Mickey Rourke |
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Le film de la résurrection pour Mickey Rourke, star des années 80 qui, dès le début des années 90, plonge. Plonge si bas qu’il sonde les vases de l’existence et du déclin professionnel. Et, depuis quatre ou cinq ans, une poignée de prestations marque une nette volonté de retour. Dans surtout Domino et Sin City. Rien de cependant comparable à la composition de l’acteur dans The Wrestler.
Ce n’est pas tant le rôle du Randy - le Bélier -, ex-star du catch qui se détruit dans des matches de deuxième et troisième catégories, mais finalement le sien. Celui de Mickey Rourke qui, au fond du trou, remonte à la surface, portant sur le corps et le visage tous les stigmates des années de vache enragée.
A l’écran, le Bélier s’enfonce à ce point qu’il frôle la mort. Un infarctus et il prend conscience qu’il a une fille qui ne veut plus entendre parler de lui ( Evan Rachel Wood) et que la stripteaseuse en fin de carrière ( Marisa Tomei) qu’il ne voit que dans le cadre de son club pourrait devenir une compagne. Et, plutôt que de s’humilier à jouer les vendeurs au rayon traiteur d’un supermarché, le Bélier prend le risque de remonter sur le ring, pour un combat anniversaire…
The Wrestler, c’est un peu la version musclée des Feux de la rampe de Charles Chaplin. Un peu, beaucoup même. La même histoire d’artistes qui ne peuvent pas, qui ne veulent pas raccrocher, qui s’agrippent aux reliques de leur glorieux passé. Qui n’aspirent qu’à mourir en scène, en pleine représentation. Façon Molière.
Loin des délires ésotériques de The Fountain, Darren Aronofsky repose les pieds sur terre avec The Wrestler. Et fermement, collant au plus près à son principal interprète, le filmant comme un documentariste filmerait un sportif au crépuscule de sa carrière.
Lugubre ? Justement non, loin de sombrer aussi profondément dans la déchéance que le terrible Requiem for a Dream, The Wrestler s’achève sur une note d’espoir. A sa façon, accordant au Bélier le choix de sa sortie de scène, ultime pierre à l’édifice d’une légende naissante.
Du film, Darren Aronofsky parle finalement peu dans le making-of des menus. Plutôt un documentaire sur le tournage d’ailleurs, dont il saisit l’âpreté, les moyens réduits, les improvisations, les petits effets spéciaux à deux sous. Images frappantes : le réalisateur accompagnant Mickey Rourke jusque dans le champ de la caméra, exactement comme le ferait un manager de boxe conduisant son poulain sur le ring.
Bonne idée que d’avoir réuni, autour d’un journaliste sportif, une demi douzaine de figures du catch américain venant juste de découvrir The Wrestler. Un film dont ils reconnaissent unanimement l’authenticité, la sincérité et dans lequel ils se reconnaissent également tous. Parmi eux, un certain Roddy Piper, héros de Invasion Los Angeles de John Carpenter et d’une quinzaine de séries B. Non sans humour, il avoue que comédien et catcheur, ce n’est pas vraiment le même métier, citant même une critique pas très tendre envers lui.
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