Arnaud Desplechin |
Né le 31 octobre 1960 à Roubaix (France).
Cinéaste cinéphile, Desplechin apprend la vie en regardant les films de ses aînés de la nouvelle vague, comme Alain Resnais, dont il conserve les incessants changements de genre et les tentatives de fusionner expérimentations formelles et cinéma grand publique, Eric Rohmer, dont il s'inspire de l'attention portée à l'analyse des sentiments, ou François Truffaut dont il reprend le goût des récits semi autobiographiques. Comme eux, il cultive une passion pour le cinéma américain, mais est autant fasciné par Hawks que par Scorsese, et surtout par Coppola. Poussé par sa passion, il apprend le métier de metteur en scène à l'IDHEC, et signe en 1991 La Vie des morts, un moyen métrage si remarqué qu'il sort en salle, après son passage à la quinzaine des réalisateur et son prix Jean Vigo du court métrage. A partir d'un drame personnel, le cinéaste tire une méditation sur la difficulté d'une famille à surmonter la perte d'un être cher. Le film annonce la veine autobiographique et intellectuel du cinéaste, tout en introduisant une nouvelle génération d'acteurs, qui vont devenir familiers de son cinéma, comme Emmanuelle Devos ou Emmanuel Salinger.
Son premier long métrage, La Sentinelle, en 1992, est co-écrit avec Pascal Ferran et Noémie Lvosky et propulse Desplechin en chef de file d'un nouveau « cinéma d'auteur », estampillé Femis ou IDHEC. Le film est pourtant aux antipodes d'un cinéma français « nombriliste », et présente la quête étrange d'un homme qui trouve un crane humain dans un univers surréaliste et kafkaïen. Son second film, Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) se concentre en 1997 sur les chassé-croisés sentimentaux d'un groupe de trentenaires, éternellement étudiants et évoluant autour du quartier latin à Paris et constitue un portrait sensible de la bourgeoisie intellectuelle parisienne. Cette veine autobiographie est cependant mise à mal dès Esther Kahn, dans lequel la fibre romanesque de Desplechin se concentre sur le destin d'une jeune anglaise de la fin du XIXè siècle, s'accrochant au théâtre pour exprimer sa vie.
Après cet intermède britannique, le cinéaste revient en France et se lance, une fois l'expérimental Leo - en jouant «dans la compagnie des hommes» achevé, dans l'ambitieux Rois et Reine. Synthétisant tous les courants de son cinéma en un film, le réalisateur mélange un drame sombre et personnel porté par Emmanuel Devos et une comédie référentielle prenant corps grâce à Mathieu Amalric. Toujours éclectique, le cinéaste filme alors sa famille dans L'Aimée, qui voit son père évoquer les souvenirs de la mère de l'artiste, avant de réunir Catherine Deneuve, Mathieu Amalric, Melvil Poupeau et l'inévitable Emmanuelle Devos dans Un Conte de Noêl en 2008.
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