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Catherine Deneuve

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Biographie

Catherine Deneuve, de son vrai nom Dorléac, est née dans une famille d'artistes. Son père, Maurice Dorléac, s’était déjà fait un nom au théâtre et sa mère, Renée Deneuve, était également comédienne. Sa sœur, Françoise Dorléac, était son aînée de dix-huit mois. La jeune Catherine débute à l’écran à l’âge de 13 ans, lancée par Roger Vadim, pygmalion des stars féminines.

 

Mais c’est Jacques Demy qui va la révéler avec Les Parapluies de Cherbourg. L’image de la jolie jeune fille, blonde et lisse, hante la comédienne, malgré un désir de sa part, dès le début, de jouer en des eaux plus troubles : l’exemple le plus frappant étant évidemment sa composition de schizophrène frigide dans Répulsion signé Roman Polanski.

 

Plus tard, Luis Buñuel continuera à explorer les sombres dessous de la beauté féminine, telle qu’elle en est l’archétype. Dans Belle de jour, il en fait une jeune femme de bonne famille aux fantasmes inavouables, qui s’adonne à la prostitution par pur désir. Tristana la plonge bientôt dans l’Espagne aristocratique où, jeune pupille, elle se livre sans détour à son tuteur puis se retrouve amputée d’une jambe.

 

Ces années seront, cinématographiquement parlant, les plus belles de la comédienne, qui suscite le désir des plus grands cinéastes hexagonaux et européens. Inaccessible, majestueuse, elle incarne alors l’éternel féminin dans toute sa splendeur. Les années 70, seront marquées par une accession vers un cinéma plus populaire. La maturité la voit ainsi se recycler dans un registre de fantaisie, où Deneuve sait exceller, comme ce fut le cas dans Le Sauvage.

 

Convoitée par l’étranger mais peu encline à tourner plus loin que l’Europe, elle passe pourtant 1977 à l’étranger, en Italie et en Grande-Bretagne : dans Ames perdues de Dino Risi, elle est l’épouse d’un Vittorio Gassman en proie à la folie ; dans Il était une fois la Légion de Dick Richards, elle se retrouve dans la peau de la maîtresse de Gene Hackman.

 

Détective privée dans Ecoute voir, pharmacienne amoureuse d’un truand ( Jacques Dutronc) dans A nous deux, elle triomphe en 1980 grâce à son interprétation de Marion Steiner dans Le Dernier métro de François Truffaut, qui lui vaudra le César de la Meilleure actrice.

 

La même année, elle inspire à Claude Berri le personnage d’Alice, femme libre en quête d’un amour durable, l’héroïne de Je vous aime. Deux films qui marqueront les années 80 de l’empreinte d’une autre Deneuve : femme glacée, sophistiquée et définitivement inaccessible.

 

Son rôle de vampire lesbienne dans Les Prédateurs accentue cette perception, et elle aura toutes les peines du monde à se débarrasser de cette étiquette. En 1988, elle apparaît enfin, humaine et vulnérable, dans Drôle d'endroit pour une rencontre de François Dupeyron, qui ne rencontre hélas pas le succès espéré.

 

Entre-temps, la rencontre avec André Téchiné, qui lui offrit, avec Hôtel des Amériques une romantique histoire d’amour avec Patrick Dewaere, porte ses fruits, et Deneuve endosse bientôt pour ce dernier des personnages complexes, ambigus, l’image d’Emilie dans Ma Saison préférée.

 

Prise comme modèle du nouveau buste officiel de Marianne, symbole de la notoriété, hôtesse des plus prestigieuses manifestations cinématographiques, Catherine Deneuve devient la grande dame incontestée du cinéma français, consacrée par un nouveau César pour Indochine en 1992.

 

Depuis quelques années, la comédienne s’ingénie encore et toujours à brouiller les pistes en tournant plus et avec des metteurs en scène très différents : marquise poudrée dans La Partie d'échecs, bourgeoise alcoolique dans Place Vendôme de Nicole Garcia, qui lui vaudra d'ailleurs un Lion d'or à Berlin pour son interprétation, ainsi que pour l'ensemble de son œuvre.

 

Elle donne ensuite la réplique à Jean-Marc Barr et Björk dans Dancer in the Dark, le drame musicale de Lars von Trier, Palme d'or à Cannes en 2000. Catherine Deneuve est avec le gratin des actrices françaises, au générique du dernier et brillant François Ozon, 8 Femmes, un polar musical hors du commun.

 

En 2007 elle figure au casting de deux long-métrages présentés à Cannes. Le premier, Persepolis est un film d'animation en compétition auquel elle prête sa voix, le second est le cinquième long-métrage de Gaël Morel, Après lui, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, dans lequel elle incarne une mère brisée par la mort de son fils et qui reporte tout son amour sur le meilleur ami de celui-ci.

 

En 2008, la comédienne est à l'affiche d' Un Conte de Noël d' Arnaud Desplechin et s'amuse en interprétant une vedette de cinéma dans la comédie Mes Stars et moi de Laetitia Colombani. Catherine Deneuve fait aujourd'hui partie des monstres sacrés du cinéma français, et l'image qu'elle renvoie, rime toujours avec beauté et distinction.

 

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