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Tommy Lee Jones

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Biographie

Tommy Lee Jones est un curieux personnage. Il a du sang comanche dans les veines, huit générations de Texans pur jus derrière lui, un physique rocailleux et la réputation d'un Panzer. Ce qui explique la propension des cinéastes à lui donner des rôles de durs à cuire, du galonné de tous poils au psychopathe, en passant par le vétéran du Vietnam, un comble pour quelqu'un qui s'est fait réformer en 1969 pour éviter de participer au massacre. Dans les années 60, Tommy Lee Jones étudie la littérature anglaise à Harvard, joue du Shakespeare et du Brecht sur les planches, manifeste contre la guerre au Vietnam et file à New York faire carrière au théâtre. Pour boucler ses fins de mois, difficiles, il campe un brave docteur dans le soap de la ABC, On ne vit qu'une Fois. Pendant trois ans.

 

Entre-temps, il débute au cinéma dans Love Story de Arthur Hiller, en 1970. On le voit à peine mais il joue avec Ryan O'Neal. Fini le théâtre et la Grande Pomme, en route pour Hollywood. Entre 1975 et 1990, Tommy Lee galère. A part un rôle de flic têtu aux côtés de Faye Dunaway dans Les Yeux de Laura Mars et celui du mari de la chanteuse dans Nashville Lady de Michael Apted, qui lui vaut une citation au Golden Globe, mister Jones est réduit à jouer les deuxièmes couteaux, voire les troisièmes. En onze films, il a toutefois le temps de mettre quelques techniques au point. Il terrorise ses partenaires, récrimine sur les plateaux, grommelle trois mots à l'heure, se carbonise dans chaque rôle. Un caractère pareil, forcément, ça attire... les fortes têtes et les rôles de fortes têtes.

 

Arrive Oliver Stone avec un projet qui fait couler beaucoup d'encre : JFK, un thriller sur l'enquête du procureur Jim Garrison autour de l'assassinat de Kennedy. Stone veut Tommy Lee Jones dans le costume croisé de Clay Shaw, l'un des témoins-clés de Garrison. Jones y gagnera sa première citation à l'Oscar, en 1991. C'est le début de la gloire. Ses personnages vont prendre de la carrure. Le marshal du Fugitif, qui lui vaut l'Oscar et le Golden Globe du second rôle, l'ex-militaire hanté par ses démons de Entre Ciel et terre, le shérif sadique de Tueurs nés, le terrifiant Double Face de Batman Forever l'imposent comme un acteur habité par ses rôles, impressionnant d'âpreté. Et comme la terreur absolue des cinéastes, des acteurs et des humains en général.

 

Mais le succès populaire, Tommy Lee Jones ne le rencontre qu'avec Men in Black, en 1997. Le tandem improbable de chasseurs d'aliens qu'il forme avec Will Smith remplit les salles à ras bord. Il est désormais bankable. On le retrouve parmi les monstres sacrés de Space Cowboys de Clint Eastwood, en tête d'affiche dans L'Enfer du devoir de William Friedkin, dents serrées et regard impitoyable dans Traqué du même Friedkin et en shérif lancé aux trousses d'un cowboy malchanceux dans l'inénarrable No Country for Old Men des frères Coen. En 2006, Paul Haggis, le réalisateur de Collision, lui donne le rôle d'un vétéran qui enquête sur la disparition de son fils, soldat en Irak, porté manquant depuis son retour. Un personnage tout en fureur réprimée et en chagrin retenu au service d'un sujet brûlant. Le film, intitulé Dans la Vallée d'Elah, sort avant un autre métrage attendu : Dans la Brume électrique, un polar crépusculaire signé Bertrand Tavernier. Soit un meurtre, un flic torturé planté par Tommy Lee Jones et la guerre de Sécession comme symbole d'une Amérique sans cesse rattrapée par un passé sanglant.

 

Derrière la caméra, Tommy Lee Jones a mis en scène The Good Old Boys, un western de rage et de sueur adapté du livre d'Elmer Kelton, destiné à la télévision. Et Trois Enterrements, un thriller poisseux en forme de western présenté au Festival de Cannes en 2006, récompensé du prix d'interprétation et du prix du scénario.

 

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