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Gilles Grangier

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Biographie

Gilles Grangier est l'un des représentants du cinéma populaire français d'après-guerre. Surtout connu pour ses polars, on y retrouve très fréquemment ses deux compères et amis Jean Gabin et Michel Audiard. Comme Georges Lautner ou Jean-Pierre Melville, Gilles Grangier a participé à la création d'un style de film noir « à la française ».

 

Il entre dans le cinéma au culot, en commençant comme figurant dans les studios Paramount de Joinville. Il devient ensuite assistant régisseur, régisseur puis, en 1936, Georges Lacombe l'engage comme assistant réalisateur sur Le Coeur Dispose. Il assiste ensuite Sacha Guitry et René Pujol.

 

Sa carrière de cinéaste débute durant la Seconde Guerre Mondiale, il fait parti des réalisateurs qui ne quittent pas la France et continuent de tourner sous le gouvernement de Vichy. Pour son premier long-métrage, il reprend le personnage de littérature enfantine créé par Paul Colline, Ademaï, interprété par Noël-Noël, mêlé à une affaire de vendetta dans Ademaï bandit d'honneur. Il enchaîne l'année suivante avec Le Cavalier noir, un film de cape et d'épées avec Georges Guétary. Les deux hommes se retrouvent pour les comédies musicales Trente et Quarante, puis Jo la romance spécialement réalisées pour l'acteur-chanteur qui peut ainsi développer tout son talent. Dans ce genre, il offre pour la première fois la vedette à Luis Mariano dans Histoire de chanter.

 

On lui commande ensuite des comédies pour les deux stars de l'époque, L'Aventure de Cabassou avec Fernandel et Par la fenêtre avec Bourvil, qui sont surtout des films « alimentaires ». En 1950, il réalise deux films en même temps: L'Homme de joie et L'Amant de paille avec Jean-Pierre Aumont. Dans le premier, il est un professionnel du charme chargé, par Simone Renant, de séduire la maîtresse de son mari, tandis que dans le second, c'est un faux amant censé détourner l'attention d'un mari jaloux.

 

Il adapte le roman de Pierre Nord, La Vierge du Rhin, signant ainsi son premier film policier ainsi que sa première collaboration avec Jean Gabin. Ce dernier interprète Jacques Ledru, un batelier qui sort d'un camps de prisonniers en Allemagne et retourne à Strasbourg pour se venger de son ancien associé qui lui a pris son affaire et sa femme.

 

A partir de 1953, le cinéaste tourne essentiellement des films policiers. D'abord Gas-oil dans lequel il offre à Gabin un rôle sur-mesure de routier bourru traqué par une bande de gangsters. Le film fera plus de 3 millions d'entrées. Puis vient Trois jours à vivre pour lequel il réunit Daniel Gélin, Jeanne Moreau, Lino Ventura et dépeint l'univers du théâtre au milieu d'une intrigue policière. En 1958 avec Le Désordre et la nuit, il plonge un Gabin monolithique dans l'univers des boîtes de nuit, de la drogue et des filles.

 

En 1959, Grangier met en scène le duo Jean Gabin/ Darry Cowl en clochards à la recherche d'un nouvel abris dans la comédie Archimède le clochard, qui vaudra à Gabin l'Ours d'or du meilleur acteur. Il l'associe ensuite à Noël-Noël et Pierre Fresnay, dont c'est le dernier film, pour un trio de vieux blagueurs détestés de tous dans Les vieux de la vieille. L'année suivante, il parodie les films policiers avec Le Cave se rebiffe rythmé par des dialogues d'Audiard devenus cultes.

 

Après Le Sang à la tête en 1956, le cinéaste adapte une nouvelle fois Georges Simenon avec Maigret voit rouge. Il parvient à retranscrire les atmosphères nocturnes chères à l'auteur grâce à un méticuleux travail de la photographie. Puis il signe son plus gros succès en confrontant Fernandel et Bourvil dans La Cuisine au beurre. S'ensuit encore quelques policiers comme L'Homme à la Buick et le film d'aventure Train d'enfer avec Jean Carmet. Il finit sa carrière à la télévision puis lâche définitivement la caméra en 1985.

 

Zoom Avant

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