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Donne-moi la main

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Infos tournage

Clôture du festival Gay et Lesbiens

Donne moi la main est le premier long-métrage du réalisateur Pascal Alex-Vincent. Avec ce road-movie où deux frères jumeaux se rendent à l'enterrement de leur mère, le réalisateur a eu les honneurs de faire la clôture du festival Gay et Lesbiens en novembre 2008.

 

La Génese du projet

C'est en s'interrogeant sur la condition des jumeaux qu'est né l'idée du film dans la tête de Pascal-Alex Vincent: « Donne-moi la main est né de ma fascination pour les rapports qui régissent une même fratrie - de surcroît, lorsque des frères (ou des soeurs) sont jumeaux - tant ce qui circule entre les membres de cette fratrie est du domaine de l'impalpable. Comment devient-on, comment se réalise-t-on, face à une altérité aussi écrasante d'un frère jumeau ? Comment peut-on se construire face à cet Autre ? Paradoxalement, si la gémellité procure, parait-il, un sentiment d'immortalité, cet Autre semble toujours être de trop. Les deux jumeaux de la mythologie, Castor et Pollux, étaient inséparables mais rivaux. L'un était immortel, l'autre non. J'ai décidé de partir de ce postulat pour faire un road-movie - étant issu d'une famille un peu bohème et souvent sur la route. L'idée était de suivre de jeunes jumeaux dans un périple buissonnier, et d'assister à l'érosion de leur relation fusionnelle. Rien ne vaut le voyage pour mettre à l'épreuve ce qui nous lie à nos proches. »

 

Des vrais jumeaux

Les deux personnages principaux Antoine et Quentin sont interprétés par des vrais jumeaux Alexandre et Victor Carril. Les deux jumeaux avaient déjà collaboré avec le réalisateur sur son court-métrage Bébé Requin en 2005. « Le scénario s’est beaucoup nourri et inspiré de leurs relations, souvent conflictuelle et complexe. Ils sont donc au coeur de mon road-movie, qui est également le récit d'une double initiation, et d'une double affirmation. »

 

Un film «d'atmosphère»

Le réalisateur a eu la volonté artistique de mettre en avant l'aspect visuel plutôt que l'histoire en elle-même. « Je voulais que l'approche du sujet soit visuelle et poétique, et que Donne-moi la main ne soit pas écrit ni tourné dans une direction réaliste ou explicative. Le film s'inspire partiellement de certains road-movies américains des années 70, qui se caractérisaient par une absence d'évènements dramatiques spectaculaires - au profit de l'atmosphère, des rencontres et des moments en creux - mais aussi par le jeu sur l'espace et le temps. J'ai également décidé de démarrer le film par une séquence en animation, afin de déréaliser l'ensemble du film, de le déconnecter d'office du réel. » 

 

Tournage dans l'ordre chronologique

Fait rare au cinéma, le film a été tourné au rythme de l'histoire. En effet, dans quasiment tous les films, le tournage ne se fait pas dans l'ordre chronologique, on réuni les séquences à tourner selon les lieux de tournages, les disponibilités des acteurs etc... Or pour Donne-moi la main, le réalisateur a choisi de filmer dans l'ordre chronologique du scénario « afin que ce qui circule naturellement entre les deux frères soit le «carburant» du projet. L'équipe a donc fait le périple Nord-Sud, au rythme du scénario, jusqu'au Pays Basque espagnol. »

 

Au frontière du fantastique

Pascal-Alex Vincent souhaitait que son film soit à la lisière du fantastique et du féerique, mais paradoxalement, il voulait absolument filmer en lumière naturelle. C'est la raison pour laquelle un immense travail de préparation a été effectué en amont pour sélectionner les décors que les frères jumeaux allaient traverser. Après un long repérage, le réalisateur s'est longuement entretenu avec le chef opérateur Alexis Kavyrchine pour mettre au point un planning de tournage pour profiter des heures où la lumière serait la plus belle. « L'idée était que la nature serait le troisième personnage du film, et qu'il fallait avoir une approche sensuelle de chaque scène, en mettant à contribution la beauté sauvage des paysages traversés par les deux protagonistes. »

 

L'importance de la musique

Si le réalisateur souhaite nous faire voyager dans son univers poétique, il est évident que la bande-son doit avoir un rôle primordial dans le film. « Pour accompagner cette balade, il semblait évident que la bande-son soit aussi riche que les décors traversés. Mon choix s'est très vite porté sur le groupe électro TARWATER, que j'avais souvent vu en concert. J'ai demandé au groupe berlinois de faire intervenir des instruments de type rural (banjo, guimbarde, harmonica), afin d'organiser une sorte de télescopage avec leur musique, très urbaine. Le groupe a composé la musique au fur et à mesure de l'arrivée des rushes, et leur partition est devenue la véritable charpente du film. »

 

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