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Peter Fonda

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Biographie

Avec sa fine silhouette dégingandée, ses longs cheveux et son éternel air d'adolescent rebelle, Peter Fonda a suivit un itinéraire bien différent de celui de son père Henry, résolument ancré dans la contre culture des années 60 et 70. S'il a connu l'apogée de sa carrière avec l'immortel Easy Rider, hymne à la liberté et à la révolte synthétisant les thèmes et les engagements d'une génération (drogue, sexe et Rock'n Roll, mais aussi le refus de la guerre du Vietnam, du conformisme, et de toute forme d'autorité, parentale ou gouvernementale, dans une atmosphère à la fois joyeuse, désespérée et sombre), le biker a connu au cinéma quelques autres autres vies, développant bien souvent ces mêmes thématiques.

 

Après une formation théâtrale, l'acteur se voit déjà proposer au début des années 60 quelques rôles de hippies ou de personnages marginaux à la Kerouac (comme dans Lilith de Robert Rossen), avant de rejoindre L'American International Picture de Roger Corman, pour qui il tourne Les Anges sauvages, qui fait de lui une star de série B. Le film, qui a coûté 360 000 dollars, en rapporte plus de 10 millions, et Peter Fonda devient une icône du film de bikers. L'acteur a alors l'idée de filmer un western à moto, en contant l'épopée de deux outlaws dans l'Amérique d'aujourd'hui. Il propose à Dennis Hopper la réalisation du film qu'il produit. Après un tournage épique, riche en consommation de toutes sortes de drogues, de crises de paranoïa et de combat d'égo, Easy Rider devient l'objet d'un culte immédiat et le reflet de son temps, insufflant un vent de liberté dans le cinéma américain. Comme l'analyse Buck Henry, le scénariste du Lauréat, « Easy Rider n'a pas d'auteur, c'est l'écriture automatique de la contre culture. Personne n'a jamais vraiment su qui l'avait écrit, qui l'avait réalisé, personne n'a su qui en avait fait le montage. On pourrait croire à des centaines de chutes, reliées entre elles par une bande son, avec le meilleur des sixties. Toujours est-il que cela a ouvert une voie. Après Easy Rider, ce sont les enfants de Dylan qui ont pris les commande ».

 

Et du milieu des années 60 jusqu'à la fin des années 70, Peter Fonda est parfaitement en phase avec son temps, et est un symbole et une îcone incontournable de cette contre culture, et pas seulement à cause de son personnage de Captain America d'Easy Rider. Les films dans lesquels il joue parlent de drogues ( The Trip), de guerre (il incarne un déserteur du Vietnam dans Brève rencontre à Paris de Robert Wise), et toujours de rebellion face à l'autorité et de désobéissance face aux puissants( Outlaw Blues, Larry le dingue, Colère froide). Il réalise aussi quelques films développants ces thèmes : les western atypiques sur l'errance L'Homme sans frontière et Wanda Nevada, et un film de S.-F. écologique, Idaho Transfer. Il retrouve même sans rancune son compagnon de route d'Easy Rider le temps d'une apparition dans The Last Movie. Mais le film de Dennis Hopper porte bien son nom, tant les années 80 ne vont pas être tendre pour l'éternel hippie, qui va y enchaîner des productions peu mémorables.

 

Il faudra attendre les années 90 pour que l'on se souvienne de lui à Hollywood, et que les réalisateurs lui proposent une série de rôles clin d'oeil. John Carpenter le sort du creux de la vague en le faisant surfer avec Snake Plisken dans Los Angeles 2013, avant que Steven Soderberg le confronte à un Terence Stamp en colère dans L'Anglais. Toujours rebel, il offre dans Ghost Rider une nouvelle chance à Nicolas Cage, en incarnant un Mephistophélès amateur de bécanes, fait une apparition parodique dans Bande de sauvages et renoue avec le western dans 3h 10 pour Yuma.

 

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