Denys Arcand |
Né le 25 juin 1941 à Deschambault (Canada).
Etudiant en Histoire à l'université de Montréal, Denys Arcand se passionne rapidement pour le cinéma, coréalisant avec Denis Heroux son premier film ( Seul ou avec d'autres) à l'âge de 21 ans.
Arcand s'inscrit complètement dans la phase d'émancipation culturelle et économique du Canada, appelée la «Révolution tranquille» durant laquelle l'Office national du film du Canada (ONF), accouche du cinéma direct. Le cinéaste participe activement à ce mouvement, travaillant pour l'ONF, il questionne la société canadienne, en gardant son regard artistique, pénétrant le réel de façon innovante. A travers ses documentaires transparaît le visage changeant de son pays, en s'inspirant toujours de faits et de personnages historiques comme Samuel de Champlain, explorateur du XVIIe siècle et fondateur de la ville de Québec. Dans le même genre, Les Montréalistes est un court métrage documentaire retraçant la vie de ses missionnaires, fondateurs à leur tour de la ville de Montréal.
Mais Denys Arcand ne dresse pas uniquement des fresques historiques sans buts, cherchant sans cesse à remettre en question son environnement, en revenant sur la lutte des nationalistes québécois menée par Maurice Duplessis dans Québec : Duplessis et après..., une oeuvre polémique. Artiste engagé, il s'intéresse en 1976 à l'industrie du textile au Québec ( On est au Coton), un documentaire qui respecte les règles du cinéma direct, une manière de confronter réel et cinéma. Une oeuvre pourtant longtemps censurée par l'ONF, ce qui redirige Arcand vers la télévision pendant un temps.
Celui-ci n'en reste pas moins critique des hommes et des femmes qui l'entourent. Après avoir collaboré avec l'emblème du cinéma québécois, Michel Brault, Denys Arcand se lance dans la réalisation de comédies parfois dramatiques ( Stardom), souvent évangéliques ( Jésus de Montréal). Ainsi soit-il. Car le meilleur est à venir pour Arcand qui signe le premier volet d'une trilogie promise à un succès planétaire. En 1986, il tourne Le Déclin de l'empire américain, dans lequel hommes et femmes discutent de la vie, du sexe, entre mensonge et bonheur stéréotypé. Arcand y dénonce avec ironie et cynisme la norme sociale et les efforts des couples « modernes » à dissimuler leur quotidien, plus rythmé par la routine que leur libido. Si le film est primé à Cannes, sa suite, Les Invasions barbares, remporte l'unanimité de la critique et un Oscar, la palme du meilleur scénario à Cannes et trois Césars.
En 2007, Denys Arcand clôt la trilogie avec L'Age des ténèbres, dans lequel Marc Labrèche rêve de la vie qu'il n'aura jamais avec Diane Kruger, jouant encore entre réel et fiction
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