| Retour à l'actu du 13/05/2008 |
Will Ferrell fait partie de ces comédiens américains champions du box-office chez eux mais dont la carrière en France ne décolle pas vraiment. S’il bénéficie d’un statut de comique culte chez nous, ses films ne connaissent pourtant que des sorties assez discrètes. Dans Semi-pro, il interprète une ex-star de la chanson, auteur d’un seul tube planétaire, reconverti dans le basket et prêt à tout pour sauver son équipe. Un rôle en or pour ce comédien burlesque.
La fièvre du samedi soir
C’est au lycée, au cours des annonces matinales dont sont chargés les étudiants aux Etats-Unis, que le jeune Will découvre et perfectionne son talent pour les imitations. Après ses études secondaires, il rejoint une ligue d’improvisation où il fait ses classes. L'occasion pour lui de rencontrer quelques-uns des comédiens aux côtés desquels il rejoint en 1995 le mythique « Saturday Night Live ». Ses débuts sont difficiles, et il est d'abord considéré comme l’une des pires recrues du show. Mais la tendance s’inverse rapidement. Il devient un pilier de l’émission où il restera jusqu’en 2002, entre autres pour ses parodies et ses imitations de George W. Bush. Celles-ci lui valent d’ailleurs en 2000 une nomination aux Emmy.
En parallèle, il débute sa carrière au cinéma en enchaînant les petits rôles (Austin Powers 1 et 2, Qui a tué Mona , Jay et Bob contre-attaquent). Acteur burlesque, il n’hésite pas à donner de sa personne et à jouer de son corps (parfois jusqu’aux frontières du ridicule). Pour preuve, le délirant - hélas passé inaperçu en France - Les Rois du patin, summum de folie, de dérision et de cocasserie, où il interprète un inoubliable patineur vaguement artistique mais surtout ultra libidineux.
L’homme qui valait trois milliards ou presque
Si de ce côté de l’Atlantique, ses films ne connaissent pour la plupart qu’une sortie dite technique, c’est-à-dire une distribution à la va vite dans une ou deux salles de périphérie pour pouvoir justifier par la suite l’édition DVD, Will Ferrell est en revanche l’un des acteurs les plus bankable d’Hollywood. Autrement dit, très rentable. Même si ses cachets avoisinent les 20 M$, les longs-métrages où il tient la vedette sont tous plus ou moins garantis de franchir la barre des 100 M$ au box-office (sans compter les bénéfices rapportés par les droits DVD et la location). En 2003, Old School, dont il partage encore la vedette auprès de Luke Wilson et de Vince Vaughn, coûte près de 23 millions de budget mais en rapporte trois fois plus. Et ce n’est qu’un début. Elf, produit la même année, et dont il tient la vedette, rapporte cinq fois sa mise (173 millions pour 33 de budget). Idem pour Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy (85 millions pour 26), Ricky Bobby roi du circuit, sorti en 2006, rapporte près de 150 M$ et Les Rois du patin (2007) plus de 120. Certes, il existe quelques échecs comme Ma sorcière bien-aimée ou Semi-pro, mais rien qui ne vienne remettre en question son statut.
L’homme tranquille... ou presque
Souvent questionné sur sa nature comique, Will Ferrell l’analyse de manière plutôt décontractée.
« J’ai grandi dans un quartier très tranquille. Je n’ai jamais été battu par quiconque, il n’y avait pas de criminalité. En fait il n’y avait rien à faire, si ce n’est penser à des choses drôles. Une façon comme une autre de réagir à la petite tranquille et plutôt ennuyeuse qu’on y mène. »
« Je ne suis pas exhibitionniste de nature. Je ne suis pas non plus devenu comique pour tenir à distance une dépression chronique, mais simplement parce que cela m’amuse. Je ne suis ni torturé, ni accro aux antidépresseurs. Simplement optimiste de nature. »
Et même s’il était impressionnant dans le mélancolique L’Incroyable Destin d’Harold Crick, il préfère exploiter sa nature comique.
« Je ne suis pas sûr d’être assez bon acteur pour jouer la tragédie. Voir les choses du bon côté, leur conférer une dimension humoristique est ma manière de répondre aux problèmes. Je ne suis pas un clown. Dans l’intimité, je me comporte tout à fait normalement. J’aime faire l’idiot, mais ne ressens aucun besoin de le faire en privé. Je le fais dans mon boulot et c’est ma façon d’exorciser mes démons. »
Les copains d’abord
Will Ferrell a beau être ce que l’on appelle une tête d’affiche - c’est-à-dire un acteur sur le nom duquel se montent les projets - il ne se la joue pas pour autant solo. La preuve ? Il fait partie de ce que la presse professionnelle américaine a désigné sous le nom de ‘the frat pack’ (en gros « le pack de l’amitié »). Une association de bienfaiteurs de l‘humanité, des zygomatiques (et aussi du box-office US) comprenant entre autres Jack Black, Ben Stiller, Vince Vaughn, Steve Carell, Owen Wilson et Luke Wilson. Ensemble, ils ont tourné Old School, Zoolander, Starsky et Hutch, Présentateur vedette : La légende de Ron Burgundy et Serial Noceurs.
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