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Klaus Maria Brandauer

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Biographie

Issu d'une famille germano-autrichienne, il est élevé en Allemagne et en Autriche. Une fois son baccalauréat en poche, il suit des études de musique et d'art dramatique à l'université de Stuttgart, en Allemagne. Après seulement deux semestres, il abandonne l'école et se lance dans le théâtre en 1962.

On le retrouve tout d'abord dans une pièce de Shakespeare, que l'acteur affectionne tout particulièrement, Mesure pour Mesure, au Théâtre National de Tübingen.

Jusqu'en 1972, il joue régulièrement aux théâtres de Salzbourg et Düsseldorf. Il réalise même une mise en scène pour Comme il vous plaira de Shakespeare. Le succès est au rendez-vous. Klaus Maria Brandauer intègre alors la troupe du Burgtheater de Vienne, à la fois comme acteur et metteur en scène.

Parallèlement à son travail au théâtre, il débute au cinéma avec plusieurs rôles secondaires. A chaque fois il campe un homme qui collabore avec les nazis. Tout d'abord dans Notre Agent à Salzbourg de Lee H. Katzin en 1972 où il joue un frère sinistre et secret, qui en sait plus que ce qu'il laisse paraître à propos d'une liste de collaborateurs nazis. Puis dans le rôle éponyme de Mephisto, en 1981 histoire du ralliement d'un acteur allemand au régime nazi pour assurer sa situation. Cette adaptation de l'oeuvre de Klaus Mann par Istvan Szabo le fait accéder à la reconnaissance mondiale. En effet, l'ambiguïté du rôle, à la fois tendre, cruel, lâche et amoureux lui permet d'obtenir le Prix du Meilleur acteur au Festival de Cannes. Les Américains lui proposent alors des rôles d'officiers SS qu'il refuse, puis il accepte celui de Largo, l'adversaire de James Bond dans Jamais plus jamais (1983), d' Irvin Kershner.

 

Deux ans plus tard, il travaille à nouveau avec István Szabó pour Colonel Redl, deuxième épisode d'une trilogie entamée plus tôt par le réalisateur. Ce film est salué par de nombreuses récompenses. Il y interprète Alfred Redl qui entreprend de devenir colonel dans les services secrets de l'armée austro-hongroise à la veille de la Première Guerre mondiale afin de devenir l'homme puissant qu'il a toujours voulu être. Ses rôles dérangent car il joue des hommes qui agissent à n'importe quel prix dans un but purement vénal.

 

Les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois en 1988 pour Hanussen, le dernier volet de la trilogie. Brandauer y campe d'un soldat blessé durant la Première Guerre Mondiale, se découvre des dons de voyance et les met au service des nazis, leur prédisant l'élection de Hitler en 1933. Il joue de nouveau un homosexuel qui se retrouve pris au piège dans un engrenage politique.

 

Entre temps, Brandauer est devenue une vedette internationale. Il joue le mari volage de Meryl Streep dans Out of Africa (1986) de Sydney Pollack qui la délaisse pour ses affaires. Dans Streets of gold (1986) de Joe Roth, il est l'entraîneur frustré de deux boxeurs, faute de pouvoir en être un pour raisons religieuses ; il incarne le baron autrichien un brin pataud qui fait des avances à une mère qui ne semble pas refuser cet adultère dans l'adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig, Burning secret (1988) de Andrew Birkin; il porte le costume de Danton, bon vivant opportuniste dans La Révolution française (1989) de Roberto Enrico et Richard Heffron; le mari volage de l'écrivain Colette dans Colette (1991) de Danny Huston qui n'hésite pas à réécrire les textes de sa femme et à profiter de leur succès. Il retrouve Sean Connery, son partenaire de Jamais plus jamais en tenant le rôle d'un écrivain soviétique impliqué dans une affaire d'espionnage dans La Maison Russie (1990) de Fred Schepisi, d'après un best-seller de John Le Carré. Dans Croc Blanc, (1991) de Randal Kleiser, d'après l'oeuvre de Jack London, il campe un chercheur d'or. En 1999, il endosse le rôle du peintre Rembrandt dans le biopic éponyme de Charles Matton, qui montre la décadence du peintre à partir de la mort de sa femme. Perfectionniste habitué à la rigueur théâtrale, Klaus Maria Brandauer traîne derrière lui la réputation d'un acteur exigeant et difficile à diriger.

En 1989, il passe derrière la caméra et réalise son premier film, Georg Elser, dans lequel il joue le personnage éponyme, l'histoire d'un ouvrier qui commit un attentat contre Hitler en 1939, manière peut-être pour lui de se “racheter” de ses nombreux rôles de collaborateurs nazis? Il réitère l'expérience en 1994 avec Mario et le magicien, d'après Thomas Mann, une réflexion sur la nature des volontés et sur les limites de la liberté individuelle. On retrouve ici le personnage de l'hypnotiseur joué par Brandauer dans Hanussen: on sent l'influence et l'importance de sa collaboration avec István Szabó.

En 2003 il joue dans un téléfilm britannique avec Claire Keim et Thierry Lhermitte, Daddy, de Giacomo Battiato où il campe un professeur de philosophie obligé par les nazis de dénoncer une résistante dont il est amoureux.

Il réapparaît en 2009 dans le dernier film de Francis Ford Coppola, Tetro , où il joue Carlo, le père de Tetro, père dominateur et oppressant, parfois tyrannique, à l'image de celui de Coppola lui-même.

Tous ses rôles sont plus ou moins directement liés à l'Histoire, entre la Seconde Guerre mondiale et les nazis, ou d'autres personnages historiques tels que le mari de Colette ou Rembrandt. Il dégage une authenticité telle que des personnages de fiction ne lui collent pas à la peau.