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Rachel

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Infos tournage

Le cadavre de Rachel

RachelDès les premières secondes du film, on voit des images du corps de Rachel. Explications de la cinéaste, Simone Bitton : « Mon travail n'aurait eu aucun sens si j'avais détourné les yeux de cette image ». Ainsi, on le retrouve par la suite encore plusieurs fois dans le film « pour que tout renvoie à cette image, au corps disloqué d'une jeune personne qui ne vieillira jamais ».

 

Trois ans

RachelLa réalisation de Rachel s'est étalée sur trois ans d'allers-retours entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël pour récolter des témoignages. Premier obstacle, le service de presse de l'armée israélienne : « ces militaires sont serviables et efficaces lorsque vous vous intéressez à quelque chose dont ils veulent parler, mais lorsque vous arrivez avec un sujet qui leur déplaît, ils sont très forts pour vous mettre des bâtons dans les roues ». Finalement, Simone Bitton a pu obtenir une interview de 30 minutes avec le major Avital Leibovitch, la propagandiste en chef de l'armée israélienne pour la presse étrangère.

 

Rencontres avec les activistes

Après l'armée, il a fallu convaincre les collègues activistes de Rachel de témoigner devant la caméra. Une confiance s'est installée sur le long terme, fruit de longues discussions. En effet, ces derniers étaient très soupçonneux envers Bitton « sur le fait même de braquer le projecteur sur la mort d'une américaine plutôt que sur celle de l'une des innombrables victimes palestiniennes anonymes ».

 

Tel Aviv-Rafat

RachelDernière pièce du puzzle, et essentielle pour le travail de Simone Bitton : les témoins palestiniens à Rafat. La difficulté n'est pas venue dans la recherche de ces derniers, mais dans le moyen d'accéder jusqu'à eux : « depuis plus de deux ans, l'armée israélienne refoule les citoyens au point de passage d'Erez, même porteurs d'un passeport étranger et d'une carte de presse, même établis et travaillant à l'étranger, ce qui est mon cas ». Résultat : ce fut au chef-opérateur Jacques Bouquin et à l'ingénieur du son Cosmas Antoniadis, de pénétrer dans l'enceinte de Rafat pour réaliser les interviews, tandis que depuis Tel-Aviv, Bitton était au téléphone pour interroger les témoins et guider son équipe.

 

La magie du monde moderne

Simone Bitton constate la facilité à trouver des sources visuelles sur la mort de Rachel : « il y a quelques années à peine, nous devions nous contenter des archives télévisuelles et des photos d'agences (...) Maintenant, de tout petits évènements laissent des traces dans une profusion de sources. L'histoire de Rachel est inscrite dans des dizaines de vidéos et de photos d'amateurs, dans ses emails envoyés à des correspondants multiples, dans les disques durs des caméras de surveillance ».