Vincent Cassel |
Né le 23 novembre 1966 à Paris (France).
Fils du comédien Jean-Pierre Cassel, Vincent Cassel est devenu, en une petite quinzaine d'années, l'un des plus célèbres acteurs du cinéma français, menant désormais sa carrière de front en France et à l'international.
Adolescent, il étudie le chant et le théâtre, suit l'école du cirque Annie Fratellini, et se forme à l'Actor's Institute à New York avant d'entrer dans la troupe de théâtre de Jean-Louis Barrault.
C'est en 1991 qu'il débute véritablement au cinéma dans Les Clés du paradis de Philippe de Broca. Deux ans plus tard, il rencontre Mathieu Kassovitz, avec lequel il tourne Métisse (le film est un échec commercial (mais le personnage d'amoureux juif éconduit joué par Cassel est haut en couleurs), puis La Haine en 1995. C'est grâce à cette collaboration avec le jeune réalisateur à l'occasion de laquelle l'acteur incarne un skin violent et bas de plafond (mémorable scène du miroir où il imite de Niro dans Taxi Driver) qu'il s'impose avec éclat. Il est d'ailleurs nommé à deux Césars pour cette intense prestation : meilleur acteur et meilleur espoir masculin. Cassel et Kassovitz se retrouveront ensemble à l'affiche du Plaisir (et ses petits tracas) en 1998, sorte de « film à sketches » réalisé par Nicolas Boukhrief.
A travers une filmographie éclectique, Vincent Cassel va peu à peu révéler toutes ses facettes d'acteur à la fois très physique (phénomène rare en France) et psychologique, dans des films comme la comédie Ainsi soient-elles, la chronique historique Jefferson à Paris ou le drame sentimental Adultère (mode d'emploi). Il fait la rencontre, sur le drame romantique L'Appartement de Gilles Mimouni, de celle qui deviendra son épouse, l'Italienne Monica Bellucci. D'ailleurs le film dégage les effluves de cette romance naissante, s'imposant, à travers le monde, comme un modèle du genre. Cassel et Bellucci se retrouveront par la suite maintes fois à l'écran, notamment dans la bluette italienne Embrasse-moi Pasqualino, et dans le petit polar français Méditérannées, qui sera très peu vu.
Premier grand rôle en costume pour L'Elève d'Olivier Schatzky, d'après un court roman de Henry James, dans lequel Vincent Cassel incarne le précepteur d'un jeune garçon dans l'Angleterre victorienne. Un film sobre et sombre, aux antipodes du Dobermann de Jan Kounen, dans lequel Cassel expose sa facette « déjantée », incarnant le rôle titre dans cette satire ultra-violente de polar branque. On retrouve le comédien à nouveau dans une composition toute en retenue dans le Jeanne d'Arc de Luc Besson ainsi que dans Elizabeth de Shekhar Kapur, mais il replonge dans le délire comique pour Hôtel Paradiso, signé Adrian Edmondson.
Désormais confirmé dans à peu près tous les registres, Vincent Cassel est à nouveau dirigé par Mathieu Kassovitz dans Les Rivières pourpres. C'est le début d'un cycle de thrillers à la française aux moyens importants, genre qui fera florès pendant quelques années, incluant notamment Le Pacte des loups de Christophe Gans, pour lequel Cassel retrouve Monica Bellucci. Et ce n'est qu'un au revoir car Irréversible, de Gaspar Noé, scelle un partenariat professionnel de haut vol du couple, ce film qui fait scandale à Cannes étant, derrière la provocation et l'horreur qu'il expose (un homme se venge sauvagement du viol de sa femme), un singulier récit amoureux à rebours. Encore un polar, Agents secrets de Frédéric Schoendoerffer) et les amants décident de mettre en stand-by leur complicité à l'écran pour se consacrer, chacun, à sa propre carrière.
Maître du transformisme et de la composition aux petits oignons, Vincent Cassel se mue en employé passe-murailles, ex-taulard repenti qui va se faire manipuler par une jeune femme ambitieuse ( Emmanuelle Devos) dans Sur mes Lèvres de Jacques Audiard (et encore une nomination aux Césars à la clé). Il est aussi, aux côtés de son éternel complice Mathieu Kassovitz, le protecteur russe et mafieux de Nadia (jouée par Nicole Kidman), étrange et agréable comédie qui sort quelque temps avant le gros morceau hollywoodien qui confirme le comédien à l'international, Ocean's Twelve. Cassel hypnotise le public au gré d'une magnifique scène de capoeira chorégraphiée, où il traverse, tel un danseur, une pièce piégée par des faisceaux lasers.
Echec commercial relatif pour les trois films suivants : Blueberry, l'Expérience secrète, pour lequel il retrouve Jan Kounen aux commandes de l'adaptation de cette BD culte, Sheitan, de Kim Chapiron, qu'il coproduit, partenaire depuis de longues années du collectif de cinéastes Kourtrajmé, et enfin Dérapage, un thriller américain où il terrifie la pauvre Jennifer Aniston. Satyre à pattes de bouc dans le nouvel Annaud, Sa Majesté Minor, Vincent Cassel tourne également coup sur coup les deux films qui composent le diptyque « Mesrine » de Jean-François Richet : L'Ennemi public n°1 et L'Instinct de mort. Encore un énorme rôle de composition, à la mesure de la démesure du comédien...
Signalons enfin que cette carrière de haute volée passe également par le dessin animé, Vincent Cassel ayant prêté sa voix aux versions françaises de Shrek, Robots et L'Age de glace 1 et 2.
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