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Boy A

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Infos tournage

Une réussite

 

Véritable consécration au dernier festival du film britannique de Dinard pour Boy A, reparti avec l'ensemble des prix (Jury, Scénario, Public et Kodak). En effet, précédé d'une excellente réputation en raison de ses nombreuses nominations et prix dans divers festivals (dont celui de Berlin) et soirées de prestige au cours de l'année 2008, le film de John Crowley, à qui l'on doit Intermission avec Colin Farrell, se dévoile pour la première fois en France au cours d'une série de projections au festival de Dinard où il remporte un franc succès, tant du côté critique que public. Et c'est assez rare pour le faire remarquer...

 

Le cinéaste établit un récit fascinant sur la réinsertion sociale d'un jeune meurtrier libéré de prison et bien décidé à se débarrasser d'un lourd passé. Une narration qui implique une profonde réflexion sur le pardon allant de pair avec une émotion simple et concrète. Porté par l'étonnante prestation du comédien Andrew Garfield, le film pratique une délicate dissection afin de pénétrer son intimité avec le plus grand respect, Boy A épate les critiques et son public par bien des aspects. D'une vraie splendeur visuelle et profondément émouvante, cette production initialement prévue pour Channel 4, bouleverse et hante.

 

 

Personnages

 

Face à un tuteur qui cherche à le protéger ( Peter Mullan), l'interprète principal, Andrew Garfield, donne toute la dimension fragile à un personnage en quête d'union et d'honnêteté. Malgré le bien qu'il peut faire (il sauve une fillette), la spontanéité dont il fait preuve, certaines pulsions ou comportements inquiètent. Et intelligemment, le metteur en scène filme des flash back explicatifs, avec une pudeur et une distance des plus justes. Alors qu'il donne chair à son héros par quelques rêves angoissants (des hommes capuchés de noir le molestent et vont jusqu'à le pendre) ou rassurants (sa petite amie lui propose d'aller dans la même direction), il ne le juge jamais, laissant aux nombreux personnages secondaires le soin de le faire.

 

 

Thématique du film

 

Au delà, le film interroge sur la réelle possibilité d'une seconde chance et sur la nature d'une société qui traque parfois ceux qui ont déjà payé. Le phénomène de lynchage collectif fait légitimement peur, d'autant qu'on ne connaît pas réellement la réalité passée. Il interpelle les pulsions de chacun, qu'il s'agisse de jalousie basique emprunte de valeurs familiales pourtant logiques, ou de désir de voir un potentiel danger écarté à tout jamais. Au final, on peut être littéralement touché face à tant de tendresse mêlée de cruauté.