Né le 2 novembre 1965 à Avranches (France).
Lorsqu'on pense à Samuel Le Bihan, c'est d'abord son personnage du chevalier Grégoire de Fronsac qui vient à l'esprit. C'est le rôle qu'il tient dans son plus gros succés à ce jour : Le Pacte des Loups, tentative de greffe du plus ambitieux du cinéma d'action asiatique et américain dans un contexte rural et hexagonal. Et c'est avant tout par le corps de l'acteur que passe ce déplacement esthétique, quand son visage on ne peut plus français est recouvert de symboles indiens et que son phrasé théâtral de la france pré-révolutionaire fait place à la gestuelle aussi élaborée que brutale des Wu Xia Pian de Tsui hark. C'est aussi de cette manière que l'emploie Eric Rochant dans Total Western, où son arrivée couvert de cicatrices dans un petit village français qui sert de décor à la réinsertion d'adolescents à problèmes annonce celle de gangsters échappés de films noirs américains.
Le début de carrière de Samuel Le Bihan ne laisse pourtant pas présager une telle filmographie ancrée dans le cinéma de genre français. C'est plutôt dans des films d'auteurs que cet étudiant au cour Florent et membre de l'académie Française entre 1995 et 1997 semble le plus à l'aise. Repéré par René Féret qui lui offre la tête d'affiche de La Place de l'autre, il est révélé par son rôle de photographe dans Rouge de Kieslowski. Il tourne alors pour Régis Wargnier (Une Femme française) ou Laetitia Masson (A Vendre) des drames intimistes qui semblent être son créneau. Mais Samuel Le Bihan va vite montrer qu'un registre plus physique lui convient aussi parfaitement. C'est Tavernier qui va le premier utiliser les ressources physiques de l'acteur, qui aura besoin de tous ses talents de boxer pour jouer un poilu obsédé par la guerre dans Capitaine Conan. Il montre encore dans La mentale, un film moins intellectuel que ne le laisse entendre son titre, ou Fureur de Karim Dridi, dans lequel il interprète le coach d'un boxeur, que les incarnations plus physiques ne lui font pas peur.
Mais c'est dans la comédie que l'acteur va connaître ses rôles les plus populaires en France. Tonie Marshall lui ouvre les portes de son Venus Beauté (Institut) en 1999 et l'acteur s'engouffre dans une série de comédies à sucés : les deux Jet Set qui se moquent de la Jet Set, et 3 Zéros qui incendit le monde du football. Il s'essaye alors à une carrière internationale, et part aux Etats-Unis jouer dans Le Pont du Roi Saint-Louis aux côtés de Robert de Niro et Harvey Keitel et dans Le Dernier Signe, entouré de Andie MacDowell et Tim Roth. De retour en France, Samuel Le Bihan se passionne pour le cinéma d'horreur, et réalise un épisode de la série Sable noir, avant de jouer un tortionnaire néo-nazi et cannibal dans le gore Frontière(s) de Xavier Gens. L'acteur passe de genres en genres puisqu'en 2008, après Jet Set et 3 Zéros, Fabien Onteniente le dirige à nouveau dans la comédie Disco.