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Le Grand Rêve

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Infos tournage

Retour aux sources

Entre deux mondes - Michele PlacidoAprès avoir passé plus de dix ans à produire à la télévision, Le Grand Rêve marque le retour au cinéma du duo de producteurs Pietro Valsecchi et Camilla Nesbitt, qui avaient déjà produit les deux premières réalisations de Michele Placido (photo), Pummarò et Un Héros ordinaire. D'un point de vue strictement économique, Le Grand rêve est le premier film produit par la fusion en 2007 entre leur société Taodue et Medusa, avec un plan de distribution en Italie tablé sur 450 copies, aussi coproduit par les français de Babe Film. Résultat : Le Grand Rêve a été le deuxième gros candidat italien projeté cette année à la Mostra de Venise, après Baarìa de Giuseppe Tornatore.

 

Le bon temps

InnocentsLe film s'inspire des souvenirs du réalisateur, quand il était un policier venu du Sud pour devenir l'acteur au théâtre. Placido précise qu'il s'agit de « son journal de bord, un roman populaire et politique reliant l'ombre de la violence des années Soixante-dix. En 68, on était créatif : on dansait, on jouait... C'était la fête ». L'écriture du film a été interrompu par la sortie d'un des plus emblématiques sur cette période, Innocents de Bernardo Bertolucci, avant de reprendre le travail en 2006.

 

 

Mai 68 par Michele Placido

Pier Paolo PasoliniMichele Placido a un point de vue tranché sur la suite des évènements de 1968, retournant les propos de Pier Paolo Pasolini (photo) suite aux affrontements de Valle Giulia à Rome, en mars 1968. Fondamentalement à gauche, ce dernier avait pris a parti des policiers parce que « c'était des fils de pauvres contre des enfants de bourgeois ». Placido, policier à cette époque, estime que cela a été vain, car « beaucoup de gens ont abandonné les idéaux de l'époque. Moi, je continue à faire mon 68 par l'orientation politique de mes films ».

 

Mai 68 revu par le cinéma italien

Mon Frère est fils uniqueLe Grand Rêve n'est pas la première remémoration de Mai 68 fois dans le cinéma italien. Dès la moitié des années 90, un travail de mémoires apparaît concernant cette période, où cette fois, les films sont centrés sur la manière dont les individus perçoivent la montée des violences. La seconda volta de Mimmo Calopresti est le premier à s'intéresser au sujet des ex-brigadiste rouges sortant de prison en « semi-liberté ». Les deux autres œuvres marquantes restent Nos Meilleures années Nos meilleures annéesde Marco Tullio Giordana et Mon frère est fils unique de Daniele Luchetti. Le premier est une chronique d'une bande d'amis des années 60 à nos jours, s'achevant sur la condamnation d'une terroriste par sa fille, pour avoir préféré le militantisme à son rôle de mère. Le film de Luchetti suit l'éclatement de deux frères d'un village au sud de Rome des années 60 aux années 70, l'un, révolutionnaire, et l'autre, séminariste, ne tardant pas à rejoindre les fascistes. On peut aussi citer Buongiorno, notte de Marco Bellochio, revenant sur l'enlèvement d'Aldo Moro, se permettant de fantasmer sur sa libération et les conséquences que cela aurait eu.

 

Panorama des conséquences de Mai 68 sur le cinéma italien

Cadavres exquisLa donne politique est traditionnellement ancrée dans le cinéma italien, présente dans tous les genres abordées, du film de gangsters à la comédie, en passant par le péplum. Comme on le voit dans Le Grand Rêve, 1968 est une étape charnière en Italie, menant à une décennie sanglante, entre par la révolte des masses et les groupuscules de gauche comme les Brigades Rouges. Dans les années 70, un cinéma « à chaud » relaye la lutte politique et sociale. Dans Todo Modo, Elio Petri est l'un des plus extrêmes en mettant en scène, la mort de tous les responsables de l’État et de la Démocratie chrétienne, dont Aldo Moro ( Gian Maria Volontè), deux ans avant son assassinat par les Brigades Rouges. Francesco Rosi en est un acteur important, notamment avec Cadavres exquis où un inspecteur découvre un complot d'état visant à mettre en place un pouvoir fort, et dont le seul salut est d'en référer au Parti Communiste. Entre 1977 et 1980, la lutte déclineTrois frères et le cinéma italien cherche à « expliquer » ce qu'elle a été. Dans Cher Papa, Dino Risi synthétise cette idée avec le fils d'un industriel, membre d'un groupe de gauche armé, qui monte une opération contre son père. Idem avec Trois Frères de Rosi, qui donne un panorama complet de ces temps de révoltes par le biais de la rencontre de trois frères. Le dernier film marquant portant sur la période des années 70 est Il caso Moro de Giuseppe Ferrara, revenant sur le meurtre du Président du conseil italien.

 

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