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Au fil des ans, le Festival de Cannes n'a cessé d'être le théâtre de dérapages, coups de gueule et autres scènes sulfureuses. Voici donc un petit récapitulatif des grandes polémiques cannoises.
En 1960, L'Avventura de Michelangelo Antonioni reçoit un accueil extrêmement froid à Cannes, car la disparition inexpliquée du personnage d'Anna est mal comprise par le public. Le film est ainsi accueilli par une bordée de huées et le public lance des tomates sur le réalisateur et Monica Vitti lors de la remise du Prix du jury !
1967 : B.B. enflamme la Croisette!
Devenue une star grâce au film Et Dieu créa la femme, Brigitte Bardot déchaîne les passions des photographes, qui se précipitent sur elle lors de son arrivée sur les marches de la Croisette au bras du photographe allemand Gunther Sachs. C'est grâce à une escorte de policiers qu'elle parvient tant bien que mal à se frayer un chemin vers la salle de projection...
1968 : Sous les salles de projection, la plage...
Le Festival s'ouvre en pleine période d'agitation soixante-huitarde. Après les étudiants, ce sont bientôt les réalisateurs et les jurés qui rejoignent les rangs des contestataires pour protester contre « l'Etat gaulliste ». Une manifestation est même organisée sur la Croisette, rendant impossible le déroulement du Festival, qui sera officiellement annulé le 19 mai. C'est donc sur la plage et non dans le Palais des Festivals que se sont retrouvés les festivaliers cette année-là.
1973 : La Grande Bouffe provoque une indigestion
Le public a du mal à digérer La Grande Bouffe , où Piccoli, Mastroianni, Noiret et Tognazzi sont réunis pour un banquet fatal. Jugé « scatologique, immonde et immoral » par les critiques, le film du réalisateur italien Marco Ferreri recevra cependant le Prix de la critique internationale, ex aequo avec un autre film à scandale, La Maman et la Putain de Jean Eustache.
1975 : Explosion !
Une bombe explose au Palais des Festivals. Heureusement, il n'y a pas de victime... L'attentat est revendiqué par le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple. Cet incident n'empêchera tout de même pas le bon déroulement du festival. Ouf !
1983 : Grève des photographes
Exaspérés par l'attitude d'Isabelle Adjani qui boycotte les séances de photos du matin, les photographes du Festival décident de riposter en boudant l'actrice qui vient défendre le film L'Eté meurtrier. A sa montée des marches, elle est accueillie par des centaines de photographes immobiles et silencieux ayant déposé leurs appareils au sol. Ambiance !
1987 : Accrochage raciste
En 1987, Souleymane Cissé, au moment de recevoir le prix du Jury pour son film Yeelen, se fait insulter par un membre du public qui le traite de « sale nègre ». Le réalisateur lui lance alors le micro à la figure. C'est finalement Pialat qui viendra s'interposer pour empêcher que la dispute ne dégénère. C'est la première fois que deux réalisateurs s'unissent contre un membre du public.
1987 : Je ne vous aime pas !
Maurice Pialat provoque la huée du public avec son film Sous le Soleil de Satan qui raconte l'histoire d'un abbé qui doute de sa foi. Au moment de recevoir la Palme d'or, il se tourne vers l'assistance vociférante en déclarant : « Si vous ne m'aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus ! » , un poing levé au ciel. Ouch !
1991 : Une Madonne à Cannes
Le nombre des agents de sécurité est multiplié par dix. Et pour cause ! La diva de la pop et la reine de la provoc' vient fouler le tapis rouge du Festival pour la première fois, pour présenter un documentaire au titre plus que suggestif : In Bed with Madonna, qui retrace les événements de sa dernière tournée. Si le film est reparti sans aucune récompense, Madonna, elle, dans son léger ensemble blanc signé Jean-Paul Gaultier, est loin d'être passée inaperçue !
1994 : Sauve qui Pulp !
Au départ, la vice-présidente du jury, Catherine Deneuve, souhaitait donner la Palme d'or à Nanni Moretti, mais le président, Clint Eastwood tient à défendre Quentin Tarantino. La Palme est ainsi décernée à Pulp Fiction. Mais une fois la décision prise, reste à convaincre le public qui siffle sévèrement le réalisateur lors de la remise du prix. Qu'à cela ne tienne ! Tarantino répondra en faisant un doigt d'honneur à l'assistance. Et toc !
2005 : Cachez ce sein que je ne saurais voir
Quoi de plus naturel que de porter une robe légère quand c'est déjà l'été sur la Croisette ? Mais pour Sophie Marceau, la légèreté l'a lâchée, puisqu'en pleine montée des marches, la bretelle de sa robe a craqué, pour laisser découvrir un sein que les photographes du monde entier ont tous tenu à immortaliser. Ô, seconde fatale !
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