Everything is fine (Tout est parfait) |
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Récompenses
Tout est parfait, le premier long métrage de Yves-Christian Fournier, a été présenté dans plusieurs festivals et a raflé de nombreux prix: Grand Prix du Jury à Seattle, prix ARCA Cinéma jeunesse au Festival du Film de Giffoni en Italie, et le Valois du meilleur acteur pour Maxime Dumontier au Festival d'Angoulême. Le scénariste Guillaume Vigneault a remporté le prix du meilleur scénario lors du 23ème Festival International du Film Francophone de Namur. Celui-ci déclara dans un communiqué de presse: «C'est un beau coup de pouce qui me donne envie d'en écrire d'autres. Je suis heureux de ne pas avoir fait de concession du point de vue linguistique et de constater que ça n'a pas empêché «Tout est parfait» de s'exporter et de remporter des distinctions à l'international»
Le thème du suicide
Le film tourne autour d'un phénomène fréquent chez les adolescents, le pacte du suicide. Le réalisateur Yves Christian Fournier voulait aborder ce thème tabou en réalisant un long métrage dans la lignée de Elephant, Thirteen ou Bully afin de donner une image réaliste des adolescents d'aujourd'hui. Selon le cinéaste, les films de ce genre sont nombreux aux États-Unis, mais rares au Québec. L'occasion pour lui d'ouvrir la voie.
La démarche artistique du réalisateur
Le film aborde un sujet grave, il fallait donc construire le film de manière réaliste. «La chose la plus importante, c'était de ne pas rendre le suicide glamour. Il existe une manière d'en parler.» Pour être le plus proche de la réalité, il a donc consulté le fondateur de Suicide Action Montréal, Brian Mishara, qui lui a donné de nombreux conseils. Ce qui intéresse le réalisateur, ce n'est pas de s'attarder sur le geste du suicide en lui même, mais plutôt d'en analyser les conséquences sur l'entourage. Un point de vue partagé également par le scénariste Guillaume Vigneault: «Un suicide, c'est toujours inadmissible (…). Je ne voulais pas commencer à tenter de déchiffrer le tout. On les connaît ces raisons et on n'est pas d'accord avec celles-ci [...] le suicide, c'est contre-nature. C'est révoltant que de jeunes hommes de 16 ans s'enlèvent la vie. La douleur qu'ils causent est aussi révoltante »
La genèse du projet
C'est le réalisateur qui a cherché à collaborer avec l'écrivain Guillaume Vigneault auteur de romans tes que Carnets de Naufrage et Chercher le vent. Celui-ci raconte: «On s'est rencontrés. Ce fut une suite de hasards. Il venait de lire l'un de mes livres. Je l'ai trouvé fou de vouloir faire (ce projet). Il m'en parlait et je voyais tout ce que ça impliquait. C'est un sujet qui est riche mais quand même difficile. Il fallait le traiter avec le plus de justesse possible. Je n'ai pas accepté tout de suite». Après quelques temps de réflexion, poussé par l'inspiration, il fini par accepter la proposition de Fournier et signe ainsi son premier scénario.
Le souci du réalisme
Dans ce film, les adolescents font partis de «la classe moyenne basse», et mènent une vie partagée entre l'alcool, la drogue et le sexe. Mais bien qu'ils s'estiment adultes, plusieurs détails sur leur comportement prouvent bien le contraire. Pour le scénariste, il était important de bien représenter ces adolescents: «La justesse du ton (était importante)… Je ne voulais pas qu'on dise: Un jeune ne dirait pas ça! Je voulais tout d'abord qu'ils soient crédibles d'un bout à l'autre».
La musique, un personnage à part entière
La musique joue un rôle très important dans le film, alternant entre Cat Power, du Calexico, du Set Fire to Flames, du Buck 65, du hip-hop et, en générique, le morceau « M’accrocher » de Loco Locass. Toutes ces musiques ont un lien direct avec le thème du film. Ainsi le réalisateur définie Cat Power comme une «femme qui a beaucoup souffert» et qui symbolise parfaitement «la mélancolie». De plus, la chanson de Loco Locass a pour sujet le suicide d'une jeune fille. Mais le réalisateur précise que contrairement au réalisateur Jean-Marc Vallée qui avait dépensé une fortune pour inclure des musiques comme «Sympathy for the Devil» des Rolling Stones, dans son film C.R.A.Z.Y, lui a réussi à obtenir les droits musicaux à moindre coût.
Le casting
C'est le jeune comédien Maxime Dumontier qui incarne le rôle principal. Celui de Josh, seul adolescent survivant en ayant été écarté du pacte du suicide. Un rôle loin d'être facile à jouer : «Pour tenir un rôle comme ça, faut se préparer mais jusqu'à une certaine limite. Il faut se laisser aller,un peu. Un gars qui vit ça, tu ne sais pas comment il va réagir. C'est tellement gros et tragique, quelqu'un qui se suicide. En plus, il porte un gros secret. J'ai fait vivre Josh, ensuite on a essayé des trucs. Comment réagirait-il à telle situation, par exemple?» Quant à Chloé Bourgeois, elle fait ici ses débuts dans le cinéma. Elle participait a une émission de télévision québécoise, et c'est le réalisateur de cette émission qui l'a présenté à Fournier. Elle estime que le réalisateur a pris un risque en lui faisant confiance mais qu'il a toujours été très gentil. Les deux acteurs ont eu quelques scènes de nudité à jouer, ce qui n'a pas posé de problèmes pour eux, car elles étaient justifiées. Selon eux ce n'était pas elles les séquences les plus difficiles, mais celles qui demandent beaucoup d'émotions.
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