Se connecter | Créer un compte



Vincent Lindon

Ajouter à mes personnalités favorites
 

Biographie

Neveu de Jérôme Lindon, le fondateur des Editions de Minuit, fils d'un grand industriel, Vincent Lindon ne tarde pas à s'émanciper du cercle familial. A 20 ans il s'expatrie de l'autre côté de l'Atlantique, s'installant un temps à New York, puis Boston pour y étudier, entres autres, la musique. Le jeune homme revient rapidement dans son pays natal, passant du statut de journaliste pour Le Matin, à celui de régisseur sur les tournées de Coluche. De fil en aiguille, il tisse ses premiers contacts avec le cinéma, s'improvise aide-costumier sur le tournage du film d' Alain Resnais, Mon Oncle d'Amérique. L'expérience le pousse à s'inscrire aux cours Florent ; Francis Huster, son professeur, le recommande au réalisateur Paul Boujenah, ce qui lui permet de jouer un rôle d'inspecteur dans Le Faucon. Vincent Lindon a alors 24 ans.

 

Durant les années 80, l'acteur passe progressivement d'apparitions dans les téléfilms aux rôles secondaires au cinéma. On le voit dans Notre histoire (de Bertrand Blier), il campe également le personnage du flic gentil et étourdi du film très remarqué de Jean-Jacques Beineix, 37°2 le matin. On le voit aussi dans le long métrage de Claude Sautet, Quelques jours avec moi.

 

Dans la foulée, il collabore avec des cinéastes de renom. En 1988, il décroche un rôle important dans un film de Claude Pinoteau. Il incarne un musicien très amoureux de L'Etudiante en lettres qu'interprète Sophie Marceau. Après avoir reçu le prix Jean-Gabin pour cette composition, le comédien croise la caméra de Claude Lelouch. Ils se retrouveront à plusieurs reprises, notamment dans Il y a des jours... et des lunes, la comédie à succès Tout ça... pour ça.

 

Vincent Lindon révèle ensuite tout son talent d'acteur dans un panel de prestations remarquables, à l'instar de Gaspard et Robinson, ( Tony Gatlif), aux côtés de Gérard Darmon. Cette interprétation touchante lui ouvre les portes de l'univers de Coline Serreau via La Crise. Son rôle de cadre déprimé lui permet de goûter aux joies de la consécration, et lui vaut une nomination au César du Meilleur acteur en 1992. La cinéaste le replonge ensuite dans Chaos, en l'entraînant dans les agissements des réseaux de la prostitution.

 

Le registre social le poursuit. Il tombe dans la fraude pour Ma petite entreprise, une oeuvre de Pierre Jolivet. Frère de Marc, le réalisateur le fait tourner plusieurs fois ( Fred, Je crois que je l'aime). Entre maladresse et insouciance, il aborde également des personnages comiques, comme dans Le Coût de la vie (aux côtés de Fabrice Luchini). On le voit également dans le très beau Vendredi soir, de Claire Denis, au côté d'une étonnante Valérie Lemercier.

 

Il parvient à assumer à la fois sa part de féminité, jusqu'à incarner le rôle délicat d'un travesti dans L'Ecole de la chair , de Benoît Jacquot et son côté profondément masculin au côté de Sandrine Kiberlain dans Le Septième Ciel.

 

Dans L'Irrésolu, on le voit hésiter entre trois femmes, et dans Belle Maman, il tombe amoureux de sa belle-mère le jour de son mariage : psychologie complexe pour cet homme a priori solide mais en réalité fragile, livrant ses angoisses et ses états d'âmes dans La Moustache, un drame inquiétant dans lequel sa femme ( Emmanuelle Devos) et son entourage ne comprennent plus qui il est... Ses contradictions, ses tics, ses failles le rendent d'autant plus attachant en rôle de père dévoilant toute son humanité à travers ses doutes, ses peurs et ses peines dans Selon Charlie, de Nicole Garcia, ou encore dans L'Avion, dans lequel il entretient un lien très fort avec son fils.

 

Véritable caméléon émotionnel, le comédien ne cesse de séduire les réalisatrices, comme c'est encore le cas avec Anne le Ny en 2007, qui le dirige dans Ceux qui restent, une histoire d'amour culpabilisante sur fond d'hôpital, rendant l'idylle impossible. Pour l'occasion, il retrouve Emmanuelle Devos.