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L’œil bleu, le cheveu blond, le corps sculpté dans l’attirance, bientôt 30 ans, quelques films au compteur, Charlie Hunnam carbure à l’action. Depuis vendredi 9 octobre il est la vedette de la nouvelle série «Sons of Anarchy» sur M6. Mieux, il a été vu par 2,2 millions de téléspectateurs. Parfait pour y aller plein pot.
L'histoire en trois mots : des blousons noirs, des Harley, une petite ville tranquille du nom de Charming. La police ferme les yeux. Une bande de motards traficote, fait régner sa loi, mais pas question de venir les chatouiller. Le chef, un buriné ( Ron Perlman) dur à cuire ne mégote pas. Son protégé, un blondinet au sang chaud, apprend qu’il est papa d’un prématuré né d’une ex complètement camée. Autour d’eux, des hommes de main, de confiance, une bande de cinglés avec un cœur... Et puis des ennemis, avec un clan adverse qui leur pique des armes. Il n’en faut pas plus pour que la chevauchée commence. Moteur !
Easy Rider bien sûr, mais tous ces films ne sont plus aujourd’hui pertinents sur le monde des motards décrit dans la série. Kurt Sutter (le réalisateur) a créé un univers incroyablement excitant à bien des niveaux, un univers inexploré depuis des années par le cinéma et encore moins la télé.
Absolument. Je me suis aperçu en faisant mes recherches - et c’est tout le côté ironique de l’affaire -, que ces bandes veulent d’abord échapper aux règles, aux lois d’un quotidien dictées par la société. Ils veulent également aller plus loin en créant leur propre société, et toute transgression est synonyme d’exclusion.
Les fous de motos sont nombreux, ont des parcours différents. Ils peuvent être médecins et enfourcher leur bécane pour une virée un week-end, ou faire partie d’une bande, d’un gang. J’ai passé pas mal de temps avec ces derniers, des hors-la-loi, des marginaux. Ils m’ont énormément aidé, sont d’une incroyable générosité, je continue d’ailleurs à les voir. J’ai découvert un monde que je n’aurais jamais envisagé pouvoir croiser. Pareille expérience était survenue au moment du film Hooligans de Lexi Alexander (il est sorti en mai 2006).
Il fut même essentiel. Rencontrer des marginaux, des hooligans fut passionnant, instructif. Kurt m’a raconté avoir été inspiré par mon travail dans ce film.
Je connais Shakespeare, je l’ai étudié, et c’est l’une de mes pièces préférées. Si la première saison épouse un peu la même dramaturgie, elle s’évaporera au fil des autres (7 figurent au programme).
Etant passionné, désireux de contrôler ce que je fais, j’ai effectivement eu peur. Lors de l’audition, le réalisateur m’a demandé si j’étais prêt pour une telle implication, je lui demandé s'il en allait de même de son côté. Je suis en de bonnes mains.
Absolument, et même je l’espère. Cela signifierait qu’il y a un sens à mon implication. Ayant grandi à Newcastle, je trouve de résonances dans ce personnage. La ville était considérée comme l’une des plus dures d’Angleterre, la violence faisait partie du décor. Je me battais souvent, pour rien. Et si je ne commençais pas la bagarre, j’en ai fini quelques-unes. Comme mon personnage, je ne voulais pas le faire mais l’environnement faisait que. J’ai la nature d’un survivant.
Parfaitement, ce qui m’a aidé à comprendre ses conflits, ce qu’il traverse. La violence n’est pas carburant premier.
J’ai lu des livres, vu des films sur le sujet et j’ai été surpris par tous les préjugés que j’avais. Je ne juge pas le côté criminel, leur misogynie et autres mais plus je les ais connus, plus mon admiration a grandi. Comme eux, j’ai un désir non négociable de vivre à ma manière, sans tenir compte des règles dictées par l’extérieur. Ils n’autorisent pas les autres à leur imposer un comportement ce que je respecte. Ils veulent vivre libre alors que la majorité d’entre nous s’interdit des tas de choses, se laisse piéger par l’économique, le social, l’argent oubliant en route ses intentions de départ, se perdent de vue.
Et Daniel Day-Lewis, c’est mon préféré.
Tout juste. Sachant que j’ai toujours voulu être acteur.
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