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Jean-Paul Civeyrac

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Biographie

Etudiant en philosophie à l'université de Lyon III, Jean-Paul Civeyrac présente à cette occasion une maîtrise sur le film d'opéra, et ce sujet d'étude devient l'une des clés de son cinéma par extension, puisqu'il prête une attention particulière au choix de ses musiques, qu'il puise dans le répertoire classique. Pensionnaire de la Fémis en réalisation durant ses études, y réalisant son film de fin d'étude La Vie selon Luc en 1991. Il retrouvera les chemins de la prestigieuse école de cinéma en 1999, puisque le natif de la Loire y co-dirigera le département réalisation pendant onze ans aux côtés de Claire Simon.

A la fin de ses études, sa rencontre avec le producteur Philippe Martin l'encourage à persister dans le cinéma, et il passe au long métrage en 1996 avec Ni d'Eve ni d'Adam, fuite en avant de deux adolescents originaires d'une cité difficile dans un monde de violence sourde que Civeyrac filme avec lyrisme. Le deuxième long métrage du metteur en scène, Les Solitaires, marque l'œuvre de son auteur d'une nouvelle économie, puisque son sujet est tourné en numérique dans un unique décor. On remarque chez le réalisateur un vrai talent pour filmer les corps et les expressions figées, avec beaucoup de sensualité. C'est cette même propension à filmer les acteurs dans leur physique qui meut son projet suivant, Fantômes, remarqué pour la sensibilité de son acteur principal, Guillaume Verdier, déjà présent dans Ni d'Eve ni d'Adam. C'est par une adaptation que Civeyrac continue de développer une carrière et une filmographie très personnelle, avec la transposition à l'écran d'un roman de Jean de Tinan, Penses-tu réussir, sous le titre Le Doux Amour des hommes. Centré autour d'un héros tourmenté, refusant le bonheur, ce nouveau sujet lui offre l'opportunité de porter à l'écran le spleen et le détachement inhérent à la littérature de la fin du XIXè siècle.

 

Avec Toutes ces belles promesses, en 2003, Civeyrac inscrit la musique au cœur même de son intrigue, puisqu'il est ici question d'un disque d' Edith Piaf comme legs à une inconnue, et de l'histoire d'amour entre une violoncelliste, incarnée par Jeanne Balibar, et un violoniste interprété par Renaud Bécard. Egalement porté par Bulle Ogier au casting, ce film initialement produit pour Arte remporte le Prix Jean Vigo et offre ainsi à Civeyrac une notoriété plus importante. Le réalisateur continue sa collaboration avec la chaîne franco-allemande en 2004 et sort Tristesse beau visage, court métrage dans un style épanoui qui appuie toujours les points forts de sa filmographie : le choix des musiques, la sensualité des corps, la volonté de capter ce qui est fantomatique ou vague, et surtout le privilège de la forme sur le fond. La même démarche anime A travers la forêt, filmé un an plus tard. Jean-Paul Civeyrac continue de tracer son sillon, et Des filles en noir en 2010, ou la sombre dérive de deux adolescentes, lui permet d'exposer son style aux canons du réalisme.

 

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