Michel Blanc |
Né le 16 avril 1952 à Courbevoie (France).
A 5 ans, Michel Blanc refait les procès de la Révolution, se prend pour Robespierre, condamne à tour de bras. Le jeu l’habite. L’évidence se fait frappante dans les années 60 quand, en pleine cour de récréation du lycée Pasteur de Neuilly, il croise Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel… Entre eux le courant passe. Pour s’amuser, le « jeunot » leur écrit Le Concierge est tombé dans l’escalier, se réserve le personnage de 60 ans alors qu’il en a 15. Une bande se forme, elle deviendra une troupe, célèbre, celle du Splendid.
Quelques pièces plus tard, Michel Blanc déboule sur grand écran. Après Le Bol d’air, moyen métrage inspiré par Charles Nenes, Bertrand Tavernier l’ordonne curé en 1975 dans Que la Fête commence. Le ton est donné. Ses copains de classe ne sont pas loin. Le chassé-croisé commence, alternant rôles en solo et films chorales. En 1978, la brochette se retrouve à la montagne afin de dévaler les pentes de la comédie.
Les Bronzés sont de sortis. Michel Blanc y campe Jean-Claude Dusse, un grand timide, un introverti désireux de plaire. Le scénario est concocté à plusieurs mains, comme celui des Bronzés font du ski en 1979 et Les Bronzés, amis pour la vie en 2006. Pendant plus de vingt ans les anciens potes de lycée vont trouver le temps de se réunir devant l’objectif de Jean-Marie Poiré pour le désormais culte Le Père Noël est une ordure en 1982, Papy fait de la résistance en 1984. Sinon, c’est chacun pour soi.
Après La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia, Le Cheval d’orgue, de Claude Chabrol, Circulez y’a rien à voir de Patrice Leconte, un fidèle, et autres, Michel Blanc est démangé par la mise en scène. Soucieux de parler des réalités urbaines, il passe derrière la caméra en 1984 pour Marche à l’ombre. Le succès est au rendez-vous. Enfant, Michel Blanc n’était déjà pas grand, pas plus épais qu’« un sandwich SNCF » comme déclamé dans le même film. Il n’avait pas beaucoup de cheveux. L’affaire s’est légèrement envenimée. En 1988 l’acceptation du ridicule le pousse à se promener nu dans Une Nuit à l’Assemblée nationale de Jean-Pierre Mocky. Il en sort sonné.
Habitué à faire rire, souvent à ses dépens, Michel Blanc dévoile une vulnérabilité, une autre facette de sa personnalité avec Tenue de soirée. Son côté dramatique fait la nique au comique. Le Festival de Cannes lui décerne le prix d’interprétation. Avec Monsieur Hire, du complice Leconte, l’acteur récidive. Impressionnant, grave, troublant, il rompt dans la foulée avec la lignée de ses héros désopilants. Blanc peut aller très loin. Le prouve avec Peter Greenaway et son Prospero’s Book en 1991.
En 1994, retour à la mise en scène avec Grosse Fatigue. Michel Blanc quitte Cannes, avec le prix du scénario. Le public boude le suivant, Mauvaise Passe. L’auteur encaisse mal. De 1999 à 2007 l’acteur calme le jeu. Réalise Embrassez qui vous voudrez, dit oui à André Téchiné pour Les Témoins, répond présent à Alain Corneau pour Le Deuxième Souffle. A l’écran Blanc aime chercher la vérité du jeu. Pour camper l’agriculteur de Je vous trouve très beau d’ Isabelle Mergault il apprend à traire une vache, conduire un tracteur. « Quand je joue, dit-il, j’ai l’impression de faire la cour à quelqu’un. » Habité par ce souci de plaire comme l’atteste sa filmographie, Michel Blanc fonctionne à l’émotion. Fera-t-il un Bronzés 4 ? « Non ! »
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