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John Frankenheimer

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Biographie

Révélé en France par deux des plus brillants thrillers politiques des années soixante : Un crime dans la tête et Sept jours en mai, John Frankenheimer a illustré ses dons dans des registres aussi divers que le drame psychologique (Le Prisonnier d'Alcatraz, L'Ange de la violence), le film d'action (Grand Prix, Le Train, Ronin), l'adaptation des classiques de la scène (The Iceman Cometh), le fantastique (L'Opération dibolique) et le thriller (French Connection 2, Black Sunday), sans oublier ces mémorables chroniques de l'Amérique profonde que furent Pays de la violence et Les Parachutistes arrivent.

Venu à la réalisation après un solide rodage technique, Frankenheimer a dirigé les plus grands noms de l'écran, de Burt Lancaster à Robert De Niro, en passant par Warren Beatty, Angela Lansbury, Frank Sinatra, Janet Leigh, Kirk Douglas, Fredric March, Jeanne Moreau, Alan Bates, Gene Hackman, Gregory Peck, Toshiro Mifune, Sharon Stone, Samuel L. Jackson, Raul Julia, Marlon Brando et Gary Sinise. Il a également signé au cours des dernières années quatre grands téléfilms : La Forêt de tous les dangers, Les Révoltés d'Attica, Andersonville et George Wallace, qui illustraient une fois de plus son talent à mêler action, drame et suspense à une réflexion sans complaisance sur l'histoire de son pays.

Né à New York le 19 février 1930, John Frankenheimer fait ses études à l'Académie Militaire de La Salle, puis au William College, où il se prépare à la carrière d'acteur. Entré à la télévision comme assistant-réalisateur, il acquiert à l'école du «direct» un sens aigu de l'action et du récit psychologique, de la vitesse et de la précision qui le serviront durant toute sa carrière.

Après avoir collaboré aux programmes «Person to Person», «See it Now», «Danger» et «You Are There»«Climax», Frankenheimer est engagé sur le prestigieux «Playhouse 90». De 1954 à 1960, il réalise pas moins de 152 dramatiques, qui lui vaudront six nominations à l'Emmy du meilleur réalisateur.

Passé au grand écran en 1956, Frankenheimer réalise l'adaptation de son téléfilm Deal a Blow sous le titre The Young Stranger (Mon père, cet étranger). En 1961, il dirige Burt Lancaster dans Le Temps du châtiment, une chronique quasi documentaire du quartier hispanique d'East Harlem. Leur collaboration se poursuit avec Le Prisonnier d'Alcatraz, qui offre à l'acteur un de ses rôles de composition les plus émouvants, Sept jours en mai «autopsie» clinique d'un coup d'état militaire, Le Train (seul film avec La Bataille du rail à évoquer la Résistance des cheminots), et se conclura en beauté avec Les Parachutistes arrivent.

Diversifiant à l'extrême son travail, Frankenheimer dirige en 1962 Eva Marie Saint et Warren Beatty dans L'Ange de la violence, et signe la même année «le» classique du film de complot : Un crime dans la tête, qui décrypte avec virtuosité les hantises politiques de l'époque. Il réalise aussi, dans le même registre paranoïaque, L'Opération diabolique, puis, dans des styles fortement contrastés : L'Homme de Kiev, d'après Bernard Malamud, Grand prix, Les Cavaliers, d'après Joseph Kessel, The Iceman Cometh, d'après Eugene O'Neill, French Connection 2, avec Gene Hackman, A armes égales, Paiement Cash, etc.

En 1993, John Frankenheimer fait un brillant retour à la télévision avec Les Révoltés d'Attica, qui lui vaut son premier Emmy. En 1994, il réalise et produit La Forêt de tous les dangers, qui obtient trois Golden Globes : meilleur téléfilm, meilleur acteur (Raul Julia), meilleur acteur secondaire (Edward James Olmos) et six nominations à l'Emmy. Frankenheimer remporte là son second Emmy, accompagné d'un CableACE Award, deux récompenses qui iront également à l'acteur Raul Julia.

En 1996, le réalisateur signe une vaste et ambitieuse fresque du premier camp de concentration de la guerre de Sécession : Andersonville. Il obtient la même année le Golden Eddie pour l'ensemble de sa carrière et l'Emmy pour la réalisation d'Andersonville.

Après avoir bouclé le tournage de L'Ile du docteur Moreau, Frankenheimer réalise Wallace, un fascinant portrait du politicien George Wallace, pour lequel il recevra l'Emmy et une citation de la Directors Guild of America, puis retourne en France pour mettre en scène Ronin, avec Robert De Niro et Jean Reno.

En 2000, il a réalisé Piège fatal avec Ben Affleck et Charlize Theron, suivit du court métrage Ambush et du téléfilm Sur le chemin de la guerre qui marquera sa dernière réalisation avant sa mort le 02 juillet 2002.

En 1999, il devient pour la première fois acteur et incarne le général Sonnenberg dans Le Déshonneur d'Elisabeth Campbell réalisé par Simon West.