la guerre de Sécession dans La Loi du Seigneur de William Wyler. En 1958, Anthony Mann fait appel à Cooper pour L'Homme de l'Ouest, film fantomatique, crépusculaire qui annonce la mort prochaine du western. Cooper ne néglige pas pour autant les autres genres: il fait face à Audrey Hepburn dans Ariane de Billy Wilder ou à Charlton Heston dans Cargaison dangereuse de Michael Anderson. Atteint d'un cancer, Cooper se montre chaque fois plus ravagé par la maladie.
Son dernier film, La Lame nue, est tourné en Angleterre en 1961. En avril, alors qu'il est déjà cloué à son lit d'hopital, il se voit décerner un oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Il meurt moins d'un mois plus tard. Cooper est de ces acteurs qui dominent le cadre par leur simple présence et leur jeu sobre et naturel. Avec sa disparition, c'est une page de l'histoire du cinéma américain qui se tourne. En 1969, dans son roman “Adieu, Gary Cooper”, Romain Gary résume parfaitement ce que ce décès signifiait: “C'est fini, Gary Cooper. Fini pour toujours. Fini, l'Américain tranquille, sûr de lui et de son droit, qui est contre les méchants, toujours pour la bonne cause, et qui fait triompher la justice et gagne toujours à la fin. Adieu l'Amérique des certitudes. Maintenant, c'est le Viet Nam, les universités qui explosent, et les ghettos noirs. Ciao, Gary Cooper”.
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