20 minutes de bonheur |
|
Les coulisses de la télévision
20 minutes de bonheur est une plongée dans les coulisses de « Y a que la vérité qui compte », une émission animée par Pascal Bataille et Laurent Fontaine, également producteurs par le biais de leur compagnie Loribel. « Y a que la vérité qui compte », diffusé sur TF1, propose à des anonymes d'inviter des proches sur le plateau pour leur faire des déclarations d'amour, leur révéler une vérité, se réconcilier avec eux, etc. Lancée en 2002, l'émission est arrêtée en 2006 suite à une baisse significative de l'audimat.
La genèse du film
Le metteur en scène Oren Nataf a eu l'idée de faire le film un jour où il se trouvait dans les locaux de TF1. Il se souvient: « j'attendais depuis des heures dans une loge et j'ai finalement atterri dans les coulisses au moment où une journaliste était en train de chercher du correcteur pour mettre sur les dents d'une candidate qui les avait trop noires. J'ai eu le coup de foudre entre le contraste entre le côté ultra-clean du résultat et la loufoquerie totale des coulisses. J'étais parachuté dans le film de Truffaut, La Nuit américaine, version télé. »
La télévision: entre réalité et fiction
« Faire de la télévision populaire de grande audience avec de vrais témoins représente un vrai travail et surtout des compétences particulières qu'il me semblait intéressant de filmer. De plus, en tant que cinéaste, j'étais fasciné par cette émission, véritable machine à « fictionner » la vie des gens. L'enjeu représentait une nécessité pour les protagonistes qui croyaient à l'utilité de leur démarche pour leur propre vie et toute l'équipe arrivait à la transformer en véritable histoire. Cette équation vie réelle/fiction est finalement le travail de n'importe quel cinéaste ». (Oren Nataf)
La place du village, version moderne
Pour Oren Nataf, « Y a que la vérité qui compte » est un phénomène social passionnant. Comment des êtres peuvent-ils ainsi s'exposer devant une audience gigantesque et dévoiler leur vie privée? Le rédacteur en chef de l'émission lui explique « que finalement le concept de l'émission était une sorte d'extrapolation moderne des débats qui prenaient place sur la place du village au Moyen-Age, où les gens venaient régler leurs problèmes en public. Aujourd'hui, la place du village, c'est 4 millions de téléspectateurs! »
Cinq mois d'enquête
Oren Nataf entend donc faire un film pour montrer au public les « cuisines de la télévision ». Bataille et Fontaine donnent tout de suite leur accord et pendant près de cinq mois, entre février et juin 2005, Oren Nataf et sa co-réalisatrice Isabelle Friedmann ont suivi les journalistes au travail. Ceux-ci ont été, selon les mots d'Oren Nataf, « très accueillants ». Ce qui le frappe d'emblée, c'est qu'« ils croyaient profondément à la sincérité de leur démarche avec les témoins pensaient réellement aider les gens avec leur travail. » Suivent six mois de montage. Le film est achevé en décembre 2005 et est prêt pour la diffusion début 2006.
Les aléas d'une diffusion
Bataille et Fontaine donnent leur accord pour la diffusion en juin 2006 puis reviennent sur leur décision en juin 2007 alors que le film a déjà été projeté au festival de Belfort en novembre 2006 . Le tandem de présentateurs ainsi que huit de leurs salariés saisissent la justice pour atteinte au droit à l'image. Il est vrai qu'ils n'ont pas signé d'autorisation écrite comme c'est l'usage. Nataf et Friedmann retirent d'eux-mêmes le film du festival des Cahiers du cinéma où il devait être montré à l'été de 2007 et attendent le verdict. La demande de Bataille et Fontaine est finalement rejetée en novembre 2007. Le film sort finalement en salles en septembre 2008.
Y a que la vérité qui blesse
Bataille et Fontaine n'ont pas seulement attaqué le film pour atteinte au droit à l'image. Ils n'ont pas caché que le film leur semblait peu objectif. Fontaine déclare: « le film ne reflète absolument pas notre travail, c'est un reflet de Bataille et Fontaine tels que ceux qui ne nous aiment pas souhaitent nous voir ». Il est vrai que le film les montre dans des situations embarrassantes: on y voit ainsi Fontaine se plaindre du trop grand nombre d'homosexuels parmi les invités et y associer la baisse d'audience! L'avocat des Cahier du Cinéma, lui, a dénoncé l'action de Bataille et Fontaine, la qualifiant de « censure détournée ». Selon lui, elle est symptomatique d'une « télé qui ne se remet pas en question et, sous couvert de droit à l'image, veut faire interdire un documentaire qui lui déplaît ».
L'objectivité du film en question
Oren Nataf et Isabelle Friedmann signent un film fait d'images brutes et sans commentaires. Bien sûr, ce dénuement n'est pas garant de l'objectivité du film mais Nataf affirme : « nous n'avons rien voulu dénoncer. Les scènes filmées sont simplement de la matière à réflexion. Le film se voit à deux vitesses. On peut trouver une certaine jouissance à interpréter les scènes afin de conforter nos a priori contre ce genre d'émission. Ou bien, tout simplement, voir des gens faire leur travail en jonglant avec la matière humaine totalement instable et arriver à en faire une émission d'une grande efficacité ».
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Dossier Simpson | KygO |
| Supprimer son compte | regseb |
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| Notation des films | aoctw |
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |