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Sean Connery

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Biographie

Sean Connery est devenu au fil des ans une icône du XXe siècle, à l'œuvre aussi impressionnante par sa variété – rares sont les cinéastes importants pour lequel l'acteur n'a pas tourné – que pour la constance de son personnage et de son jeux. Au-delà des genres et des styles, c'est souvent le même type d'aventurier distingué aux traits durs que l'on retrouve dans ses films. Si l'acteur s'est illustré en étant le premier et sans doute le plus populaire des James Bond, il a miraculeusement réussi à échapper à un rôle trop étroit selon lui et à montrer ses talents au cours d'une carrière qui compte plus de 80 films.

 

L'éclectisme de ses rôles n'a d'équivalent que la variété des métiers qu'il exerce dans sa jeunesse, et qui lui apprennent une rigueur et un savoir-faire qui lui permettront d'avoir l'air à l'aise et à sa place dans toutes les circonstances et dans n'importe quel rôle. Il sert pendant trois ans dans la Marine, puis gagne sa vie en exerçant les métiers les plus improbables : laitier, routier, maçon, ouvrier métallurgiste, maître nageur et même vernisseur de cercueils. Il joue également dans une équipe de foot semi-professionnelle, représente l'Écosse dans un concours Monsieur Univers et travaille comme modèle.

 

Attiré par le théâtre et les arts dramatiques, il écume parallèlement les planches de Londres et les plateaux de télévision britanniques avant d'enchaîner des rôles d'importance variable au cinéma dans des films comme le rapide Train d'enfer ou l'osé La Plus Grande Aventure de Tarzan avant de partager l'affiche avec Lana Turner dans Je pleure mon Amour. Mais les choses sérieuses commencent vraiment en 1962, quand l'acteur dit oui à Dr. No.

 

Fin 1961, Sean Connery a rompu son contrat avec la Fox et arrive difficilement à vivre. Lorsque le romancier Ian Fleming et les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli proposent à l'acteur d'incarner un agent secret dans une série B à petit budget, l'Ecossais est prêt à tout pour se faire engager. Et si le personnage de Ian Flemming n'avait jamais marché en dehors de ses romans, cette nouvelle incarnation de James Bond est un succès surprise mondial. La désinvolture décontracté de l'acteur face à l'adversité, son port élégant et noble en toute circonstance, son air détaché et ironique couplé à une attitude toujours prompte à l'action – et ce quelle qu'elle soit – fait de Sean Connery le James Bond le plus apprécié des fans et de 007 un mythe cinématographique aussi éternel que les diamants.

 

La même équipe rempile l'année suivante avec encore plus de succès en envoyant de Bons Baisers de Russie, puis l'année d'après avec Goldfinger, et encore la suivante avec Opération Tonnerre. Si le public est de plus en plus présent, Sean Connery commence à se lasser du rôle, et gronde de voir ses talents d'acteur écrasés par l'accumulation de gadgets et d'effets spéciaux dont se pare la série. L'acteur multiplie les expériences en dehors de la franchise et déclare qu' On ne vit que deux Fois son dernier Bond. Il faudra une bien alléchante proposition financière pour le convaincre de reprendre son rôle en 1971 dans Les Diamants sont éternels, tant l'ennui de l'acteur et le mépris pour son personnage est alors grand. Cependant, Sean Connery ne résistera pas à la tentation de reprendre son smoking d'agent secret dans le tardif Jamais plus jamais, qui porte en 1983 bien mal son titre, tant l'acteur avait juré qu'on ne le reprendrai plus dans ce rôle encombrant. Le film est souvent lu comme un exorcisme nécessaire pour Connery, étonnant en James Bond vieillissant.

 

Mais en 1971, c'est une seconde vie comme acteur qu'a déjà commencé Sean Connery, plus satisfait de jouer pour Hitchcock, Lumet ou John Huston que de servir secrètement sa majesté. Et puisqu'on ne vit que deux fois, l'acteur se presse d'entamer une seconde carière à même de le distinguer de rôle d'agent secret. Entre 1962 et 1971, et ce dès que son contrat le permettait, Sean Connery quittait les plateaux des James Bond pour diversifier ses performances afin d'éviter de se retrouver piégé dans son personnage. En 1964, l'acteur accepte – après avoir exigé de lire le scénario ! - le rôle d'aristocrate que lui propose Alfred Hitchcock et rejoint Tippi Hedren sur le tournage du drame psychologique Pas de Printemps pour Marnie. Cette expérience montre l'exigence et le perfectionnisme de l'acteur, qui va alors minutieusement choisir ses rôles, à moins qu'un besoin monaitaire ne le pousse à ocasionellement à accepter des rôles moins prestigieux. C'est alors une série de collaborations fécondes que va commencer l'acteur avec plusieurs cinéastes prestigieux. Il s'associe à cinq reprises à l'engagé et carré Sidney Lumet, pour le choral et militaire La Colline des hommes perdus, l'amusant film de braquage Le Gang Anderson et le Crime de l'Orient-Express. Il est aussi impressionant dans le méconnu et oppressant The Offence, dans lequel, il est en mesure de montrer toute l'étendue de son talent en flic qui se métamorphose en véritable tortionnaire. Il retrouve le cinéaste des années plus tard pour Family Business.

 

Enfin libéré de son encombrant personnage d'espion en 1971, l'acteur va alors interpréter des rôles aux antipodes de Bond. Impossible en effet de confondre le matricule 007 avec Zed, le héros du futur apocalyptique de Zardoz, ou avec le chef berbère El Raisuli Le Magnifique dans Le Lion et le vent de John Millius. Plusieurs de ses rôles marquent les années 70 : sa vision de Robin des Bois dans La Rose et la flèche de Richard Fleischer apporte maturité et crédibilité au personnage, alors que son interprétation d'un colon britannique qui essaie de prendre le pouvoir dans le lointain Kafiristan, aux côtés de Michael Caine, tétanise dans le Kiplinien L'Homme qui voulu être roi de John Huston. Les années 80 sont encore marqués par l'éclectisme de ses choix. Il se fait voleur de génie pour Michael Chrichton dans le victorien La Grande attaque du train d'or, shérif spatial dans le western SF Outland, dénonce l'intolérance religieuse dans Le Nom de la rose, thriller moyen-âgeux de Jean Jacques Annaud, combat la pègre pour Brian De Palma dans Les Incorruptibles et s'enferme dans un sous-marin pour John McTiernan dans À la poursuite d'Octobre Rouge.

 

Avec l'âge, Sean Connery aime à jouer des rôles d'aventuriers aguerris, de respectables maîtres soucieux de transmettre leur savoir à la jeune génération. Il forme ainsi le jeune McLeod dans Highlander, incarne le père d'Indiana Jones dans La Dernière croisade, et, plus tard, encourage les talents d'un jeune génie littéraire dans A la rencontre de Forrester de Gus Van Sant. Mais au cours des années 90, si elles sont riches en succès que l'acteur produit aussi ( Rock, Haute Voltige, La Ligue des Gentlemen extraordinaires), l'acteur s'efface peu à peu, et se montre de moins en moins intéressé par le cinéma, comme s'il avait conscience que son incroyable carrière est derrière lui. Anobli en 2000, son combat pour l'indépendance de l'Ecosse l'intéresse alors d'avantage que les films, et ses apparitions sur le grand écran se font de plus sporadiques.

 

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