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Tim Burton

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Biographie

Hirsute et blafard, Tim Burton a pourtant été, il y a bien longtemps un bébé replet bronzé par le soleil de Californie. Très vite, ce créateur cinglé s'intéresse aux arts – et cesse de jouer avec des cafards. Ses études aux California Institute of the Arts lui permettent d'obtenir un poste d'animateur aux Studios Walt Disney. Loin de son univers, il travaille notamment sur Rox et Rouky et Taram et le chaudron magique. Mais l'ami Walt lui offre surtout l'occasion de réaliser son premier court métrage d'animation : Vincent, en hommage à l'idole de son enfance, Vincent Price. Le film, commenté par la star elle-même, connaît un solide succès critique et remporte plusieurs récompenses.

 

Sur sa lancée, Tim Burton signe, en 1984, le court métrage Frankenweenie, un hommage burlesque à Frankenstein, où un jeune garçon ressuscite son chien selon les méthodes du célèbre Docteur. Dès ses premières oeuvres, le cinéaste dévoile son regard très particulier sur la mort, à la fois fasciné et respectueux. Très vite, il quitte Disney et réalise Aladdin, un épisode de la série Faerie Tale Theatre de Shelley Duvall, puis Pee-wee Big Adventure, qui vaut un triomphe international à son scénariste-interprète Paul Reubens, alias Pee-wee Herman.

 

1988 marque son premier grand succès. Burton réalise Beetlejuice, dont l'humour macabre et les nombreuses trouvailles visuelles confirment l'extrême originalité de son talent. Le film, interprété par Michael Keaton, en ignoble personnage gourmand de cafards, est hilarant. Se joignent au massacre Alec Baldwin, Geena Davis et Winona Ryder. Beetlejuice reçoit d'ailleurs l'Oscar du meilleur maquillage. Hollywood voit alors en cet énergumène une mine d'or, et voici Tim Burton sur la voie des blockbusters américains, repris à sa sauce, on s'en doute. Ainsi, un an plus tard, il réactualise de façon spectaculaire le mythe de Batman, proposant une vision nouvelle du légendaire justicier masqué dont les inventions picturales, le rythme et l'humour séduit des millions de spectateurs à travers le monde. Burton remporte un Oscar de plus, pour la direction artistique cette fois.

 

Pour son quatrième long métrage, Tim Burton livre une poésie féerique, Edward aux mains d'argent. Avec pour la première fois Johnny Depp, en grand ciseleur, Winona Ryder, blonde comme les blés et l'inévitable Vincent Price. Après cet apologue poignant sur la solitude de l'artiste, la chauve-souris vengeresse refait surface et s'échappe de son imagination débridée. Batman, le défi, film d'inspiration noire et expressionniste convoque à nouveau Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito et Christopher Walken. Batman permet à l'ami Tim de concrétiser, en 1991, l'un des ses plus anciens projets : L'Étrange Noël de monsieur Jack, film d'animation image par image, dont il avait réalisé les premiers dessins lors de son passage chez Disney. Burton publie même, à cette occasion, un recueil de ses dessins, ainsi qu'un livre de poèmes et dessins : The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories (en France : La triste fin du petit enfant huître et autres histoires).

 

Trois ans après, Burton rend un hommage tendre et burlesque au «plus mauvais cinéaste du monde» à travers Ed Wood, campé par Johnny Depp. Ce film vaut à Martin Landau l'Oscar du meilleur acteur pour sa magistrale interprétation de Bela Lugosi. Et de deux, pour l'Oscar des meilleurs maquillages. Le réalisateur s'éloigne ensuite de son univers féerique pour revenir à ses souvenirs de jeunesse avec Mars Attacks !, opulente comédie de science-fiction dont la distribution réunit une vingtaine de vedettes de premier plan, tels Jack Nicholson, Glenn Close, Danny DeVito et Annette Bening. Le résultat est douteux mais la passion des fans de Tim Burton ne faiblit pas.

 

Et ils sont récompensés, trois ans plus tard, avec sa somptueuse adaptation du classique de Washington Irving, Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête. Sur les rangs, Johnny Depp, devenu son double à l'écran, ténébreux et blafard, Christina Ricci – encore une brune teinte en blonde, ainsi que l'effrayant Christopher Walken, qui s'est limé les dents pour l'occasion. Le film remporte l'Oscar de la meilleure direction artistique, ainsi qu'une citation à l'Oscar de la meilleure photo et des meilleurs costumes.

Plus rien n'arrête la folie de Burton. En 2001, il signe l'un des grands succès de la saison estivale, avec sa version de La Planète des singes, produite par Richard D. Zanuck et interprétée par Mark Wahlberg, Tim Roth - plus poilu que jamais -, et la dulcinée de Burton toute aussi étrange que lui, Helena Bonham Carter.

 

Cinéaste visionnaire, inlassable créateur de mondes oniriques, Tim Burton se dévoile un peu plus en 2003 dans Big Fish, qui a été salué comme son film le plus personnel. Ewan McGregor, mythomane ou aventurier, c'est selon, Albert Finney, Jessica Lange et Billy Crudup se partagent la vedette de cet hommage saltimbanque d'un fils à son père. La belle Helena apparaît à nouveau, en sorcière devineresse.

Extrêmement prolixe, Burton sort deux films en 2005 : Les Noces funèbres de Tim Burton et Charlie et la chocolaterie, interprété par Johnny Depp et Freddie Highmore. Adapté du classique de Roald Dahl, Charlie et la chocolaterie remporte un large succès critique international. Et comme un esprit comme celui de Burton ne se repose jamais, il imagine en 2007 un thriller musical – seul Burton était capable de cet improbable mélange – Sweeney Todd, avec ses deux muses, son double Depp et sa femme Bonham-Carter.