Pedro Almodóvar |
Né le 24 septembre 1949 à Calzada De Calatrava (Espagne).
Cinéaste autodidacte, amoureux des belles choses et véritable poète, la filmographie de Pedro Almodovar oscille entre une ode à la gente féminine et un pamphlet de la société espagnole postfranquiste.
Né non loin de la Ciduad Real, Almodovar est éduqué dans la religion franciscaine dont-il n'a que faire. A l'image du personnage d'Ignacio qu'il crée plus tard dans La Mauvaise éducation, il passe sa jeunesse dans les salles obscures avec ses amis et découvre sa sexualité. Son amour pour le septième art le pousse à rejoindre la capitale. A 16 ans, il vit de petits boulots ne pouvant s'inscrire à la seule école de cinéma venant juste de fermer ses portes sur ordre de Franco. A force d'économies Almodovar se paie sa première Super 8 et commence à réaliser ses premiers courts métrages amateurs en s'inspirant de la vie qui l'entoure, notamment des faits divers entendu à son nouvel emploi pour la compagnie du téléphone. La classe moyenne espagnole et ses problèmes du quotidien deviennent une source intarissable d'inspiration pour le nouvel artiste.
Il s'adonne toujours au théâtre et se produit notamment pour le circuit underground. Il y rencontre sa future égérie Carmen Maura qu'il fait tourner dans son premier long métrage en 1978 Folle...folle... Folleme ! Mais c'est Pepi, Luci, Bom qui lui apporte les prémices de la reconnaissance.
La démocratie en place en Espagne, la liberté artistique lui permet de donner à la suite de sa filmographie un tournant beaucoup plus dérangeant. Almodovar mêle drogue, prostitution et débauches en tous genres dans la plupart de ses films. Il lance ainsi la carrière de Antonio Banderas, qui devient son acteur fétiche, avec Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ? Puis enchaîne avec Matador avant de revenir à un cinéma plus soft avec Femmes au bord de la crise de nerfs qui lui apporte la consécration internationale. Ce film est un condensé de l'art d'Almodovar : kitsch, pop, coloré (l'importance du rouge semble obsessionnelle pour le réalisateur), hilarant et terriblement sensuel. On y découvre les prémisses du nouveau Almodovar et de sa dévotion aux rapports féminins sous toutes leurs formes : mère/fille avec Tout sur ma mère ou Talons aiguilles et Volver, amours impossibles avec Atame!, En chair et en os, Parle avec elle ou Kika. Et au milieu de ces portraits de femme on retrouve La Mauvaise éducation, film le plus controversé de la carrière du cinéaste mêlant homosexualité et religion dans une atmosphère angoissante et perverse.
En 2009 sa nouvelle égérie Penélope Cruz joue dans Les Etreintes brisées réalisé dans la même veine que l'ensemble de sa courte filmographie (moins de 20 longs métrages en 30 ans). Mais sa notoriété est désormais suffisante pour l'asseoir comme l'un des réalisateurs incontournables du paysage cinématographique espagnol et lui permet de produire la nouvelle génération ( Guillermo Del Toro pour L'Echine du Diable ou Lucrecia Martel pour La femme sans tête)
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