Ethan Coen |
Né le 21 septembre 1957 à Minneapolis, Minnesota (Etats-Unis).
Impossible de séparer Ethan Coen de son frère Joel, tant l'ensemble de leur œuvre leur est commune. Si l'on chuchote que Joel se concentre sur la mise en scène, alors qu'Ethan est plus doué pour l'écriture et la production, il est impossible de fragmenter leur travail et d'attribuer à l'un plutôt qu'à l'autre la paternité d'un de leur film ou de singularité de leur univers. Rarement une collaboration n'aura été sur la durée aussi fusionnelle sur le plan artistique, puisque les deux frères ont commencé à travailler ensemble sur leurs premiers scénarii et ne se sont pas quitté depuis.
C'est pourtant un autre nom que celui de son frère que l'on peut associer au début de leur carrière, puisque leur première collaboration prend forme grâce à un ami de Joel, Sam Raimi, qui porte à l'écran, tout auréolé du succès d' Evil Dead, un de leur scénario Mort sur le grill. Le réalisateur de Spider-Man restera un proche des frères Coen, et fera même quelques caméos dans leurs films. Entre temps, le duo s'est déjà lancé dans la préparation de leur premier film : Sang Pour Sang, dont ils assurent comme sur leurs œuvres à venir, l'écriture, la réalisation, la production et le montage. Dès ce coup d'essai, leur univers est déjà là : l'Amérique profonde, ses personnages lâches et ridicules, qui se cachent sous des mythes mis à nus avec cynisme, intelligence et ironie.
Leur carrière est alors lancée, maniant l'humour noir avec aisance, les frères Coen font de Nicolas Cage un évadé de prison décalé dans Arizona Junior, avant de réaliser Miller's Crossing, un polar désespéré mais souvent hilarant grâce à des seconds rôles géniaux dans leur pathétisme (dont John Turturro, présent dans la quasi-totalité des films des deux frères). Barton Fink développe un univers kafkaïen en présentant le quotidien d'un scénariste sans le sous dans le Hollywood des années 40 à la manière d'un cauchemar absurde. La rencontre entre Turturro et John Goodman séduit le jury du festival de Cannes, qui accorde aux cinéastes la palme d'or pour ce film en 1991.
Le Grand Saut s'inscrit dans cette veine absurde mais dans une tonalité plus comique alors que Fargo marque le retour des deux frères aux sources de leur cinéma : le polar noir et grinçant. Le film se joue des codes du thriller et se moque de ses mythes en présentant de pathétiques losers qui accomplissent de médiocres actions en espérant avoir un peu de chance pour une fois. Alternant souvent un film noir avec une comédie plus légère, les réalisateurs mettent alors en scène Jeff Bridges en vieil hippi complètement anachronique et à côté de la plaque dans The Big Lebowski.
Les films suivants confirment la fibre humoristique des frères Coen, dont le style est alors immédiatement reconnaissable : l'Homérique O'Brother et le cynique Intolérable Cruauté avec George Clooney, le remake décontracté de Ladykiller avec Tom Hanks ou le plus sérieux The Barber avec Billy Bob Thornton. En 2007, le film noir à l'humour désespéré refait surface dans la filmographie des cinéastes, avec No Country for Old Men, qui adapte tout en personnalisant ses thématiques, un roman de Cormac McCarthy. En 2008, il est encore question d'humour avec la comédie loufoque Burn After Reading, réunissant un casting de prestige : George Clooney, Brad Pitt, John Malkovich, Frances McDormand...
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