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Fritz Lang

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Biographie

Avec d'autres cinéastes allemands fuyant le nazisme, Fritz Lang participe à l'exportation de l'expressionnisme dans l'esthétique hollywoodienne, notamment pour le film noir ( La Femme au portrait, House by the River, Le Démon s'éveille la nuit).

 

Blessé en Italie en 1916 lors de la Première Guerre Mondiale, Lang profite de sa convalescence pour écrire des scénarios, notamment pour Joe May, autre futur expatrié hollywoodien. Le producteur Erich Pommer ne tarde pas à lui donner sa chance, lui permettant de réaliser Le Métis, puis le diptyque des Araig nées, course au trésor Inca entre un sportif de haut niveau et une société secrète. Dès 1922, avec sa femme Thea Von Harbou, il écrit ses plus grands films allemands. Le Docteur Mabuse met en scène un baron du crime, capable de contrôler ses adversaires par la pensée. Les Nibel ungen sont une fresque s'inspirant de la légende de Siegfried. L'adaptation du roman de Von Harbou, Metropolis, invente tout un pan de la science-fiction moderne avec sa ville géante. Les suivants, Les Espions et La Femme dans la Lune, se veulent moins « grandioses » avec l'histoire d'amour passionnée entre deux espions, et l'expédition devant découvrir de l'or sur la Lune. Son premier film parlant, M le Maudit, symptomatique de la montée du nazisme, raconte l'histoire d'un tueur en série ( Peter Lorre) terrorisant un quartier de Berlin, bientôt pourchassé par ses habitants et la mafia locale. En 1933, Fritz Lang réalise Le Testament du Docteur Mabuse, ce dernier parvenant à s'échapper de l'asile où il a été interné précédemment. Peu après, le ministre de la propagande du parti nazi au pouvoir, Goebbels, lui propose d'être le directeur du cinéma allemand. Fritz Lang s'exile, laissant Thea Van Harbou prendre cette place.

En transit en France, il réalise Liliom, où un truand de bas étage meurt lors d'un hold-up, puis revient sur Terre pour une journée afin d'aider sa veuve enceinte, pour ne pas être damné.

 

En 1935, David O. Selznick, producteur à la Fox, lui propose un contrat qui lui donne la nationalité américaine. Son premier film américain, Furie, condamne le lynchage, pratique alors répandue aux États-Unis, mais suite à l'échec public du film, Selznick se brouille avec Lang.

Sa carrière américaine parcourt tous les genres. Du western ( L'Ange des Maudits), au film de guerre ( Guérillas) et les pirates ( Les Contrebandiers de Moonfleet), le film noir reste son domaine de prédilection. Il lui permet de garder un œil sur l'Allemagne contemporaine avec Chasse à l'homme, où un chasseur anglais, en vacances en Bavière, est pourchassé pour avoir eu dans son viseur Adolf Hitler. Dans Espions sur la Tamise, Ray Milland tombe au milieu d'espions nazis en plein Londres, sans oublier sa collaboration avec Bertolt Brecht dans Les bourreaux meurent aussi, sur le complot contre Reinhard Heydrich, adjoint d'Himmler. Lang se lance dans des films sur les méandres de la psychologie humaine, avec La Rue Rouge, remake de La Chienne de Jean Renoir, qu'il produit, Désirs Humains, d'après Zola, jusqu'à Règlement de Comptes.

En 1956, ses deux derniers films américains proposent des intrigues policières plus « classiques », loin des habituelles thématiques freudiennes. La Cinquième Victime montre un reporter à la recherche d'un tueur en série qui terrorise les femmes de New York, et dans L'Invraisemblable Vérité, un écrivain s'accuse d'un meurtre qu'il n'a pas commis dans le but de prouver l'inutilité de la peine capitale.

 

Fritz Lang retourne en Europe en 1959, pour remaker Le Tigre du Bengale et le Tombeau Hindou, films d'aventure se déroulant en Inde. Le Diabolique Docteur Mabuse (1960), ultime volet des méfaits du génie du crime de retour d'entre les morts, est sa dernière réalisation. Pratiquement aveugle, il ne tourne plus jusqu'à sa mort, si ce n'est en tant qu'acteur pour Jean-Luc Godard dans Le Mépris, en réalisateur martyrisé par un producteur ( Jack Palance).

 

Il meurt en 1976, laissant derrière lui l'une des filmographies les plus impressionnantes du Septième Art, dont la cohérence thématique et stylistique fascine encore.

 

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