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Agnès Jaoui

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Biographie

Artiste entière et engagée, Agnès Jaoui n'a eu de cesse de rappeler au cinéphile français à quel point le cinéma est une question de scénario. Sa filmographie conséquente est un portrait perpétuel de l'humanité, touchant et dur, qui vous laisse sur la langue une douce amertume.

 

Élève pendant un temps des cours de Théâtre de Patrice Chéreau au théâtre des Amandiers de Nanterre, elle s'élance en 1987 sur les planches dans la pièce d' Harold Pinter : L'anniversaire. Si ce n'est pas la première fois qu'elle s'exerce avec talent, cette représentation marque le début de sa carrière. Il est annonciateur du doux succès qui l'attend puisqu'elle rencontre à cette occasion celui qui habitera toutes ses créations mais aussi sa couche : Jean-Pierre Bacri. Le couple ainsi constitué s'installe tranquillement comme l'un des duo français les plus talentueux et prolifique. Tout deux, ils prennent la plume et la scène et instiguent dans l'air du temps les petits troubles et manies de l'humanité et de la société, préférant la série de portraits ciselés à la comédie française clichée.

 

En trois ans, quatre des scénarii qu'elle co-écrit avec Bacri sont adaptés au cinéma. Le premier Cuisine et Dépendances, croque une série de personnages au travers de leur passage dans une cuisine. Loin d'être un succès, Philippe Muyl qui s'occupe de l'adaptation sur écran échoue à s'affranchir des contraintes de la scène, mais le film vaut à l'écrivaine le césar du meilleur scénario. Au delà de ce premier échec, les films suivant s'inscrivent comme de véritable friandises, et Cédric Klapisch qui adapte Un Air de Famille évite les écueils propres à Muyl. La comédienne y apparaît elle-même et remporte à nouveau le césar du meilleur scénario.

 

Dès lors, c'est dans tous les scénarii écrit de sa main et portés à l'écran qu'elle apparaîtra, excepté pour le diptyque Smoking / No smoking mis en scène par Alain Resnais et pour lequel elle reçoit un troisième césar. Justement, la rencontre du couple avec le célèbre réalisateur-producteur est un franc succès ; puisque celui ci travaille avec eux sur ce qui deviendra un incontournable film d'illustration du style Bacri-Jaoui : On Connaît la chanson. La pellicule réunit une pléiade d'icônes, propres à la bande de Resnais : de Pierre Arditi à Sabine Azéma, en passant par Lambert Wilson et bien évidemment, les deux auteurs eux-mêmes. Fidèles à leur intérêts pour les portraits, le duo inscrit cette fois son film dans une douce mélodie de chansons françaises très connues, permettant alors à chacune des interprétations de rendre sensible ou d'exacerber ce qui ne l'était pas. La comédienne remporte le césar du meilleur second rôle féminin et pour la quatrième fois celui du meilleur scénario

 

Côté réalisation, Agnès Jaoui prend tout en charge, de l'écriture à la réalisation, jusqu'au jeu. On lui doit Comme une image, où, elle met en scène une Marilou Berry complexée par ses rondeurs et ignorée par son père (Bacri). Elle livre un film assez dur sur les relations familiales mais également le regard de la société et remporte le palme du meilleur scénario à Cannes.

 

Avec Le Goût des autres, la réalisatrice reprend le thème de la représentation et du milieu social, pour installer un Jean Pierre Baccri mal à l'aise face au monde culturel d'une actrice qui lui apprend l'anglais, et dont il tombe amoureux. Avec cette création, la metteuse en scène remporte le césar du meilleur film et celui du meilleur scénario (encore !). Enfin dans Parlez moi de la pluie, elle s'intéresse une fois de plus au monde familiale et à «l'humiliation ordinaire». A cette occasion elle met en scène un improbable duo composé de Bacri et de Jamel Debbouze, et où elle apparaît en féministe nouvellement politicienne.

 

En dehors de ses propres créations, Agnès Jaoui est également très prolifique et son travail de scénariste avec les plus grands se prolonge devant leur caméra. On la voit chez Patrice Chéreau dans Hôtel de France puis sous la direction de Jacques Doillon dans L'Amoureuse, et chez Alain Corneau dans Le Cousin, avec feue Marie Trintignant. Elle fait également confiance aux jeunes réalisateurs et s'illustre en actrice superficielle et manipulatrice dans Le Rôle de sa vie de Francois Favrat, ou en sombre personnage de femme cocu dans Une Femme d'extérieur de Christophe Blanc.

 

Parallèlement à sa carrière d'actrice, Jaoui s'illustre en chanson, et sort régulièrement des albums. Elle n'a par ailleurs jamais caché son goût pour Serge Gainsbourg. Engagée politiquement, l'actrice se situe loin du strass et des paillettes propres à un certain cinéma hexagonale et milite pour le maintient des subventions au cinéma et au service public télévisuel.